Professeur Michael Ayache
À l’approche des élections, les partis du centre et de la gauche ont trouvé leur arme : la démagogie. Ils promettent ce qu’ils n’ont jamais fait, dénoncent ce qu’ils ont eux-mêmes pratiqué, et font un slogan de tout ce qui relève de la sécurité d’Israël. Le recrutement des ‘harédim, Gaza, le Liban, l’Iran et les alliances avec les partis arabes suivent la même méthode : effacer le passé et vendre une illusion.
Les huit mensonges de leur demagogie
Le peuple juif a une arme contre cette méthode : la mémoire.
Premier mensonge : « Nous, nous recruterons les ‘harédim »
Bennett et Lapid ont fait du recrutement des ‘harédim leur étendard. Lorsqu’ils gouvernaient, pourtant, rien n’a changé. Selon les chiffres officiels de Tsahal, 1 185 ‘harédim se sont enrôlés en 2021 et 1 266 en 2022. C’était exactement le niveau des années Netanyahou précédentes : 1 222 en 2019, 1 193 en 2020.
Depuis, sous le gouvernement Netanyahou, on est passé à environ 2 200 recrues en 2023 et 2 800 en 2024,.On en a compté 4 298 entre juillet 2025 et juin 2026 .C’est encore insuffisant, mais c’est trois fois et demie plus que sous Bennett et Lapid.
Bennett reconnaît lui-même l’écart entre ses discours et ses actes : « Avant le 7 octobre, mon approche était : renonçons au recrutement, faisons-les entrer sur le marché du travail et abaissons l’âge d’exemption » Son gouvernement a d’ailleurs fait voter en première lecture une loi [abaissant l’âge d’exemption à 21 ans.
Hier, ils ont organisé l’exemption. Aujourd’hui, ils promettent « zéro compromis ». C’est la démagogie à l’état pur.
Deuxième mensonge : « nous sommes unis »
Le centre et la gauche se présentent comme une alternative cohérente. Sur le recrutement, ils se contredisent pourtant ouvertement. Bennett refuse d’exempter 30 % des ‘harédim, comme l’a suggéré Eisenkot. Bennett et Lapid ont même attaqué publiquement Eisenkot et Golan.
On nous promet donc à la fois le recrutement total et 30 % d’exemptions. Ce n’est pas un programme, c’est une addition d’ambitions personnelles.
Troisième mensonge : « Jamais avec les partis arabes »
Bennett assure que son gouvernement reposera sur une « majorité sioniste » et qu’il ne dépendra pas des partis arabes, C’est pourtant lui qui, en 2021, a fait entrer Ra’am dans son gouvernement : c’était le premier parti arabe indépendant à rentrer dans une coalition du gouvernement d’israel
Et la promesse ne tient même pas dans son propre camp. Yair Golan affirme que Ra’am reste une option de coalition viable
Selon la moyenne des sondages de Globes, aucun bloc n’atteint 61 sièges sans les partis arabes.
Le centre et la gauche le savent : sans les partis arabes, ils n’ont pas de majorité. Ils le cachent aux électeurs.
Quatrième mensonge : « Nous sommes les experts de la sécurité »
Gadi Eisenkot se présente comme l’homme de la sécurité. En 2018, le général Yitzhak Brick lui a pourtant remis un rapport de 250 pages montrant que l’armée de terre n’était pas prête à la guerre. Selon Brick, Eisenkot « a tout fait » pour que ce rapport n’atteigne pas la commission des Affaires étrangères et de la Défense ni le cabinet, Brick le lui reproche directement : « Si tu avais traité le rapport que je t’ai remis en 2018, cela ne serait pas arrivé. […] Tu es le premier des responsables »
C’est le même Eisenkot qui jugeait le Hamas « relativement dissuadé » en 2018. Il a réduit l’armée de terre avec le plan « Gideon »
Et le 11 octobre 2023, il s’est opposé « jusqu’à en perdre la voix » à la frappe préventive contre le Hezbollah, selon l’AP. Yoav Gallant considère ce renoncement comme la plus grande erreur de la guerre.
Cinquième mensonge : « Nous avons été fermes face au Hamas. »
Bennett avait promis la fin des « valises de dollars ». Pourtant, dès août 2021, l’aide qatarie a repris. Selon des documents sécuritaires révélés en 2026, un mécanisme approuvé en octobre 2021 permettait au Qatar de livrer chaque mois environ 10 millions de dollars de carburant à une société liée au Hamas. Le produit de ces ventes finançait les salaires de l’organisation.
Lapid, lui, vantait son plan « économie contre sécurité » : des investissements à Gaza en échange du calme. Pendant ce temps, Sinwar préparait le 7 octobre.
Sixième mensonge : « Nous défendrons le Nord »
En octobre 2022, Lapid a signé l’accord maritime avec le Liban après des mois de menaces du Hezbollah contre la plateforme de Karish, située en zone israélienne incontestée. Netanyahou y avait vu, selon le Jerusalem Post, une « capitulation devant le Hezbollah ». Lorsqu’on cède sous la menace, on encourage l’ennemi.*
Septième mensonge : « Netanyahou exagère la menace iranienne »
Le 1er juillet 2026, Eisenkot a accusé Netanyahou d’« inventer » la menace nucléaire iranienne, en affirmant que l’Iran « n’a pas de bombe »
Pourtant, il continue de soutenir « en principe » les guerres menées contre ce même Iran. On ne peut pas à la fois approuver la guerre et nier la menace qui l’a rendue nécessaire. C’est encore de la démagogie.
Face aux slogans, les actes
Pendant que le centre et la gauche multipliaient les formules, Israël agissait sous la direction de Netanyahou. Nasrallah, Sinwar, Haniyeh et Deif ont été éliminés,
En juin 2025, Israël a frappé les installations nucléaires iraniennes,
Le recrutement des ‘harédim a atteint un niveau jamais obtenu par ses adversaires.
Ne pas revenir à Oslo
La démagogie du centre et de la gauche n’est pas nouvelle. Oslo nous a été vendu comme la paix. Ces accords ont permis l’entrée d’au moins 19 000 membres de l’OLP en fait beaucoup plus et de leurs familles, et ont remis en cause notre souveraineté en Judée-Samarie. Ils ont été suivis des autobus piégés et de la seconde intifada.
Zakhor: se souvenir
La mémoire est notre défense. Ceux qui ont gelé le recrutement promettent de recruter. Ceux qui ont gouverné avec Ra’am jurent qu’ils ne le feront plus. Ceux qui ont cru le Hamas dissuadé se présentent en experts. Ceux qui ont cédé au Hezbollah promettent la fermeté. Ceux qui minimisent l’Iran veulent diriger la guerre contre lui.
Méfions-nous de la propagande de ceux qui, par calcul électoral, affaiblissent Israël. Le peuple d’Israël mérite la vérité, pas des slogans.



























