La journaliste conservatrice Laura Loomer affirme que le Qatar conditionne son don pour la rénovation du Kennedy Center à la démolition du salon israélien (Israeli Lounge), qui opère sur les lieux depuis 1971. Le président du centre, Richard Grenell, nie toute intention de vendre l’espace au Qatar, mais admet que sans un donateur juif important, le salon pourrait fermer et être cédé à une autre entité corporative.
JDN – Eli Shapira
La polémique autour de l’avenir du salon israélien au Kennedy Center de Washington a pris de l’ampleur après que Laura Loomer, influenceuse conservatrice proche du président américain Donald Trump, a publié que le Qatar conditionne sa contribution financière à la rénovation du centre par la destruction du salon identifié à l’État d’Israël. Selon elle, des sources gouvernementales ont indiqué que les Qataris souhaitent remplacer l’espace israélien par un complexe dédié à des entités liées aux Frères musulmans. Loomer a qualifié cette démarche de « pot-de-vin politique », affirmant que des membres de l’administration Trump ont été témoins de discussions à ce sujet lors d’un événement organisé par les Qataris au centre en décembre dernier.
Ces rapports interviennent dans le contexte d’une demande officielle adressée au Qatar ces derniers mois pour aider au financement de la rénovation du Kennedy Center — un projet de grande envergure nécessitant des dons substantiels. Suite à cette publication, Loomer s’est entretenue avec le président du centre, Richard Grenell, qui a confirmé que le salon israélien ne serait pas vendu au Qatar, tout en soulignant que l’avenir du lieu n’est pas assuré. Selon lui, si aucun donateur majeur de la communauté juive ne se manifeste pour financer la rénovation pour les cinq prochaines années, le salon devrait fermer ses portes et être remis à un autre donateur corporatif.
Le salon israélien, situé au niveau des loges de la salle de concert, a été offert aux États-Unis en 1971 comme cadeau du Premier ministre Yitzhak Rabin, et est considéré depuis lors comme un site d’importance historique et culturelle. Il sert aux événements officiels et présente un design artistique unique mêlant motifs anciens et modernes. Ses murs sont recouverts de panneaux de bois de noyer africain conçus par l’artiste Nehemiah Azaz, inspirés du Psaume 150, représentant des instruments de musique antiques et leurs noms hébreux. Le plafond de la salle est orné de 40 panneaux créés par Shraga Weil, comprenant des feuilles d’or 22 carats illustrant des scènes musicales historiques — Josué devant les murs de Jéricho, David jouant de la harpe, la danse de victoire de Myriam et une chorale sur les marches du Temple.
Malgré les démentis de la direction du centre, la question de l’avenir du salon israélien reste ouverte — et dépend désormais principalement de la capacité de la communauté juive aux États-Unis à mobiliser un donateur qui garantira sa pérennité.



























