Face à une guerre qui s’installe, l’armée ajuste ses objectifs au Liban et prépare la suite.
Alors que les sirènes ne cessent de retentir ce matin dans le nord d’Israël, avec en moins de quatre heures une moyenne d’un lancement toutes les dix minutes depuis le Liban et 28 localités visées, le ministre de la Défense Israel Katz a encore durci le cap affiché par Israël sur le front nord. À l’issue d’une évaluation de la situation, il a affirmé que la politique israélienne au Liban restait claire : le désarmement du Hezbollah demeure l’objectif central, par des moyens militaires et diplomatiques, indépendamment du dossier iranien.
Cette déclaration s’inscrit dans le prolongement de la ligne déjà exposée mardi par Israel Katz, lorsqu’il avait annoncé que Tsahal entendait contrôler le sud du Liban jusqu’au Litani à l’issue de l’opération. Mais cette fois, le message va plus loin encore. Le ministre affirme que l’armée est en train d’achever sa manœuvre terrestre jusqu’à la ligne anti-char afin de supprimer la menace directe contre les localités israéliennes frontalières, tout en précisant que les maisons des villages proches de la frontière, considérées comme des avant-postes du Hezbollah, seront détruites selon un modèle comparable à celui appliqué à Rafah et Khan Younès dans la bande de Gaza.
Dans cette logique, Israël annonce vouloir maintenir un contrôle sécuritaire dans la zone du Litani et empêcher le retour au sud du fleuve des quelque 600.000 habitants du sud du Liban évacués vers le nord, tant que la sécurité des habitants du nord d’Israël ne sera pas garantie. Le message est celui d’un enracinement sécuritaire assumé, fondé sur l’idée que ni l’État libanais ni ses mécanismes internes ne sont aujourd’hui capables d’écarter durablement la menace du Hezbollah.
Israel Katz a également affirmé que Tsahal poursuivra ses frappes contre les commandants et membres du Hezbollah dans l’ensemble du Liban, en rappelant que plus de 1.000 terroristes ont déjà été éliminés depuis le début de la campagne actuelle. Il a averti que toute poursuite des tirs de roquettes et de missiles contre les villes israéliennes entraînerait un prix très lourd pour le Hezbollah.
Vu d’Israël, cette doctrine vise à créer une réalité défensive durable au nord, avec une promesse politique explicite : rendre la sécurité aux habitants des localités frontalières.

























