La fracture au Liban s’aggrave : vif affrontement entre le Président et le Hezbollah

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(From left to right) Gen. Joseph K. Aoun, commander, Lebanese Armed Forces; and U.S Army Maj. Gen. John P. Sullivan, assistant deputy chief of staff, G-4; walk through the Memorial Amphitheater at Arlington National Cemetery, Arlington, Virginia, June 26, 2018. Aoun participated in an Armed Forces Full Honors Wreath-Laying Ceremony at the Tomb of the Unknown Soldier and toured the Memorial Amphitheater Display Room as part of his visit to the cemetery. (U.S. Army photo by Elizabeth Fraser / Arlington National Cemetery / released)

Le président libanais a attaqué le Hezbollah, l’accusant d’entraîner le pays dans des guerres étrangères, tandis que l’organisation réplique qu’elle ne renoncera pas à ses armes et rejette toute négociation directe.

JDN 

Le conflit interne au Liban franchit un nouveau palier avec des échanges d’accusations virulents entre le président de la République, Joseph Aoun (notre photo), et la direction du Hezbollah. Ces tensions surviennent dans un contexte d’instabilité sécuritaire persistante et de débat houleux sur les négociations avec Israël.

L’attaque du Président Aoun

Le président Aoun a vivement critiqué l’organisation suite à une déclaration belliqueuse publiée par le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, affirmant que l’organisation agit sans consensus national. Selon lui, le Liban ne peut plus continuer à payer le prix de guerres servant des intérêts extérieurs, au premier rang desquels les campagnes liées à l’Iran et à Gaza.

Aoun a souligné qu’il n’acceptait pas l’argument selon lequel les négociations constitueraient une reddition, précisant que son objectif est de mettre fin aux hostilités. Il a pointé du doigt le Hezbollah en déclarant que ceux qui mènent le pays vers des affrontements pour le compte d’acteurs étrangers sont ceux qui nuisent au Liban, et non ceux qui tentent de parvenir à un arrangement.

La réponse du Hezbollah

De son côté, le Hezbollah a rejeté ces propos et a clairement fait savoir qu’il ne renoncerait ni à ses armes, ni à sa doctrine de défense. Qassem a affirmé que la direction libanaise entraînait le pays vers des « concessions dangereuses ». Il a présenté une série de conditions sine qua non à tout accord, notamment l’arrêt des frappes, le retrait israélien de certains territoires au Liban et la réparation des dommages de guerre.

L’organisation a également exprimé une opposition catégorique à toute négociation directe avec Israël, appelant à s’en tenir exclusivement à un format indirect, tout en exigeant l’annulation des mesures officielles prises contre ses activités militaires dans le pays.

Un fossé grandissant

Ces échanges acerbes interviennent alors que les tirs depuis le sud du Liban vers Israël se poursuivent et que la lutte interne libanaise autour de la politique de sécurité et des relations régionales s’intensifie. La fracture entre la tête de l’État et le Hezbollah ne cesse de se creuser.

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