Avigdor Liberman : la droite de l’étiquette, la gauche de la coalition

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Un parcours de droite
Avigdor Liberman a un vrai passé dans le camp national. Il est né à Kichinev, a fait son alyah en 1978 et a été chef de cabinet de Benjamin Netanyahou lors de son premier mandat. Il a fondé Yisrael Beiteinu, qu’il dirige depuis 1998, et selon Middle East Eye, il a occupé tous les grands ministères. Il a démissionné du ministère de la Défense en 2018 pour protester contre la politique menée à Gaza. Ce passé de faucon est réel, et il faut le reconnaître honnêtement.
Mais pour juger un homme politique, on regarde ses actes et ses alliances, pas son étiquette. Et depuis 2019, ses actes vont tous dans le même sens : faire tomber le camp national, même s’il faut pour cela s’allier avec ceux qu’il disait combattre.
2019 : il bloque la droite
En avril 2019, les électeurs donnent une majorité au camp de droite. Liberman refuse pourtant d’entrer au gouvernement à cause de la loi sur la conscription, et ses cinq sièges manquent à Netanyahou pour atteindre les 61. Il déclare alors refuser d’être partenaire d’un « gouvernement de la Halakha ».
Pour un Juif attaché à la Torh, cette phrase en dit long. La Halakha n’est pas une menace pour l’État juif : elle est l’âme de notre peuple. Cette décision a ouvert une longue série d’élections à répétition qui a paralysé Israël.
Son rôle dans le gouvernement Bennett
En juin 2021, Liberman devient ministre des Finances du gouvernement Bennett-Lapid. Pour la première fois, ce gouvernement s’appuie sur un parti islamiste, le Ra’am de Mansour Abbas. Le pilier « de droite » de cette coalition s’appelle Liberman.
Premier acte : frapper le monde de la Tora
Sa première grande mesure supprime les aides aux crèches pour les familles dont le père étudie la Tora à plein temps. Elle touche environ 21 000 enfants. Les études universitaires ou professionnelles restent éligibles, mais pas l’étude de la Tora. L’État juif établit ainsi, noir sur blanc, que la Tora vaut moins qu’un diplôme. Un sondage de l’Israel Democracy Institute montre qu’une majorité des publics ‘haredi, religieux et traditionaliste y a vu une volonté de s’en prendre à la société ‘haredi. À cela s’est ajoutée une forte taxe sur la vaisselle jetable, que les ‘Harédim ont perçue comme dirigée contre eux.
Deuxième acte : le budget du Ra’am
Le budget voté le 5 novembre 2021 sous sa responsabilité comprend un plan quinquennal d’environ 30 milliards de shekels pour la société arabe. Ce plan figurait parmi les promesses obtenues par le Ra’am pour entrer dans la coalition. Mansour Abbas l’a lui-même qualifié d’« historique ». L’homme qui se présentait comme le plus dur face aux partis arabes a donc signé le chèque de leur entrée au pouvoir.
Troisième acte : le mépris
En mars 2021, il promettait d’envoyer « les ‘Haredim avec Bibi dans une brouette à la décharge ». Il a ensuite refusé de s’excuser et aurait ajouté qu’« ils se comportent comme des porcs ». Ces mots ne visent pas seulement des adversaires politiques. Ils visent des Juifs. Notre tradition enseigne que « Kol Israël arévim zé lazé » : tous les Juifs sont responsables les uns des autres.
Le sionisme religieux visé aussi
Il ne faut pas croire que seuls les ‘Harédim sont visés. En 2021, Liberman mettait dans le même sac Smotrich, Ben Gvir, Deri, Gafni et le Likoud, qu’il qualifiait de coalition « à l’iranienne, façon Khomeini ». Il traite de « messianistes » les courants proches du mouvement de l’implantation.
Aujourd’hui encore, il affirme que le choix est entre son camp et « un État entièrement régi par la loi religieuse juive ». Il propose même une constitution rédigée par des experts et adoptée par référendum, sans passer par la Knesset. Qui écrirait l’identité juive de l’État dans ce schéma ? Sûrement pas ceux qui la portent.
Pourquoi ne pas voter Liberman
1. Une voix pour Liberman renforce le bloc anti-Netanyahou. Liberman exclut de siéger avec Netanyahou et appelle à voter pour l’un des quatre partis de son « bloc ». Ce bloc comprend Eisenkot, Bennett et Lapid, ainsi que les Démocrates de Yaïr Golan, à gauche (EPRS). Un électeur de droite qui vote Liberman renforce donc ce bloc.
2. Cette arithmétique mène au Ra’am ou à de nouvelles élections. Selon une analyse du Times of Israel, la seule voie réaliste du bloc d’opposition vers le pouvoir est un gouvernement minoritaire soutenu par le Ra’am. Liberman jure aujourd’hui qu’il le refusera, mais il a déjà gouverné avec ce même Ra’am en 2021. Soit sa parole ne tient pas, soit le pays repart vers des élections. Lui-même reconnaît que la coalition 2021-2022 était instable.
3. Il veut un État israélien coupé de son identité juive. Supprimer les aides aux familles qui étudient la Tora, traiter la Halakha comme une menace, vouloir une constitution sans la Knesset : ce n’est pas la droite sioniste de Jabotinsky ni celle du rav Kook. C’est un laïcisme militant présenté comme un programme de droite.
4. Il divise le peuple juif en pleine guerre. La question de la participation de tous à la défense du pays est légitime. Les sionistes religieux, qui servent dans les unités combattantes, savent ce qu’elle coûte. Mais on la règle par le dialogue et la responsabilité, pas par la brouette et la décharge.
Liberman a été un homme de droite. Il est devenu l’homme qui, à chaque occasion, préfère faire tomber le camp national plutôt que gouverner avec lui. En 2019, il a bloqué la droite. En 2021, il a financé le gouvernement du Ra’am et pris pour cible le monde de la Tora. En 2026, il demande nos voix pour un bloc avec Lapid et Golan.
Demain, 27 octobre, un patriote juif d’Israël ne doit pas se tromper de bulletin. Il faut voter pour le camp national, qui défend à la fois la sécurité du pays et son âme juive.

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