Une vaste enquête menée dans 313 universités américaines met en lumière l’ampleur des prises de position hostiles à Israël parmi les universitaires enseignant le judaïsme, Israël, l’hébreu ou la Shoah. Columbia arrive en tête, tandis que le réseau Academics for Peace apparaît parmi les principales campagnes recensées.
Qui enseigne aujourd’hui le judaïsme et Israël dans les universités américaines ? Une enquête publiée début août par The Olam a passé au crible 2 499 dossiers dans 313 établissements, en croisant les noms d’universitaires avec neuf campagnes de pétitions, des affiliations à des organisations et des déclarations publiques enregistrées entre 2021 et 2026.
Les chiffres sont particulièrement frappants : 1 298 dossiers sur 2 499, soit 51,9 %, comportent une prise de position considérée comme anti-Israël selon les critères établis par l’étude. Parmi les 1 014 universitaires spécifiquement identifiés comme enseignant les études juives, israéliennes, l’hébreu ou les études sur la Shoah, ils sont 401, soit 39,5 %. Dans les universités de l’Ivy League, cette proportion atteint 72,3 %.
L’étude établit cependant une distinction importante. Critiquer le gouvernement israélien, soutenir la création d’un État palestinien, s’opposer au développement des implantations ou critiquer certaines opérations de Tsahal ne suffit pas pour être classé dans cette catégorie.
Sont en revanche retenus le soutien au boycott académique des institutions israéliennes, la signature de textes présentant Israël comme un État d’apartheid ou accusant le pays de génocide, la présentation du sionisme comme une entreprise coloniale, ainsi que la participation à certaines organisations et campagnes militantes.
Academics for Peace, des centaines d’universitaires mobilisés
Parmi les réseaux étudiés figure Academics for Peace. Quatre pétitions lancées entre août 2023 et mars 2024 ont chacune recueilli entre 700 et plus de 1 300 signatures. L’audit recense 586 dossiers associés à ces campagnes.
L’une d’elles, publiée en mars 2024, était intitulée : « Un génocide est plausible ; cessez de fournir des armes à Israël ». Rédigée par Lior Sternfeld, professeur associé d’histoire et d’études juives à Penn State University, elle appelait à mettre fin aux livraisons d’armes à Israël. Parmi ses signataires figuraient deux prix Nobel ainsi que plusieurs lauréats de prestigieuses distinctions universitaires américaines.
Le phénomène dépasse largement cette organisation. La pétition « Not in Our Name », lancée en mars 2025, a recueilli plus de 3 400 signatures, tandis que Faculty for Justice in Palestine dispose de plus de 130 sections sur les campus américains.
Columbia arrive en tête du classement établi par l’enquête, avec 41 universitaires recensés, devant Princeton (35), Penn State (32), NYU (31), Yale (30), l’Université de Chicago (28), Brown (27), l’Université du Michigan (26) et Berkeley (25).
Certaines prises de position publiques donnent la mesure de la virulence du débat. Jeffrey Sachs, économiste et professeur à Columbia University, s’en est ainsi pris violemment à Benjamin Netanyahu lors d’une intervention diffusée par Breaking Points. Dans l’extrait relayé sur les réseaux sociaux, il qualifie le Premier ministre israélien de « psychopathe » et de « menteur génocidaire ».
L’enquête met également en lumière un paradoxe particulièrement sensible pour la philanthropie juive américaine. Quatorze titulaires de chaires universitaires financées par des donateurs juifs apparaissent parmi les signataires des campagnes recensées. Ces postes prestigieux concernent notamment les études juives, les études israéliennes et l’histoire de la Shoah.
Les auteurs précisent enfin que leur travail ne porte ni sur le contenu des cours ni sur les opinions privées des enseignants. Il recense des engagements accessibles publiquement et ne réclame aucune sanction contre les universitaires concernés.



























