Fin des discussions à Oman : l’Iran exige des garanties pour la levée des sanctions

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Deux sessions de discussions indirectes entre l’Iran et les États-Unis se sont tenues aujourd’hui à Oman, marquées par des désaccords profonds. Téhéran qualifie le droit à l’enrichissement d’uranium de « ligne rouge » et exige des garanties pour la levée des sanctions. Parallèlement, les forces armées iraniennes ont été placées en état d’alerte maximale.

JDN – Zeev Gur Aryeh

Désaccords sur l’ordre du jour

Les discussions de ce vendredi matin à Mascate ont porté sur le programme nucléaire de Téhéran. Malgré les craintes d’une guerre régionale, les chances de progrès semblent limitées par des divergences fondamentales :

  • Côté américain : Le secrétaire d’État Marco Rubio a réaffirmé que Washington souhaite inclure dans les débats les missiles balistiques, le soutien aux groupes affiliés (proxys) et la question des droits de l’homme en Iran.

  • Côté iranien : Téhéran insiste pour que les discussions se limitent exclusivement au dossier nucléaire. L’agence de presse officielle Mehr a prévenu que l’ajout d’autres sujets « nuirait inévitablement à l’ensemble du processus diplomatique ».

Selon la chaîne libanaise Al-Mayadeen, les parties négocient actuellement sur les conditions mêmes de la négociation plutôt que sur les détails d’un accord.

Les « lignes rouges » de Téhéran

L’agence officielle IRNA a rapporté que l’Iran considère son « droit légal » à enrichir de l’uranium sur son sol comme une ligne rouge non négociable. De plus, Téhéran exige des garanties concrètes pour une levée totale et définitive des sanctions économiques et financières.

Alerte militaire maximale

Abbas Moussaoui, responsable au sein de la présidence iranienne, a annoncé que les forces armées passeraient au niveau d’alerte le plus élevé dès ce soir. Il a précisé que la diplomatie est un outil, mais que l’Iran « ne renoncera pas à ses autres instruments de puissance » pour protéger ses intérêts nationaux.

Rôle des médiateurs et propositions régionales

Le ministre des Affaires étrangères d’Oman, Badr Al-Busaidi, a mené des consultations séparées avec la délégation iranienne (dirigée par Abbas Araghchi) et la délégation américaine (menée par l’envoyé Steve Witkoff). La télévision iranienne a confirmé qu’aucun contact direct n’a eu lieu : les messages sont transmis via le médiateur omanais.

D’après le New York Times, des pays de la région proposent un compromis : limiter l’enrichissement iranien à un taux de 3 % (usage civil), ce qui permettrait à Téhéran de « sauver la face » sans atteindre les 90 % nécessaires à l’arme atomique.

Soutien de l’axe Pékin-Moscou

  • Chine : Pékin a exprimé son soutien à la souveraineté de l’Iran et son opposition à toute forme de « harcèlement unilatéral ».

  • Russie : Le Kremlin a salué l’ouverture des discussions tout en appelant toutes les parties à la retenue.

Mise en garde diplomatique

Le ministre iranien Araghchi a averti que son pays est prêt à se défendre contre toute « exigence excessive » ou « aventure » américaine. Des sources diplomatiques iraniennes ont également noté que la présence de hauts responsables militaires du CENTCOM (commandement central américain) à Oman pourrait mettre en péril la sérénité des discussions.

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