Kushner et le Hamas : une erreur après l’autre, un triste gag

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Emett – Photo: selon l’art 27a

Lors d’une rencontre entre Jared Kushner, conseiller du Président Trump et les dirigeants du Hamas, qui s’est tenue dimanche en Égypte, le groupe terroriste a réaffirmé son engagement à désarmer et à démilitariser la bande de Gaza.

Nickolay Mladenov, haut représentant du Conseil de la paix, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui est également membre du Conseil, et les conseillers principaux du Conseil de la paix, Aryeh Lightstone et Liran Tancman, ont rejoint Jared Kushner lors de cette réunion.

Côté Hamas, il y avait du beau monde : le dirigeant « politique » du Hamas, Khalil al-Hayya, était présent aux côtés du chef des services de renseignement égyptiens, Hassan Rashad, du diplomate qatari Ali al-Thawadi et d’un haut responsable turc.

Kushner a profité de cette rare rencontre en face à face pour faire pression sur le Hamas afin qu’il prenne des mesures concrètes en matière de désarmement, tout en avertissant qu’Israël ne faisait pas confiance au mouvement pour tenir ses engagements, et en insistant sur le fait que les élections israéliennes n’auraient aucune influence sur la position israélienne.

La rencontre de 90 minutes a été qualifiée de « très productive » pour s’assurer que le Hamas prenne des mesures concrètes afin de respecter ses engagements. Quelle blague. Avant lui, Steve Witkoff avait également affirmé que les dirigeants du Hamas étaient bien mieux qu’on le lui avait dit, avant de recevoir une petite leçon de takiya pour lui expliquer à quel point mentir et tromper fait partie intégrante de la culture islamiste.

M. Kushner devrait juger le Hamas à l’aune de ses actes, et non de ses paroles. C’est si compliqué à comprendre ? Depuis le cessez-le-feu, le Hamas et ses alliés s’efforcent de consolider leur pouvoir à Gaza, ce qui montre qu’ils n’ont aucune intention sérieuse de se désarmer complètement.

Un désarmement complet reviendrait à un suicide organisationnel total, pour le Hamas. Cela contredirait également l’idéologie de la « muqawama », qui est au cœur de l’identité du Hamas. Les « groupes de résistance » armés ne renoncent pas de leur plein gré à toutes leurs armes, surtout lorsqu’ils sont menacés par un conflit potentiel, et surtout lorsqu’en face, on tente de discuter avec eux.

Le Hamas a survécu à la guerre, ce n’est pas pour renoncer au pouvoir. Quel que soit son plan à long terme, le groupe ne cédera jamais de son plein gré le levier militaire qui lui permet de rester aux commandes.

De plus, le Hamas ne va certainement pas offrir à Netanyahou une victoire politique significative à quelques mois des élections israéliennes, et la gauche américaine et israélienne ne vont certainement rien faire pour les convaincre : ils n’ont qu’un rêve, faire tomber la droite israélienne et transformer Israël en Etat pour tout le monde. S’il y a des crétins qui ne comprennent pas ça, j’ai pitié pour eux : ils vivent dans un monde qui les dépasse.

C’est pourquoi il convient d’accueillir avec cynisme la promesse de désarmement du Hamas. Et si, pour commencer, ils commençaient par fournir un inventaire détaillé de l’ensemble de leur arsenal à Gaza ? Et s’ils acceptaient que le processus de démantèlement soit confié à une vérification indépendante et crédible ? Et s’ils renonçaient à demander que leur armement soit stocké… sur place ?

L’IRA a accepté une vérification indépendante il y a plus de deux décennies. Pourquoi le Hamas devrait-il se contenter d’une norme moins stricte ? Parce que les clowns sont parmi nous.

Jusqu’à présent, le Hamas et ses alliés – déclarés ou cachés – n’ont proposé rien de sérieux.

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