Chute de Nicolas Marduro

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Professeur Michael Ayache
En décidant de le renverser et de le faire capturer, Donald Trump, en coordination politique et stratégique avec Benyamin Netanyahou, n’a pas réglé un simple « problème vénézuélien », il a frappé au cœur une infrastructure criminelle globale qui servait de caisse noire et de base avancée à l’axe Iran–Hezbollah–Chine.
Sous Maduro, le Venezuela a cessé d’être un État pour devenir un cartel avec un drapeau : le Cartel de los Soles, contrôlé par des généraux et des hauts dignitaires chavistes, a mis l’armée, les services et les ports au service de la cocaïne vers l’Amérique et l’Europe. Cette drogue n’enrichissait pas seulement des trafiquants, elle irriguait un système de narco‑terrorisme dans lequel Hezbollah, protégé par le régime, utilisait les corridors vénézuéliens pour financer ses opérations, acheter des armes et alimenter sa guerre permanente contre Israël. Les États‑Unis ont fini par qualifier Maduro de chef de narco‑État et ont mis sur sa tête une prime gigantesque, acte politique qui prépare le terrain moral et juridique à la décision ultime : l’arracher du palais présidentiel pour l’amener devant la justice américaine.
Au milieu de ce système se tient Alex Saab, Colombien d’origine libanaise, figure emblématique de cette alliance entre dictature socialiste latino‑américaine, réseaux chiites pro‑Hezbollah et finance offshore. Saab, c’est l’homme de paille, l’architecte des montages opaques, celui qui transforme la corruption et la drogue en contrats « humanitaires », en sociétés écrans, en circuits de contournement des sanctions qui alimentent à la fois le régime de Caracas, Téhéran et les réseaux hezbollahiens. En le protégeant, en le décorant et en le nommant ministre, Maduro envoyait un message limpide : le Venezuela est au service d’un projet idéologique global, celui de l’axe iranien, où la drogue, la haine d’Israël et l’anti‑américanisme se confondent.
C’est précisément cette architecture que Trump a décidé de briser en attaquant le symbole : Maduro lui‑même. Dès son premier mandat, il pose les jalons : inculpation pour narco‑terrorisme, sanctions massives, campagne politique pour désigner le régime vénézuélien comme une menace directe pour la sécurité des États‑Unis, puis annonce d’une prime record pour sa capture. La récente opération qui aboutit à la neutralisation et à la capture de Maduro sur son propre territoire n’est pas un « coup » improvisé, mais l’aboutissement d’années de pressions, de renseignement, de construction juridique et de préparation militaire intégrée à la doctrine Trump : traiter les dictateurs alliés à l’Iran comme des cibles stratégiques, pas comme des nuisances régionales.
Dans cette stratégie, Israël de Netanyahou n’est pas un figurant mais un partenaire central. En première ligne face à l’Iran, Israël est l’État qui connaît le mieux les réseaux des Gardiens de la Révolution, leurs circuits de contournement des sanctions, leurs liens avec Hezbollah et leurs ramifications latino‑américaines. Quand Netanyahou alerte sur le risque de transferts d’armes iraniennes vers le Venezuela et sur l’ancrage de Téhéran à Caracas, il ne s’adresse pas seulement à l’opinion, il nourrit la grille de lecture stratégique de Washington : voir dans Maduro non plus un dictateur folklorique, mais un prolongement géopolitique de l’Iran à quelques heures de vol des côtes américaines. Que Trump ait fait savoir que Netanyahou était informé à l’avance de la capture de Maduro illustre ce niveau d’intégration : les grandes opérations américaines contre les relais de l’axe iranien se discutent en amont avec Israël, parce que Jérusalem est devenu un nœud du renseignement global sur ces réseaux.
Pour l’Iran, la chute de Maduro est un séisme silencieux : perte d’un allié politique fidèle, d’un terrain d’expérimentation pour ses drones et sa coopération sécuritaire, d’une base logistique pour Hezbollah et d’une plateforme de sanctions‑busting à grande échelle.
Téhéran comprend soudain que sa « profondeur stratégique » ne se limite plus au croissant chiite, mais qu’elle est désormais vulnérable partout où Trump et Netanyahou décident de frapper, que ce soit à Damas, à Bagdad, à Beyrouth… ou à Caracas.
Et la Chine, partenaire clé de Maduro, découvre à son tour les limites de son pari sur les régimes voyous : en quelques heures, l’un de ses alliés énergétiques en Amérique latine bascule sous contrôle occidental renforcé. Pékin voit s’éroder sa capacité à utiliser le Venezuela comme levier stratégique contre l’influence américaine sur le continent, ce qui prouve que l’axe Pékin–Téhéran–Caracas–Hezbollah n’est pas intangible dès lors que Washington assume la confrontation et que Jérusalem apporte sa supériorité de renseignement et de compréhension des réseaux iraniens.
La capture de Maduro est bien plus qu’un épisode latino‑américain : c’est un exemple concret de ce que produit l’alliance assumée entre une Amérique dirigée par Trump et un Israël dirigé par Netanyahou. Ensemble, ils montrent que la guerre contre l’Iran et Hezbollah ne se gagne pas seulement à Gaza ou en Syrie, mais aussi dans les ports du Venezuela, dans les banques offshore d’Alex Saab et le long des routes de cocaïne que les mollahs croyaient protégées. Chaque dictateur allié à Téhéran qui tombe, chaque caisse noire de Hezbollah qui est coupée, chaque bastion de la Chine rouge qui vacille envoie le même message : le monde libre n’est plus condamné à subir, il peut reprendre l’initiative – à condition d’assumer pleinement le tandem stratégique entre Washington et Jérusalem, entre Trump et Netanyahou.

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