En vérité, un grand miracle s’est produit ici

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Ynet – chronique

On ne peut rester indifférent au miracle de la pérennité du peuple juif. De même, notre salut face aux destructions massives que l’Iran et ses satellites prévoyaient de nous infliger est une forme de prodige. Au-delà de toute position politique, il est un temps où il convient de dire : oui, il s’agit d’un miracle, et nous nous devons d’en être dignes, par notre conduite et par les valeurs de nos dirigeants, comme par celles de chacun d’entre nous.

Par le Pr Myron H. Izakson

Il existe divers critères permettant de segmenter la société israélienne. Outre les clivages bien connus — le degré de religiosité, l’appartenance au secteur juif ou arabe, la distinction entre centre et périphérie, ou encore les niveaux de revenus — il existe des questions qui, tout en effleurant ces caractéristiques, les dépassent. L’usage du concept de « miracle » en est un exemple frappant.

Certains parmi nous utilisent le mot « miracle » quasi quotidiennement. Dans leur vie personnelle, ils voient dans chaque événement une dérogation aux lois de la nature. Naturellement, ils qualifieront de « miraculeux » tout événement national exceptionnellement positif. À l’inverse, d’autres n’utiliseront ce terme qu’avec parcimonie, voire feront un effort linguistique considérable pour l’éviter, lui préférant les mots « chance » ou « destin ».

Le miracle dans la nature

La distinction entre miracle et nature est complexe. Pour moi, la nature elle-même est un miracle absolu. Certains expliquent avec passion les processus biologiques ou astronomiques les plus complexes, soulignant que puisque « tout » est explicable scientifiquement, il n’y a nul « besoin » d’introduire une Force Supérieure dans l’équation. Cet argument est problématique : d’illustres savants, comme Newton ou Einstein, ont tiré de leurs recherches la conclusion exactement inverse.

La question du miracle nous interpelle davantage encore lors des grands événements nationaux, particulièrement en ce qui concerne notre peuple et notre terre. Le fait même qu’un peuple revienne sur sa terre après un « exil » (un autre concept qui ne va pas de soi), et parvienne à faire refleurir son sol et sa langue, bouscule de nombreuses certitudes historiques. Même l’histoire ordinaire, où « le monde suit son cours », ne peut être réduite à des calculs informatiques. Au-delà du débat de principe, il y a ici une question de gratitude (Hakarat HaTov) et le rappel de l’adage talmudique : « Celui qui bénéficie d’un miracle ne reconnaît pas son propre miracle ».

La survie du peuple juif

Tout en reconnaissant que la nature est en soi le prodige suprême de la Création, je ne peux rester un « négationniste professionnel » lorsque les ordres établis vacillent l’un après l’autre, laissant entrevoir un processus manifestement extraordinaire. C’est ainsi que je perçois le miracle de la survie du peuple juif, son retour sur sa terre, sa résilience et son développement prodigieux depuis les premières vagues d’immigration jusqu’à aujourd’hui.

C’est ce même sentiment que nous devrions éprouver face à notre salut. Selon un scénario des plus probables, l’Iran et ses alliés avaient planifié une destruction coordonnée visant à nous anéantir. Bien que nous devions nous garder de surinterpréter chaque mouvement politique ou militaire, il est une heure où, au-delà de tout clivage politique, il convient de déclarer : « En vérité, un grand miracle s’est produit ici ».

Être dignes du miracle

Nous avons l’obligation d’être dignes de ce miracle, par nos comportements et nos valeurs. Le débat politique et public acrimonieux et cynique fait injure à ce dont nos yeux sont témoins, et pourrait, D’ nous en préserve, nous faire reculer. Il ne faut pas oublier que le début de cette guerre fut marqué par un terrible « voilement de la face » (Hester Panim), au cours duquel des horreurs indicibles ont été perpétrées contre nos frères et sœurs.


Le poète Myron H. Izakson (notre photo) est professeur de littérature à l’université Bar-Ilan.

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