Après 24 heures d’ambiguïté, le bureau du Premier ministre a publié un communiqué sur l’attaque en Syrie, confirmant ainsi dans les faits qu’Israël a frappé la base d’Abu al-Duhur, après que la Syrie a autorisé des forces turques à s’y déployer. L’envoyé américain : « Une escalade inutile ».
JDN – Israel Zeev Leventhal
Le bureau du Premier ministre a revendiqué cette nuit (nuit de mardi à mercredi) l’attaque menée hier sur la base aérienne d’Abu al-Duhur, dans le nord de la Syrie, expliquant que l’action visait à empêcher le déploiement de forces turques sur cette base située à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière turque.
Dans un communiqué publié en anglais, il est précisé qu’Israël et la Syrie étaient parvenus à un accord sur le maintien du statu quo en matière de sécurité, mais que Damas était sur le point de le violer en autorisant des forces turques à se déployer dans une base militaire du nord du pays.
« Israël a mis en garde la Syrie à plusieurs reprises qu’un tel déploiement constituerait une menace pour sa sécurité », a déclaré le bureau du Premier ministre. « La Syrie a choisi d’ignorer ces avertissements. Israël ne tolérera pas de menaces contre sa sécurité et saluera un retour au statu quo. »
Il s’agit de la première déclaration officielle israélienne concernant cette attaque, pour laquelle Israël n’avait revendiqué aucune responsabilité au cours des dernières 24 heures. Selon des rapports syriens, des avions de chasse ont attaqué en quatre vagues la piste d’atterrissage de la base d’Abu al-Duhur, située à environ 70 kilomètres seulement de la frontière turque.
L’annonce israélienne a été publiée après que l’ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial du président Donald Trump pour la Syrie, Tom Barrack, a vivement critiqué l’opération tout en confirmant qu’Israël en était à l’origine.
« Nous sommes très préoccupés par le fait que les frappes aériennes israéliennes confirmées sur la base d’Abu al-Duhur constituent une escalade inutile qui ne favorise pas la stabilité régionale », a écrit Barrack.
Selon lui, le gouvernement d’Ahmed al-Sharaa n’a pas adopté de politique agressive et n’utilise pas de forces par procuration. Il a ajouté que le nouveau pouvoir syrien a exprimé à plusieurs reprises sa préférence pour une désescalade avec Israël.
« L’administration américaine a accueilli par le passé et continuera d’accueillir à l’avenir des discussions destinées à encourager une dynamique diplomatique plutôt que la frustration qui se traduit par une action militaire de la part des deux pays », a écrit l’envoyé américain. « Des accords stables de désescalade se construisent par un dialogue continu avec l’ensemble des pays et des acteurs concernés. »
Barrack a conclu par un appel à la retenue : « Les États-Unis continuent de croire que la retenue et le dialogue constituent la voie la plus constructive. Nous appelons toutes les parties à privilégier une discussion raisonnable plutôt que de nouveaux incidents militaires. »
Le communiqué du bureau du Premier ministre clarifie que, contrairement à la présentation des faits par Barrack, Jérusalem a considéré le déploiement turc prévu comme une violation des ententes et une menace sécuritaire nécessitant une action. Cela révèle également la raison de cette frappe exceptionnelle en profondeur sur le territoire syrien, après une longue période au cours de laquelle Israël s’était abstenu d’actions similaires dans la zone sous le contrôle du régime syrien.



























