Le président Trump dans une annonce dramatique : l’accord nucléaire avec Ryad est conditionné à la normalisation

0
12

Le président des États-Unis a stipulé que Riyad ne sera pas autorisée à enrichir de l’uranium et que l’approbation de l’accord civil dépend entièrement de son adhésion aux Accords d’Abraham. Cette clarification intervient un jour après que l’accord a suscité une vive polémique en Israël et fait craindre une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient.

Kom réga’ – Meir Gilboa

Un jour après que l’accord nucléaire entre les États-Unis et l’Arabie saoudite a suscité des remous en Israël et à Washington, le président américain Donald Trump a publié aujourd’hui (jeudi) une déclaration dramatique qui change la donne : Riyad ne sera pas autorisée à enrichir de l’uranium, et l’approbation de l’accord est totalement conditionnée à son adhésion aux Accords d’Abraham et à l’établissement de relations avec Israël.

« L’accord nucléaire civil élaboré entre le département de l’Énergie des États-Unis et l’Arabie saoudite sera approuvé, mais il est entièrement soumis à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux très estimés et victorieux Accords d’Abraham », a écrit le président Trump. Dès le début de son message, il a insisté : « Il n’y aura aucun enrichissement de matière. »

Le président Trump a ajouté que l’accord concerne exclusivement des usages civils et non militaires, à l’instar des programmes existants aux Émirats arabes unis et dans d’autres pays. « Les États-Unis ne s’opposent pas aux installations nucléaires civiles qui ne comprennent pas d’enrichissement », a-t-il précisé.

La formulation tranchante de cette déclaration n’est pas un hasard. Hier encore, les États-Unis et l’Arabie saoudite annonçaient la finalisation d’un accord nucléaire civil d’une durée de 30 ans, signé par le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright et le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane. Cet accord, dit « accord 123 », visait à permettre aux entreprises américaines de fournir à Riyad des réacteurs, des technologies et des équipements nucléaires.

Cependant, les détails révélés immédiatement après la signature présentaient un tableau bien différent. Selon le Wall Street Journal, l’accord aurait pu permettre la création d’une usine d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite si une étude conjointe de deux ans en établissait la justification. Reuters et l’agence AP ont également rapporté que le texte ouvrait la voie à un enrichissement sur le sol du Royaume.

Les rapports indiquaient aussi que l’Arabie saoudite n’était pas tenue d’adopter le « standard d’or » fixé dans l’accord nucléaire des États-Unis avec les Émirats arabes unis. Abou Dhabi s’était engagée à renoncer à l’enrichissement d’uranium et au retraitement du combustible nucléaire, tout en acceptant le régime d’inspection étendu de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Selon les informations publiées, ces clauses strictes n’avaient pas été intégralement incluses dans l’accord saoudien.

Ces révélations ont provoqué de vives réactions en Israël. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett, ainsi que les anciens ministres de la Défense Avigdor Lieberman et Benny Gantz, ont averti qu’accorder une capacité d’enrichissement à l’Arabie saoudite risquerait de porter atteinte à la sécurité stratégique d’Israël et de déclencher une course au nucléaire dans la région. Lieberman a soutenu qu’un programme nucléaire saoudien finirait par déboucher sur l’arme atomique, entraînant d’autres pays du Moyen-Orient dans une spirale dangereuse. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou ainsi que ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères se sont d’abord abstenus de tout commentaire public, selon Reuters.

L’inquiétude israélienne découlait également de déclarations passées du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui avait clairement indiqué que si l’Iran obtenait l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite s’efforcerait d’acquérir une capacité similaire. L’enrichissement d’uranium peut servir à produire du combustible pour des réacteurs civils, mais cette même infrastructure peut ultérieurement permettre un enrichissement à des fins militaires.

Au cœur de cette saga figurait aussi la question de la normalisation. Sous l’administration Biden, les négociations sur le nucléaire saoudien étaient menées dans le cadre d’un ensemble plus vaste incluant un accord de sécurité entre Washington et Riyad, des progrès sur le volet palestinien et l’adhésion de l’Arabie saoudite aux Accords d’Abraham. L’accord publié hier était perçu comme dissociant le nucléaire de la normalisation, accordant ainsi à l’Arabie saoudite l’un des principaux leviers dont disposaient Israël et les États-Unis.

Aujourd’hui, le président Trump réassocie explicitement les deux enjeux. Cela signifie que l’Arabie saoudite ne pourra pas obtenir l’approbation finale de l’administration américaine pour son programme nucléaire civil sans accomplir la démarche politique la plus majeure du point de vue d’Israël : l’établissement de relations officielles et l’adhésion aux Accords d’Abraham.

L’accord doit encore faire l’objet d’un examen par le Congrès. Selon les informations disponibles, son blocage nécessiterait une résolution conjointe des deux chambres du Congrès, et en cas de veto présidentiel, une majorité des deux tiers serait requise pour passer outre. Néanmoins, après l’annonce du président Trump, il reste incertain si ces nouvelles conditions sont déjà ancrées dans le texte signé ou si des modifications et engagements supplémentaires seront exigés avant que l’accord ne soit soumis à approbation.

Si les conditions annoncées par le président Trump viennent à être actées dans le document contraignant, Israël atteindra deux objectifs fondamentaux : empêcher l’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite et préserver l’accord nucléaire comme un levier pour obtenir une normalisation historique avec Riyad.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire