La bataille des abris mobiles : le déploiement d’abris routiers tous les 10 km ramènera-t-il les conducteurs sur les routes, ou s’agit-il d’une stratégie de défense erronée ? « On ne peut pas protéger tout le pays à outrance, la seule solution est de vaincre l’ennemi et de supprimer la menace. »
Emess – Illustration : Flash 90
Le dilemme des conducteurs sur les routes interurbaines
En pleine guerre « Rugissement du Lion », alors que l’arrière-front israélien est sous la menace constante de missiles, une question critique préoccupe des centaines de milliers de conducteurs : l’absence de solutions de protection sur les routes interurbaines. Lors d’une émission tendue sur Kol Haï, Hezki, un habitant de Petah Tikva, a décrit la détresse de ceux qui doivent circuler pendant les alertes : « Les gens en dehors des villes sont en difficulté. Il n’y a aucune option pour s’échapper, aucun endroit où s’arrêter. » Sa proposition est claire : installer des abris mobiles tous les 10 kilomètres et les synchroniser avec l’application Waze. Selon lui, la peur des trajets paralyse l’économie : « Les gens ne veulent plus sortir de la ville, et à juste titre. »
Un double danger : missiles et accidents de la route
La réalité actuelle sur les routes est décrite comme un péril double : la menace des missiles, mais aussi le risque routier lié aux freinages brusques sur le bas-côté. L’animateur Israël Meir a souligné que s’arrêter de manière non sécurisée sur une voie rapide est statistiquement parfois plus dangereux que les missiles eux-mêmes, rappelant des tragédies où des personnes ont été renversées en courant vers un abri. Hezki a ajouté : « Si l’État disposait ne serait-ce que 10 abris sur l’autoroute 1, cela redonnerait aux gens le sentiment de sécurité nécessaire pour reprendre une routine. »
La contre-attaque idéologique : « Le mur est voué à l’échec »
Face à cette demande, le député Amit Halevi (Likoud), membre de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, a présenté une vision opposée. Il a averti que la protection excessive fait partie d’une « conception défensive » défaillante : « Plus l’État d’Israël gonflera la jambe de la défense et enverra les gens dans des abris, moins nous pourrons relever ce défi. » Selon lui, investir dans des murs et des abris est un « investissement fou et inutile », car l’ennemi trouvera toujours un moyen de les contourner avec des drones ou des tunnels. « Celui qui vient pour tuer, lève-toi pour le tuer d’abord, ne te lève pas pour te protéger d’abord. »
L’illusion de la sécurité
Le débat s’est intensifié lorsque Halevi a affirmé qu’il est impossible de créer un « dôme de béton » géant au-dessus d’Israël. Il a mis en garde contre une fausse impression de sécurité, semblable à celle qui prévalait avant les événements du pourtour de Gaza : « Que l’on ne nous raconte pas ce qu’on a raconté aux habitants du sud… Je crains que le débat sur la protection des routes ne reflète une pensée défensive invalide. » Pour lui, la défense ne doit être qu’un moyen temporaire permettant à l’armée de vaincre l’ennemi sur son propre terrain.
Conclusion du débat
En conclusion, le besoin de trouver un équilibre entre la sécurité physique immédiate du citoyen et les objectifs stratégiques de la guerre a été souligné. Le député Halevi a promis de soulever la question à la commission des Affaires étrangères et de la Défense, tout en maintenant sa position selon laquelle les abris ne doivent pas devenir des structures permanentes. La discussion s’est achevée sur l’espoir que la paix promise par les prophètes se réalise, mais que le chemin pour y parvenir passe par « la défaite des ennemis et non seulement par le renforcement de nos propres remparts ».






























