Le Mossad et la CIA fournissent-t-ils des armes aux manifestants ?

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La chaîne israélienne Arutz 14 a affirmé, lors de son édition principale, que des agents étrangers auraient fourni des armes à feu à certains manifestants iraniens. Cette thèse est avancée pour expliquer l’augmentation du nombre de morts parmi les forces de sécurité du régime, alors que le bilan officiel dépasse désormais 500 décès. Des organisations de défense des droits humains basées aux États-Unis évoquent, de leur côté, des chiffres officieux bien plus élevés, sans que ces estimations puissent être vérifiées de manière indépendante.

Les autorités iraniennes ont réagi par une vaste campagne d’arrestations ciblées, annonçant plus de 10 000 interpellations à travers le pays. Parmi elles figurerait, selon Téhéran, un agent présumé du Mossad arrêté à Téhéran au milieu des émeutiers. Cette annonce s’inscrit dans un discours officiel accusant Israël et les CIA d’infiltrer les manifestations afin de provoquer le chaos et d’affaiblir la République islamique.

Ces accusations ont été amplifiées par des déclarations publiques en Israël. Gilad Erdan a ainsi déclaré sur une grande chaîne israélienne que des plans existaient pour soutenir les protestations en Iran, évoquant un soutien logistique et un recrutement de jeunes militants. Dans la même veine, un message publié en persan sur le réseau X par un compte attribué au Mossad a exprimé un soutien explicite aux manifestants, les appelant à intensifier leurs actions sur le terrain. Ce message, largement relayé, a été perçu à Téhéran comme une provocation directe.

Aux États-Unis, l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo a publiquement salué le courage des manifestants iraniens, allant jusqu’à évoquer la présence symbolique d’agents israéliens marchant à leurs côtés. Ces propos ont renforcé la conviction des autorités iraniennes selon laquelle les troubles actuels dépasseraient le cadre d’une contestation interne spontanée.

Sur le terrain, la situation s’est durcie. Des attaques ont visé des postes de police, des sites militaires et des bâtiments publics. Au moins trois agents de sécurité et un civil auraient été tués lors de ces incidents, selon des sources officielles iraniennes. Téhéran affirme avoir arrêté plus de 200 personnes présentées comme des agents américains ou israéliens, une qualification que les pays concernés n’ont pas confirmée.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, de son côté, exprimé son soutien politique aux Iraniens « luttant pour leur liberté », tout en évitant toute reconnaissance formelle d’opérations clandestines. L’Iran a répliqué par des menaces de représailles, évoquant des frappes possibles contre Israël et des bases américaines dans la région en cas d’intervention directe.

À Téhéran, le président Massoud Pezeshkian tente de nuancer le discours officiel. Il distingue les manifestants qu’il qualifie de « légitimes » des émeutiers armés, accusant Washington et Tel-Aviv d’avoir infiltré des « terroristes » pour incendier des mosquées et attaquer des banques. Cette ligne vise à préserver une forme de dialogue interne tout en maintenant la pression sur les adversaires extérieurs.

Entre accusations croisées, communications de guerre psychologique et violences réelles, les événements actuels illustrent la complexité d’un soulèvement devenu un enjeu géopolitique. L’ampleur des troubles et la multiplication des récits contradictoires rendent toute lecture univoque difficile, tandis que la confrontation indirecte entre l’Iran, Israël et les États-Unis semble entrer dans une phase plus ouverte et plus risquée.

Jforum.fr

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