Qu’est-ce qu’on fait avec les Chabbatoth d’hiver ?

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Et voilà ! Nous sommes passés à l’heure d’hiver.

Une heure de gagnée pendant la nuit.

Mais le vendredi, on se demande un peu où elle est passée, cette heure.

Chabbath entre beaucoup plus tôt. Et les préparatifs, eux, n’ont pas changé.

Les repas, la maison, les vêtements, les douches …

Les mêmes choses qu’en été.

Avec quelques heures en moins.

Et puis, c’est la fin de la semaine. Nous sommes déjà bien fatigués.

Alors, la tension monte.

« Tu n’es toujours pas prêt ? »

« Pourquoi tu fais ça maintenant ? »

« Ça fait trois fois que je demande de l’aide ! »

Nous voulons tellement que tout soit prêt pour Chabbath.

Mais parfois, lorsque nous nous retrouvons enfin autour de la belle table, une remarque reste en travers de la gorge.

Les préparatifs sont terminés.

La tension, elle, est encore là.

Quel dommage pour ce moment attendu toute la semaine.

Alors, comment faire ?

On peut revoir certaines attentes. Passer de vingt-huit salades à quinze. Préparer certaines choses plus tôt.

Tout cela peut aider.

Mais j’aimerais m’arrêter sur un moment très court.

Celui où ce que nous voyons devient, dans notre tête, toute une histoire.

Vendredi après-midi.

Je cours depuis un bon moment. Il reste beaucoup à faire.

Et là, je vois mon fils assis sur le canapé.

Lui, il est assis.

Moi, je cours.

Dans ma tête, cela va très vite.

« Il voit bien que je n’arrête pas. »

« Il attend que je fasse tout à sa place. »

« En fait, il se moque de moi. »

Et quelques secondes plus tard :

« Tu n’as pas honte ? Tu te crois à l’hôtel ? »

Mon fils se défend :

« Mais j’ai déjà fait ce que tu m’as demandé ! »

Et moi, j’entends :

« En plus, il me répond. »

Il proteste. Je hausse le ton.

Au départ, il me manquait deux mains pour mettre les couverts.

Maintenant, nous nous disputons sur son caractère et mon autorité.

Comment avons-nous fait tout ce chemin ?

Reprenons.

Qu’est-ce que j’ai vu ?

Mon fils assis sur le canapé.

Qu’est-ce que j’ai pensé ?

Qu’il se moquait de moi. Que mes efforts ne comptaient pas pour lui.

Et cette pensée m’a blessé. Elle m’a mis en colère.

J’ai vu quelqu’un assis. Et j’ai eu l’impression de voir quelqu’un qui me méprise.

Notre tête fait cela très facilement.

Une tâche a été oubliée ?

« On ne peut compter sur personne. »

Quelqu’un répond un peu sèchement ?

« Il n’a aucun respect pour moi ! »

La tête propose une explication.

Et parfois, nous réagissons comme si cette explication était certaine.

Mais mon fils sait-il ce qu’il reste à faire ? Pense-t-il avoir terminé sa part ? Ou évite-t-il vraiment de venir aider ?

C’est possible aussi.

Remarquer une pensée ne veut pas dire qu’elle est forcément fausse.

Mais avant de réagir, je peux me dire :

« Je remarque que je suis en train de penser qu’il se moque de moi. »

La différence paraît minuscule.

Pourtant, je commence à distinguer ce que je vois de ce que je pense.

Et je peux revenir à ce dont j’ai besoin.

Là, maintenant, j’ai besoin d’aide.

Alors je peux dire :

« Il reste les couverts et les chaises. J’ai besoin que tu t’en occupes maintenant, s’il te plaît. »

Je suis peut-être encore énervé.

La pensée est peut-être encore là.

Mais elle ne décide plus toute seule de la phrase qui sort de ma bouche.

Quelqu’un téléphone alors que je suis débordé ?

Je peux remarquer la pensée : « Il me laisse tout faire. »

Puis demander :

« Tu en as encore pour longtemps ? J’ai besoin que tu t’occupes des boissons après. »

Cela ne garantit pas une réponse agréable.

Mais nous avons davantage de chances de parler de ce qu’il faut faire, sans nous accuser mutuellement.

Alors, ce vendredi, essayons trois petites questions :

Qu’est-ce que je vois ?

Qu’est-ce que je suis en train de me raconter ?

De quoi ai-je besoin maintenant ?

Mon fils est assis.

Je pense qu’il se moque de moi.

J’ai besoin d’aide.

Et maintenant, je peux choisir ma prochaine phrase.

Nous n’allons probablement pas faire disparaître toutes les tensions de nos vendredis.

Il restera des chaussures introuvables et quelqu’un qui cherche sa chemise alors qu’elle est juste devant lui.

Mais peut-être pourrons-nous nous arrêter un peu plus tôt et nous dire :

« Voilà ce que je suis en train de penser. Comment est-ce que je veux répondre ? »

Chabbath arrivera toujours à l’heure.

Nous pouvons encore choisir les mots avec lesquels nous allons l’accueillir ensemble.

Chabbath Chalom à tous !

Chimon Zyzek
Thérapeute en psychodrame
Titulaire d’un Master en psychodrame

simonzyzek@gmail.com
0527145779

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Des fruits sans pépin

Arrête de m’énerver !

J’entends des voix. Est-ce normal, docteur ?

‘Hanoucca et thérapie !

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Et voilà ! C’est Souccot !

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