Le Grand rabbin sur la décision rendue pendant le Chabbath : « Les juges de la Cour suprême sont insolents » ; la Cour répond : « Il s’agit de sauver des vies »

0
57

Le rav David Yossef a critiqué les juges qui ont rendu une décision pendant le Chabbath concernant le nombre de participants permis durant des manifestations contre le gouvernement. Selon lui, « ces juges siègent le Chabbath, piétinent la loi et obligent l’État à répondre en violation de la loi ». Le rav Yitzhak Yossef a attaqué : « Des impies, que le Saint, béni soit-Il, les exterminent ». L’autorité judiciaire a expliqué : « Les deux décisions ont été prises après consultation téléphonique entre les juges, de sorte qu’aucun employé n’a été amené au tribunal. »

Ynet – Shilo Fried, Netael Bandel 

De vives critiques ont été émises par le Grand rabbin d’Israël et des membres de la Knesset orthodoxes à l’encontre des juges de la Haute Cour de justice (Bagatz), indignés par la prise d’une décision en plein Chabbath concernant le nombre de manifestants autorisés lors des rassemblements contre le gouvernement.

Le « Rishon LeZion » (Grand rabbin sefarade), le rav David Yossef, s’est exprimé avec sévérité contre les juges lors de son cours hebdomadaire : « Ils se comportent avec anarchie et piétinent la tradition d’Israël ». Son prédécesseur et frère, le rav Yitzhak Yossef, a été encore plus virulent : « Ce sont des mécréants et des impies, que le Saint, béni soit-Il, les exterminent, les tue ». Le public a répondu « Amen » aux propos du membre du Conseil des Sages de la Torh du parti Shas. Plus tard, le rav Yitzhak Yossef a nuancé ses propos : « J’ai dit que D’ les extermine, je ne voulais pas dire par l’extermination physique, la violence est à bannir à tout prix, D’ leur donnera leur punition ». Parallèlement, l’autorité judiciaire a affirmé qu’il s’agissait d’un cas de Pikoua’h Néfesh (sauvegarde de la vie humaine) et qu’aucun employé, hormis les juges, n’avait travaillé pendant le Chabbath.

Les quotas de manifestation au cœur de la discorde

Pendant le Chabbath, la Cour a décidé que jusqu’à 600 personnes pourraient manifester sur la place Habima (Tel-Aviv), et jusqu’à 150 dans le reste du pays. La Cour a souligné dans sa décision que même le Commandement du Front intérieur admet que des rassemblements ont lieu ailleurs sans que la loi ne soit appliquée.

Le rav David Yossef a ajouté : « C’est un acte illégal dans l’État des Juifs. Aucun Juif religieux n’a aujourd’hui confiance en cette bande d’insolents de la Cour suprême. Ils sont déchaînés et piétinent notre sainte Tora. Nous nous battrons de toutes nos forces pour l’identité de l’État et, en fin de compte, le judaïsme gagnera ». Le rav Yitzhak Yossef s’est également interrogé sur la raison pour laquelle la Cour autorise 600 manifestants à Tel-Aviv alors que le nombre de fidèles au Mur des Lamentations est limité à 50.

Colère au sein des partis orthodoxes

Le parti Shas a exprimé sa fureur face à ce qu’il appelle « le piétinement de la sainteté du Chabbath » : « Cette décision rendue en plein Chabbath pour permettre le rassemblement de centaines de manifestants anarchistes, alors que le Mur des Lamentations et les lieux saints sont fermés, témoigne d’une déconnexion grave et d’une arrogance de la part de ceux qui vivent dans leur tour d’ivoire ».

Le président de Degel HaTora, le député Moché Gafni, a renchéri : « Les juges prouvent une fois de plus leur irresponsabilité. Nous espérons que ce comportement de juges déconnectés disparaîtra de ce monde ». Le député Meir Porush a ajouté : « Ils pourraient être juges en Angleterre ; en Terre d’Israël, il convient d’avoir des juges avec une étincelle juive ».

Le vice-ministre des Communications, le rav Israel Eichler, a qualifié l’ordre de répondre pendant le Chabbath de « déclaration de guerre contre la tradition du peuple juif ». Selon lui, les juges cherchent à transformer Israël en une « nation comme les autres » et à provoquer des conflits entre citoyens.

La réponse de l’autorité judiciaire et de la police

L’autorité judiciaire a publié un communiqué expliquant que la décision a été rendue pendant le Chabbath par nécessité : « Malgré les demandes des juges, le Commandement du Front intérieur et la police ont refusé de donner leur position vendredi, insistant pour ne la transmettre que samedi après inspection des sites de manifestation ».

L’autorité a précisé que l’État avait même accepté, de manière exceptionnelle, la demande des pétitionnaires de tenir une audience pendant le Chabbath, ce que les juges ont refusé, préférant une consultation téléphonique. « Il est clair qu’il s’agit d’une question de sauvegarde de la vie liée à la sécurité des manifestants et des policiers, d’où l’obligation du tribunal de répondre pour guider les forces sur le terrain ».

La Police d’Israël a toutefois fermement démenti cette version : « Contrairement à ce qui est affirmé, la police a présenté sa position à la Cour avant l’entrée du Chabbath ! De plus, pour appliquer cette décision, des centaines de policiers ont dû être mobilisés, risquant leur vie et se voyant contraints de profaner le Chabbath ».

Aucun commentaire

Laisser un commentaire