Les explosions à Ahvaz et Bandar Abbas ont eu lieu dans des zones particulièrement névralgiques — des plus grands champs pétroliers d’Iran jusqu’au port central du détroit d’Ormuz. Téhéran tente de présenter ces événements comme des « accidents », mais la sensibilité des sites touchés suscite des interrogations sur la scène internationale.
Dean Shmuel Elmas, Globes
Des incidents dans des zones clés
Quatre personnes ont été tuées dans une explosion survenue samedi dans la ville d’Ahvaz, dans l’ouest de l’Iran, peu de temps après que dix autres ont été blessées dans la ville portuaire de Bandar Abbas, au sud de la République. Bien que le régime tente de qualifier cette série d’événements de « pannes » ou d’incidents de routine, l’affaire fait la une des journaux mondiaux, non seulement en raison des tensions avec le président américain Donald Trump, mais aussi à cause de la localisation stratégique de ces sites.
Le cœur pétrolier de l’Iran
Dans la province du Khouzistan, où se trouve Ahvaz, se situe le champ pétrolier d’Ahvaz, le plus grand du pays et le quatrième au monde. Ce site produit environ un million de barils par jour. Selon l’OPEP, la production totale de l’Iran en novembre et décembre était d’environ 3,19 millions de barils par jour.
La région d’Ahvaz est habitée par une population arabe (les Ahvazis), qui représente environ 3 % de la population totale de l’Iran (estimée à 93 millions d’habitants). Bien qu’ils vivent sur les terres les plus riches en ressources pétrolières et gazières, ils constituent l’un des secteurs les plus défavorisés du pays, vivant principalement de l’agriculture. Ces dernières années, leur situation s’est aggravée en raison du réchauffement climatique et du détournement des sources d’eau par le régime.
Bandar Abbas : le verrou du commerce mondial
Les inquiétudes concernant Bandar Abbas sont tout aussi vives. Cette ville est située sur le détroit d’Ormuz, la porte d’entrée du golfe Persique, par lequel transitent environ 20 % du commerce maritime mondial et 30 % du pétrole. Le port « Shahid Rajaee », plus grand port commercial d’Iran, y traite environ 80 millions de tonnes de marchandises par an (70% du commerce iranien).
Sur le plan militaire, la ville abrite les quartiers généraux de la marine iranienne et de la marine des Gardiens de la révolution :
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La Marine nationale : Responsable de la mer Caspienne et du golfe d’Oman (haute mer).
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Les Gardiens de la Révolution : Responsables du contrôle du golfe Persique et du détroit d’Ormuz.
Renseignement et navires « déguisés »
Les Gardiens de la révolution utilisent également des navires marchands d’apparence civile pour collecter des renseignements. Ce système a été mis en lumière lors du détournement du navire Galaxy Leader en 2023. Un autre navire de ce type, le Saviz, avait été attaqué au large de l’Érythrée en 2018, une opération attribuée à Israël par des publications étrangères.

























