Après le premier tour : LFI et PLM

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Radio J. La guerre en Iran a réduit l’intérêt porté aux élections municipales, et la campagne n’a reçu qu’une faible attention de la part des médias.  44% d’abstentions, ce taux a interpellé les commentateurs.

Richard Prasquier 

Fatigue démocratique, déception de l’électeur devant des maires dont les pouvoirs sont rognés par l’empilement du mille feuilles administratif, interdiction d’un panachage qui dans les petites communes aux listes uniques permettait d’exprimer ses antipathies personnelles… Le plus important c’est la répartition par âge. A vingt ans, les deux tiers des électeurs s’abstiennent, à 70 ans, le quart seulement. Le vote LFI a un gradient inverse. A 20 ans près de 50% des électeurs votent LFI. A 70 ans, ils sont à peine plus de 5%.
Partout où la population est âgée, soucieuse de sécurité, du maintien des habitudes, comme souvent dans les campagnes et les villes moyennes, le score LFI est insignifiant. Là où la population est jeune, où il y a un brassage de populations et une forte implantation universitaire, LFI monte: 27% à Toulouse, 23% à Rennes, 15% à Grenoble ou 15% à Montpellier.
A cela se combine le vote musulman, qui est en grande part aussi un vote jeune, et que LFI sollicite avec la ferveur que l’on sait, au point que l’exécration d’Israel soit devenue la lutte des classes de notre temps. Saint Denis, l’historique bastion communiste, et Roubaix, qui n’échappera pas à David Guiraud, l’homme qui plaisantait sur les Israéliens assassinés le 7 octobre, sont ainsi les premiers succès de LFI dans des grandes villes.
Plus que tout autre, le vote LFI est donc impacté par l’abstention et par l’âge des électeurs. Or, les vieux sont ceux qui disparaissent les premiers et LFI s’imagine donc des lendemains qui chantent…..
Paris, Lyon, Marseille (PLM), les situations électorales dans ces trois villes, qui ont depuis la loi du 11 Août 2025 un mode de scrutin particulier, méritent d’être comparées.
A Lyon, après sa victoire surprise en 2020 sur Gérard Collomb, Gregory Doucet a exercé un mandat d’écologiste militant qui a suscité beaucoup de critiques  et il a laissé prospérer dans sa ville toutes sortes d’activités anti-israéliennes.
La victoire de son concurrent de droite unie, Jean Michel Aulas, président historique de l’Olympique Lyonnais, paraissait assurée mais ce novice en politique a été perçu comme condescendant et technocrate et Doucet a fait une remontada inespérée. Les deux hommes sont au coude à coude. L’accord avec la candidate LFI, qui n’a obtenu qu’un score d’un peu plus de 10% des voix fait du Maire de Lyon le favori du 2e tour.
Dans une ville où  il y a six semaines les nervi de la Jeune garde, milice de LFI ont battu à mort un jeune identitaire et soulevé l’écoeurement général, un tel accord est nauséabond.
 Gregory Doucet prétend qu’il ne s’agit que d’un accord technique et Mme Tondelier, patronne des écologistes soutient cette tambouille lyonnaise, mais la candidate LFI parle de programme commun de rupture dans lequel évidemment la défense de Gaza joue un rôle majeur.
A Marseille, la situation est différente. C’est un maire socialiste qui dirige la coalition de gauche, Benoit Payan. Il se trouve au coude à coude avec Frank Allisio du RN.
Deux autres candidats avaient dépassé la barre de 10% qui permet le maintien au deuxième tour. Martine Vassal, de la droite unie, présidente de la Métropole Aix Marseille, se maintient malgré un score très décevant de 12%.
Elle avait dans sa campagne déclaré que travail, famille, patrie étaient les valeurs qu’elle défendait. C’était la devise du Maréchal Pétain. Même le candidat LFI, le député Sebastien Delogu, s’en était proclamé outré, lui qui, il y a peu de temps  déclarait ignorer le nom de Pétain.
Avec 12% des voix, Delogu n’a pas de quoi plastronner. Par ses diatribes anti-israéliennes, il espérait gagner les quartiers nord de la ville, mais il y a été devancé par la socialiste Samia Ghali. La violence de ses attaques contre Benoit Payan avait rendu tout accord inenvisageable et Delogu s’est retiré, arguant, bien entendu, de la nécessité de faire barrage au fascisme. Que vont faire les électeurs de Martine Vassal ? Lui garderont-ils leur vote ou choisiront-ils de voter RN pour faire barrage à la gauche ?
Enfin, Paris qui verra trois candidats au second tour alors qu’il aurait pu y en avoir cinq.  Rachida Dati avec douze points de retard sur le socialiste Emmanuel Grégoire a salué le retrait de Sarah Knafo, une décision responsable et habile à la fois. Pierre-Yves Bournazel dont les relations avec Rachida Dati sont notoirement exécrables a accepté la fusion de sa liste avec celle de sa rivale mais s’est dignement mis à l’écart. Emmanuel Grégoire n’a jamais envisagé de discussion avec Sophia Chikirou.
Contrairement à Lyon où il y a fusion ou à Marseille il y a retrait, Paris voit donc LFI mener une campagne de deuxième tour contre le candidat de gauche. Par un jeu de dominos, il est probable que cette configuration amène certains électeurs de Bournazel à voter  Grégoire car ils ne supportent pas l’apport des voix de Sarah Knafo en faveur de Rachida Dati….
La situation parisienne se reproduit à Montpellier où le maire, Michael Delafosse, est en position favorable, mais ce n’est pas la majorité des cas.
Beaucoup de maires socialistes ont accepté des fusions des listes avec LFI que Olivier Faure a rejetées en théorie et qu’il a acceptées en pratique. A Toulouse, le LFI Piquemal, particulièrement virulent sur la question israélienne, se trouve même en tête de liste commune.
L’antisémitisme que déroule LFI ne suscite pas de rejet chez ses électeurs et un simple haussement d’épaules chez ses partenaires.
 On peut donc penser que Mélenchon, de plus en plus incontournable, jouissant de l’impunité de ceux qui sont par définition dans le camp du bien, est loin d’avoir encore donné toute sa mesure….

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