Le cycle de discussions entre les États-Unis et l’Iran s’est achevé pour aujourd’hui après plusieurs heures. Tandis que les États-Unis continuent de renforcer leur présence militaire face à l’Iran, Khamenei a choisi d’adresser à Trump une menace inédite.
Ma’ariv – Eli Leon et Anna Barsky
Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, qui se sont tenus ce mardi à Genève afin de résoudre le conflit nucléaire persistant, sont terminés. Selon l’agence Reuters, les négociations se déroulent dans l’ombre d’un déploiement militaire américain massif dans la région, Washington concentrant une force de frappe au Moyen-Orient alors que plane le spectre de la guerre. Le cabinet de sécurité israélien doit d’ailleurs se réunir ce jeudi soir.
Le porte-parole de la présidence du Parlement iranien (Majlis) a précisé après les échanges : « Les questions régionales et le programme de missiles ne font pas partie de l’ordre du jour. Nous assistons à des négociations intelligentes et respectueuses. L’Iran est prêt au dialogue, mais pas à la reddition. La demande de cessation de l’enrichissement est catégoriquement rejetée. L’industrie nucléaire est un besoin vital. »
Diplomatie sous pression
Les États-Unis ont précisé vouloir entendre des propositions concrètes de la part de l’Iran, mais Téhéran maintient une ligne dure publiquement. Si les négociations indirectes entrent dans une phase technique, l’Iran a martelé que la portée de ses missiles n’était « pas les affaires des États-Unis ».
Parallèlement, l’agence iranienne Fars a rapporté que des parties du détroit d’Ormuz seraient fermées à la navigation durant quelques heures aujourd’hui pour des « mesures de sécurité » liées à des exercices des Gardiens de la Révolution. Cette fermeture temporaire de l’artère pétrolière mondiale n’est pas fortuite et intervient en plein sommet de Genève.
Trump et « l’Armada »
Le président Donald Trump a affirmé être impliqué « indirectement » dans ces discussions médiatisées par Oman. Évoquant les frappes américaines sur les installations nucléaires l’été dernier, il a déclaré : « Je ne pense pas qu’ils veuillent subir les conséquences d’un échec des négociations. Nous avons dû envoyer des B-2 pour détruire leur potentiel nucléaire. »
Alors que les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner participent aux contacts côté américain, les États-Unis ont déployé un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, pour renforcer ce que Trump appelle une « armada navale géante ».
La menace de Khamenei
C’est dans ce contexte explosif qu’Ali Khamenei a lancé une menace directe contre la marine américaine : « L’armée la plus puissante du monde peut parfois recevoir un coup tel qu’elle ne pourra jamais s’en remettre. Plus dangereux que le porte-avions lui-même est l’arme capable de le couler profondément. »
Un régime affaibli ?
Le pouvoir iranien arrive à la table des négociations dans une position de fragilité intérieure, après des manifestations violemment réprimées et une crise du coût de la vie aggravée par les sanctions internationales.
Alors que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a reconnu qu’un accord serait « difficile » à obtenir, Washington insiste pour élargir les discussions au dossier balistique. Téhéran, de son côté, refuse toute concession sur ses missiles et sur le principe de l’enrichissement d’uranium, tout en cherchant désespérément un allègement des sanctions qui étouffent son économie pétrolière.


























