D’ici 4 ans, l’enseignement orthodoxe deviendra le plus important d’Israël 

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En l’espace de trois ans, le nombre d’élèves en classe de CP dans l’enseignement public laïque a chuté d’environ 12 %, tandis que le secteur orthodoxe a enregistré une hausse de 11 %. Selon les prévisions, dès 2030, l’enseignement orthodoxe représentera le courant le plus important parmi les élèves de CP, plus tôt que ne le prévoyaient les estimations du Bureau central des statistiques.

Kol réga’ – Uriel Philip

Dans seulement quatre ans, l’enseignement orthodoxe pourrait devenir le courant éducatif le plus important d’Israël parmi les élèves entrant en CP, dépassant ainsi l’enseignement public laïque. C’est ce qui ressort d’une étude d’Eli Morgenstern, ancien cadre de la division du budget au ministère des Finances, publiée sur Ynet et basée sur les données officielles du ministère de l’Éducation.

Les chiffres présentés dans l’étude illustrent le rythme du changement : entre 2023 et 2026, le nombre d’élèves en CP dans l’enseignement public laïque a diminué d’environ 12 %, tandis que l’enseignement orthodoxe a enregistré une hausse d’environ 11 %. L’enseignement public religieux et l’enseignement arabe ont, quant à eux, maintenu leur proportion relative.

Cependant, la transformation ne devrait pas commencer seulement en 2030. Selon l’étude, dès 2028, les enfants des secteurs orthodoxe et arabe devraient représenter ensemble la majorité des effectifs dans les écoles maternelles en Israël. Leur part combinée est passée de 43,8 % en 2019 à 48,9 % en 2026, et devrait atteindre 50,4 % d’ici deux ans selon les projections.

Des prévisions dépassées par la réalité

L’un des faits marquants de l’étude concerne l’écart entre les prévisions démographiques et le nombre réel d’élèves. En 2017, le Bureau central des statistiques estimait que la population orthodoxe ne atteindrait le tiers de la population israélienne et la moitié de l’ensemble des enfants juifs qu’aux alentours de l’année 2065.

Cependant, selon Morgenstern, les changements dans la composition des effectifs scolaires se produisent dès à présent, et à un rythme bien plus rapide que prévu. Par exemple, la prévision établie en 2023 pour le nombre d’enfants dans les écoles maternelles publiques laïques en 2025 était supérieure de 13 % au chiffre réel, soit un écart de près de 23 600 enfants. Parallèlement, le nombre d’enfants dans l’enseignement orthodoxe a dépassé les prévisions.

« Les évolutions au sein du système éducatif sont bien plus rapides que ce que nous estimions au fil des ans », a déclaré Morgenstern. Selon lui, bien que le nombre annuel de naissances en Israël soit resté quasi stable au cours de la dernière décennie, la baisse de la fécondité se concentre principalement dans la population juive générale, tandis que d’autres groupes conservent des taux de fécondité élevés.

Morgenstern a expliqué que la projection pour les années à venir a été établie sur la base des variations du nombre d’élèves en CP dans chaque courant éducatif. Afin de vérifier la fiabilité du modèle, les données des écoles maternelles ont également été analysées, révélant des tendances similaires.

De la Yechiva de Mir au ministère des Finances

L’auteur de l’étude est une personne qui connaît de près le système éducatif orthodoxe. Morgenstern a grandi au sein de la communauté orthodoxe et a étudié en tant qu’avrekh à la Yechiva de Mir à Jérusalem jusqu’à l’âge de 28 ans. Il s’est ensuite orienté vers des études académiques, obtenant une licence et un master en économie et politiques publiques, avant de rejoindre la division du budget au ministère des Finances, où il a notamment occupé le poste de responsable du secteur de l’éducation.

« En tant que diplômé de l’enseignement orthodoxe, je connais et j’apprécie le monde de valeurs et le mode de vie que ce système éducatif transmets », a-t-il déclaré. Il soutient néanmoins que les diplômés souhaitant intégrer l’université et les professions nécessitant un enseignement général doivent faire face à des lacunes importantes.

« Les chances pour un ancien élève de ‘Héder ou de Yechiva de combler ces retards, d’obtenir le baccalauréat, et a fortiori de décrocher un diplôme universitaire dans des domaines demandés et rémunérateurs, restent très faibles », a-t-il précisé.

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