Récolte d’olives en Judée et Samarie : Tsahal détient Brad Lander et une centaine de bénévoles

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Tsahal a interpellé mercredi une centaine de volontaires israéliens et étrangers, dont l’élu démocrate new-yorkais Brad Lander, lors d’une récolte d’olives organisée par l’ONG Rabbis for Human Rights près de Nahalin, dans le secteur de Goush Etzion. L’armée invoque un défaut de coordination sécuritaire sur cette parcelle, tandis que le maire de New York Zohran Mamdani dénonce une « occupation » et un « génocide ».

Tsahal a interpellé mercredi environ 90 bénévoles israéliens et étrangers qui accompagnaient des agriculteurs palestiniens lors de la récolte des olives près de Nahalin, dans le secteur de Goush Etzion, en Judée et Samarie. Parmi eux figurait Brad Lander, candidat démocrate au Congrès américain pour la 10e circonscription de New York, libéré après deux heures et demie de détention avec un simple avertissement. Les autres participants, dont plusieurs rabbins affiliés à Rabbis for Human Rights, ont été conduits au poste de Goush Etzion pour être interrogés.

Un défaut de coordination au cœur de l’intervention

Selon un responsable militaire cité par JNS, le propriétaire palestinien de la parcelle, proche de Beitar Illit, n’avait soumis aucune demande de coordination avant le début de la récolte, une procédure que Tsahal dit exiger pour « garantir la sécurité de la zone et le maintien de l’ordre public ». L’armée affirme avoir vu dans l’arrivée de dizaines d’activistes « un acte destiné uniquement à provoquer », susceptible de perturber la récolte elle-même. Elle précise qu’environ 100 récoltes coordonnées se sont déroulées sans incident cette saison en Judée et Samarie, pour plusieurs dizaines de tonnes d’olives. Les bénévoles de Rabbis for Human Rights contestent cette version : ils affirment avoir écrit aux officiers responsables du secteur sans recevoir de réponse, et s’être coordonnés directement avec le propriétaire des terres. La chaîne publique Kan a par ailleurs rapporté que la zone récoltée ne figurait pas parmi celles nécessitant une coordination militaire, une divergence que les sources ne tranchent pas. L’ancien numéro deux du ministère de la Justice, Yehoshua Schoffman, présent sur place, a décrit une opération sans la moindre friction : « On nous a demandé d’arrêter, tout le monde a obtempéré », a-t-il écrit, qualifiant ensuite l’arrestation de « pure hallucination ».

Mamdani accuse Israël de « génocide », le consulat israélien réplique

Zohran Mamdani a dénoncé la détention de « Brad Lander, des rabbins et d’autres New-Yorkais » venus, selon lui, accompagner des fermiers palestiniens, et réitéré ses accusations de « génocide » et d’« occupation » contre Israël. Le consulat général d’Israël à New York a répondu sèchement, invitant le maire à « nettoyer New York avant de parler de l’État d’Israël ». La directrice de la division internationale de Regavim, Naomi Linder Kahn, avance une autre lecture : selon elle, une quinzaine d’ONG, financées notamment par l’Union européenne et des Églises européennes, formeraient chaque année des activistes à « provoquer des confrontations » filmées pendant la récolte, loin de l’image pastorale habituellement véhiculée. Du côté des organisations juives libérales, la présidente de T’ruah, la rabbin Jill Jacobs, détenue elle aussi, a accusé l’armée de mener une « campagne de nettoyage ethnique soutenue par l’État », tandis que le député Gilad Kariv a appelé l’Agence juive et l’AIPAC à intervenir contre un projet d’expulsion des volontaires étrangers. Les mouvements réformé, massorti et reconstructionniste ont réclamé la libération immédiate des détenus et des poursuites contre les auteurs d’attaques visant des récoltants.

Vers un durcissement sécuritaire annoncé par Herzog

La veille de l’incident, le président Isaac Herzog, en visite à Budapest, avait annoncé avoir donné « carte blanche » aux officiers de Tsahal en Judée et Samarie pour agir contre les violences commises par des extrémistes israéliens, après l’agression du week-end dernier contre la photojournaliste du Washington Post Heidi Levine, blessée de quatre fractures vertébrales. Dix suspects avaient été arrêtés, neuf relâchés depuis, selon Haaretz. Le chef d’état-major Eyal Zamir a ordonné le déploiement d’une compagnie supplémentaire de la police des frontières dans la zone à compter de fin novembre. L’Union européenne avait, pour sa part, demandé à Israël d’assumer « pleinement ses responsabilités » dans la prévention de ces violences. Sur le terrain, le propriétaire de la parcelle concernée a reçu les coordonnées nécessaires pour organiser une récolte ultérieure dans les règles, tandis que le sort judiciaire des bénévoles toujours détenus au poste de Goush Etzion reste à préciser.

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