La tentative d’attentat contre une synagogue dans le Michigan et un autre incident impliquant des engins explosifs improvisés à New York ont ravivé aux États-Unis les inquiétudes liées au terrorisme intérieur et à la montée des crimes haineux. Pour Devorah Halberstam, figure de la lutte contre l’antisémitisme et le terrorisme à New York, ces événements ne doivent pas être considérés comme de simples faits divers isolés. Selon elle, ils pourraient être le signe d’une menace plus profonde, alimentée par la radicalisation en ligne et par l’existence possible de cellules dormantes déjà présentes sur le territoire américain.
Des incidents récents qui inquiètent les autorités
La récente tentative d’attaque contre le Temple Israël à West Bloomfield, dans le Michigan, a marqué les esprits. Un individu aurait tenté de forcer l’entrée du site avec un camion chargé d’explosifs avant d’être neutralisé par le personnel de sécurité. Quelques jours plus tôt, à New York, deux jeunes hommes originaires de Pennsylvanie avaient été arrêtés après avoir tenté de lancer des engins explosifs artisanaux remplis de clous et de vis près de la résidence officielle du maire.
Ces deux affaires n’ont fait aucune victime, mais elles ont renforcé les préoccupations des autorités et des communautés locales. Pour Devorah Halberstam, ces attaques déjouées montrent que la menace reste bien réelle. Militante engagée depuis des décennies contre les crimes haineux, elle dirige aujourd’hui plusieurs instances liées à la lutte contre l’antisémitisme à New York et au suivi des crimes motivés par la haine.
Son engagement est aussi personnel. En 1994, son fils Ari (notre photo), âgé de 16 ans, a été tué lors d’une fusillade sur le pont de Brooklyn. L’attaque avait profondément marqué la ville et avait contribué à renforcer la vigilance des autorités face aux menaces terroristes.
Une menace diffuse et difficile à détecter
Selon Halberstam, la difficulté pour les forces de sécurité réside dans le profil de certains auteurs d’attaques. Beaucoup ne sont pas connus des services de police avant de passer à l’acte. Ils n’appartiennent pas nécessairement à des organisations structurées et peuvent agir seuls, parfois après une radicalisation rapide.
Elle estime que les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans cette dynamique. Le climat de tensions politiques et la diffusion massive de contenus haineux sur certaines plateformes pourraient, selon elle, favoriser le passage à l’acte chez des individus isolés.
Dans ce contexte, la coopération entre les différentes agences de sécurité est essentielle. Halberstam insiste sur l’importance du partage d’informations entre services locaux, fédéraux et internationaux. Selon elle, un détail détenu par une agence peut parfois permettre d’identifier une menace plus large.
Elle évoque également la question des « cellules dormantes », c’est-à-dire des individus installés depuis longtemps dans un pays et susceptibles d’être activés après plusieurs années de discrétion. Cette hypothèse inquiète certains responsables de la sécurité, notamment dans un contexte international marqué par de fortes tensions.
Une recrudescence des attaques antisémites
Au-delà des menaces terroristes, Halberstam souligne une augmentation des actes antisémites aux États-Unis. Depuis les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre, plusieurs incidents visant des institutions juives ont été signalés.
Parmi eux, une tentative d’attaque à la voiture bélier contre le siège mondial du mouvement Chabad à Brooklyn a récemment été évitée. Selon Halberstam, ces événements illustrent une tendance inquiétante qui oblige les institutions juives à renforcer leurs dispositifs de sécurité.
Elle rappelle que ces mesures ne sont pas prises par choix, mais par nécessité. Les données recueillies par la police de New York montrent une hausse significative des crimes haineux visant la communauté juive.
Les récentes tentatives d’attaques aux États-Unis rappellent que la menace terroriste peut prendre des formes multiples, allant des réseaux organisés aux individus radicalisés agissant seuls. Pour Devorah Halberstam, la vigilance doit rester permanente. Face à un environnement marqué par la polarisation politique et la diffusion de discours haineux, la coopération entre les autorités et la mobilisation des institutions demeurent des éléments essentiels pour prévenir de nouvelles attaques.
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