Le Premier ministre Benjamin Netanyahou tente de bloquer la dissolution de la Knesset et de convaincre le président du Shass, Arié Dery, de rester dans la coalition, arguant qu’il reste au gouvernement des mois critiques pour clore les dossiers sécuritaires en Iran, au Liban et à Gaza.
Ma’ariv – Mati Tuchfeld
Lors de discussions privées, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a affirmé qu’il ne fallait pas dissoudre le gouvernement. « Des enjeux sécuritaires majeurs sont sur la table et ce serait une erreur d’aller aux urnes alors qu’il reste encore quelques mois pour les mener à bien », a soutenu Netanyahou. Il a ajouté que la loi sur l’enrôlement (des orthodoxes) ne peut pas passer car, selon toutes les vérifications, elle ne dispose pas de majorité actuellement.
L’essentiel des efforts se concentre pour l’instant sur la tentative de convaincre le leader du Shass, Arié Dery, de soutenir la démarche : rester dans la coalition (bien que le Shass soit officiellement hors du gouvernement depuis un certain temps), s’opposer à la dissolution de la Knesset la semaine prochaine et faire voter une série de lois convenues à l’avance, comme la scission du rôle de la Procureure générale. En parallèle, cela permettrait au gouvernement de fonctionner sur les fronts diplomatique et sécuritaire afin de fermer les dossiers en Iran, au Liban et à Gaza durant les quelques mois restants.
Le froid glacial de Dery
Hier, le journaliste orthodoxe Ari Kalman a rapporté sur la chaîne i24NEWS que Netanyahou s’était entretenu avec Dery. Il lui a demandé de déclarer que le « bloc » ne se désintégrait pas, suite à la tempête provoquée par la décision de Netanyahou de privilégier la loi prolongeant le service militaire (pour les réservistes et réguliers) sans avancer la loi sur l’enrôlement des étudiants de Yechivoth. Une telle déclaration aurait pu calmer les esprits, mais Dery a opposé une fin de fin de non-recevoir à Netanyahou et a, selon les rapports, refusé de répondre à sa demande.
Auparavant, il a été publié qu’après des échanges entre des sources orthodoxes et le journal Ma’ariv, la décision des rabbanim lituaniens (dirigeants du parti Degel HaTora), rav Lando et rav Hirsch, était imminente. Les députés de Degel HaTora ont été convoqués au domicile du rav Lando, qui a tranché :
« Nous n’avons plus confiance en Netanyahou. Nous ne nous sentons plus partenaires, et nous ne ferons désormais que ce qui est bon pour le judaïsme orthodoxe. À notre avis, il faut des élections au plus vite. Les discussions sur un « bloc » n’existent plus. »
L’opposition passe à l’offensive
La coordinatrice de l’opposition, la députée Meirav Ben-Ari, s’est adressée au président de la Knesset, Amir O’hana : « Au vu du changement de circonstances et du soutien des membres de Degel HaTora à la dissolution de la Knesset, je demande la tenue d’une réunion téléphonique de la présidence de la Knesset dès aujourd’hui afin de faire avancer la loi de dissolution de la 25e Knesset dès demain en séance plénière. »
La proposition de dissolution de la Knesset a été déposée par les partis de l’opposition hier, mais selon le calendrier habituel, elle ne sera débattue en plénière que la semaine prochaine. Netanyahou a ainsi gagné un peu de temps pour un ultime effort afin de surmonter la crise et mobiliser une majorité contre la loi de dissolution.



























