Le devoir de changer de conception si nous voulons vivre en paix : Israël est au moyen Orient

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Le devoir de changer de conception si nous voulons vivre en paix : Israël est au moyen Orient. Nous devons apprendre à  faire respecter nos droits et exprimer notre souveraineté sur la Judée Samarie et cesser de nous faire culpabiliser.

Professeur Michael Ayache

Après la guerre des Six Jours, l’histoire nous a offert un moment rare, presque unique : le peuple juif revenu sur son cœur battant, la Judée et la Samarie, Hébron, Béthel, Shilo, le berceau même de notre identité nationale. À ce moment précis, nous aurions dû faire ce qui était juste, évident et légitime : affirmer clairement et sans ambiguïté notre souveraineté sur ces territoires, comme l’avait appelé de ses vœux le Rabbi de Loubavitch, avec une lucidité prophétique. Il avait compris que renoncer à notre droit sur cette terre, ou même le laisser dans le flou, serait perçu comme une faiblesse et ouvrirait la porte à des pressions sans fin.

Mais au lieu de cela, le leadership de gauche de l’époque nous a enfermés dans une conception de culpabilité et de doute. On nous a appris à nous excuser d’avoir gagné une guerre défensive, à nous justifier d’être revenus sur notre propre terre, à craindre plus le jugement des chancelleries européennes que le danger bien réel à nos frontières. Pendant des décennies, une partie de notre élite politique et intellectuelle a préféré parler de “fardeau de l’occupation” plutôt que de droit historique, de “risques pour la paix” plutôt que de sécurité vitale, transformant une victoire miraculeuse en problème moral.

De cette culpabilité fabriquée est née la grande illusion de la fin du XXᵉ siècle : la paix contre les territoires. Nous nous sommes retirés du Sud-Liban en espérant en finir avec le Hezbollah, nous avons quitté Gaza en imaginant qu’un désengagement unilatéral calmerait les esprits, nous avons signé les accords d’Oslo en croyant ouvrir la voie à une coexistence pacifique et à un “nouveau Moyen-Orient”. Chaque fois, on nous a promis que si nous cédions encore un peu de terre, si nous prenions encore un peu plus de “risques pour la paix”, nous serions enfin acceptés. En réalité, chaque retrait a été interprété par nos ennemis non comme un geste de bonne volonté, mais comme la preuve que nous étions fragiles, divisés, prêts à reculer.

Nous avons commis l’erreur fondamentale de penser avec un logiciel européen dans une réalité moyen-orientale. Nous ne sommes pas en Europe occidentale, dans un monde de traités, de conférences et de frontières intangibles. Nous sommes au Moyen-Orient, face à des acteurs pour qui le djihad, la lutte permanente, la victoire sur l’“infidèle” font partie intégrante de la vision du monde. Dans cette logique, un retrait n’est jamais un pas vers la paix : c’est un aveu de faiblesse, un signe que l’ennemi peut continuer à pousser, à attaquer, à exiger davantage. *Là où l’Occident voit un compromis, les adeptes du djihad voient une étape sur le chemin de la “guerre sainte”.

Un demi-siècle d’expérience devrait suffire. Nous avons essayé la retenue, le compromis, les accords, les retraits, les “gestes unilatéraux”. *Nous avons tout tenté, sauf une chose : assumer pleinement, courageusement, sans trembler, notre souveraineté sur notre terre. Tant que nous continuerons à traiter la Judée et la Samarie comme une monnaie d’échange, un “dossier” à régler, un “problème” à gérer, nous resterons prisonniers de la même spirale de violence et de chantage.

La paix, la vraie, ne viendra pas parce que nous aurons assez cédé, assez reculé, assez demandé pardon. Elle viendra le jour où il sera clair pour nos ennemis – et pour nous-mêmes – que la présence juive en Eretz Israël est définitive, qu’Israël ne se dissoudra pas, ne se rétrécira pas, ne renoncera pas à son cœur historique. Nous aurions dû le faire dès 1967 ; nous en payons aujourd’hui le prix. Il est encore temps de corriger cette erreur historique. On n’aura la paix que si nous assumons notre souveraineté, pleinement, en Judée-Samarie comme à Jérusalem, et que nous cessons d’avoir honte d’exister chez nous. Dans ce Moyen-Orient-là, la sécurité et le respect commencent là où s’arrête la culpabilité.

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