L’acharnement contre Benjamin Netanyahou dans l’affaire des sous‑marins n’est pas un réquisitoire juridique, c’est un récit politique maquillé en rapport d’enquête

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L’acharnement contre Benjamin Netanyahou dans l’affaire des sous‑marins n’est pas un réquisitoire juridique, c’est un récit politique maquillé en rapport d’enquête. On demande au même homme qui a bâti la puissance stratégique d’Israël de se justifier parce qu’il a… renforcé la flotte sous‑marine qui protège notre existence face à l’Iran. Il y a là une inversion totale des valeurs : ce qui devrait être salué comme une vision de long terme est présenté comme une “faute”, simplement parce qu’il s’appelle Binyamin Netanyahou.
D’abord, un fait têtu s’impose : Netanyahou n’a jamais été inculpé dans le dossier 3000. Des années d’enquête, de fuites, de spéculations, de manchettes hystériques – et à la fin, aucune base pénale pour ouvrir une procédure contre lui. On a donc un Premier ministre qui reste, en droit, totalement étranger au volet criminel de l’affaire, et une commission qui décrit des dysfonctionnements systémiques, des lacunes de procédure, des problèmes de coordination entre institutions. Autrement dit : le système a dysfonctionné, mais on n’a pas trouvé le moindre pot‑de‑vin ni la moindre instruction corrompue imputable à Netanyahou. C’est un point capital que ses adversaires se gardent bien de rappeler.
Ensuite, il faut rappeler ce dont on parle : des sous‑marins allemands de pointe, cœur de la capacité de dissuasion d’Israël, notamment face à la menace nucléaire iranienne. Dans toutes les armées du monde, on comprend qu’assurer une capacité de seconde frappe, préserver la survie de l’État en cas de scénario extrême, c’est l’essence même de la responsabilité d’un dirigeant. Netanyahou affirme, et c’est cohérent avec sa ligne depuis des décennies, qu’il a poussé ces achats pour garantir qu’Israël ne soit jamais pris au dépourvu. On voudrait faire croire que l’homme qui a alerté le monde entier sur l’Iran pendant 20 ans aurait soudain “joué avec la sécurité d’Israël” pour de sombres motifs ? C’est absurde sur le fond et contredit par toute sa trajectoire.
On reproche aussi à Netanyahou d’avoir “contourné” ou “dupé” l’establishment sécuritaire. Mais qu’est‑ce que cela veut dire, en démocratie ? Les désaccords entre le niveau politique et le niveau militaire existent dans tous les pays : les généraux recommandent, le gouvernement décide. La ligne de défense de Netanyahou est très simple : il a agi en chef de gouvernement, en tranchant des débats professionnels, parfois contre l’avis de certains, parfois avec l’appui d’autres, mais toujours dans le cadre de son mandat légitime. Transformer, des années plus tard, des divergences internes en “manœuvres douteuses”, c’est criminaliser la politique de défense elle‑même. Si la règle devient que tout choix controversé est suspect, plus aucun dirigeant n’osera prendre des décisions audacieuses pour la sécurité du pays.
On l’accuse encore sur la question des sous‑marins destinés à l’Égypte. Là encore, Netanyahou oppose une réalité que beaucoup feignent d’ignorer : ces sujets sont au cœur de relations stratégiques extrêmement sensibles avec Berlin, avec Washington et avec d’autres acteurs régionaux. Les détails ne peuvent pas être étalés sur la place publique sans nuire à la sécurité d’Israël, et il le dit clairement : ses décisions étaient couvertes par des arrangements stratégiques d’État à État, pesant l’ensemble des intérêts sécuritaires et diplomatiques. Qu’une commission, assise des années plus tard dans un climat politique polarisé, relise ces décisions à travers le prisme du soupçon ne change rien au fait que, au moment où elles ont été prises, elles étaient perçues comme partie intégrante d’un équilibre stratégique plus vaste. Soyons déterminé ce n’est pas de la corruption, c’est la dure réalité de la diplomatie et de la défense dans une région hostile.
Il faut aussi regarder qui agite aujourd’hui ces conclusions. Ceux qui exigent la tête de Netanyahou sont souvent les mêmes responsables politiques qui, à l’époque, ont fini par entériner ces choix, parfois en les prolongeant ou en les renégociant à un prix plus élevé. Quand il s’agissait de signer les contrats et de bénéficier des retombées industrielles ou diplomatiques, ils étaient présents. Quand il s’agit, aujourd’hui, de trouver un bouc émissaire, ils se découvrent soudain une indignation tardive et très sélective. Netanyahou et le Likoud ont raison de parler d’hypocrisie : on ne peut pas participer aux décisions et ensuite rejouer la scène en se posant en procureur moral.
Quant aux lettres d’avertissement adressées par la commission, elles sont utilisées dans le débat public comme si elles étaient des condamnations en bonne et due forme. Ce n’est pas le cas. Juridiquement, ce ne sont pas des verdicts, mais des notifications préalables : la commission prévient qu’elle envisage de formuler certaines critiques et laisse aux personnes concernées la possibilité de répondre. Netanyahou a déjà annoncé qu’il contestera tout passage qui cherche à lui coller une responsabilité personnelle disproportionnée. Et même dans le texte de la commission, l’accent est mis sur des “défaillances systémiques” du processus, pas sur une quelconque corruption de sa part. C’est toute la différence entre dire “l’État a mal fonctionné” et dire “le Premier ministre a trahi le pays” ; ses adversaires brouillent volontairement cette distinction.
Au fond, l’attaque contre Netanyahou dans l’affaire des sous‑marins s’inscrit dans un schéma plus large : chaque chantier stratégique qu’il touche est, tôt ou tard, recyclé en scandale. Quand il renforce Jérusalem, on parle de “provocation”, quand il s’oppose à l’Iran, on l’accuse d’“hystérie”, quand il modernise la flotte sous‑marine, on évoque une “mise en danger de la sécurité d’Israël”. Ce n’est pas de l’analyse, c’est un réflexe pavlovien : tout ce qui vient du camp national est présumé coupable. Face à cela, nous devons rappeler une évidence : sans des dirigeants prêts à prendre des décisions difficiles, parfois contestées, il n’y aurait tout simplement plus d’État juif à défendre.
Déconstruire ces attaques, c’est donc rappeler trois vérités simples. Premièrement, il n’y a pas de dossier pénal contre Netanyahou dans l’affaire 3000, malgré tous les efforts pour en fabriquer un. Deuxièmement, ses décisions en matière de sous‑marins s’inscrivent dans une vision stratégique cohérente : assurer à Israël une dissuasion crédible et une profondeur de survie face à ses ennemis. Troisièmement, la commission elle‑même parle surtout de faiblesses structurelles et procédurales, que tout gouvernement doit traiter sérieusement – mais instrumentaliser ces critiques pour crucifier un seul homme, c’est transformer un rapport d’État en arme politique. Tant que la vérité juridique restera la même – aucune inculpation, aucune condamnation – la campagne contre Netanyahou dans l’affaire des sous‑marins restera ce qu’elle est : une tentative de plus de faire tomber par le soupçon ce que la gauche ne parvient pas à vaincre par le débat et par les urnes.

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