Par Khaled Abu Toameh
L’administration Trump et son « Conseil de la paix » nouvellement créé n’ont pourtant pas dénoncé les violations répétées du cessez-le-feu par le Hamas. Ce silence est manifestement interprété par le Hamas comme un feu vert pour poursuivre ses efforts de réarmement, de regroupement et de reconstruction de son régime, en tuant, torturant et asphyxiant économiquement les habitants de la bande de Gaza.
« Le Hamas gouverne depuis une enclave dévastée de deux millions d’habitants. Le Conseil de la paix, lui, gouverne depuis une table de conférence à Washington. Le Hamas perçoit des taxes sur les marchandises de contrebande ; le Conseil, quant à lui, ne dispose d’aucune source de revenus indépendante. Le Hamas intègre 10 000 policiers dans les structures proposées ; le Conseil, lui, doit encore attendre que les pays s’engagent à fournir du personnel à une force de stabilisation. Le Hamas nomme les gouverneurs et les maires ; le Conseil, lui, attend les rapports. » — Ranjan Solomon, Middle East Monitor, 10 mars 2026.
Le Hamas reconstitue son appareil financier en percevant des taxes, des redevances et des droits de douane sur les marchandises entrant dans la bande de Gaza. Cet argent n’est pas investi dans la reconstruction, mais sert au contraire à renforcer les capacités militaires du groupe terroriste.
Les personnes sur cette photo ne sont qu’une infime partie de celles qui ont été exécutées, abattues, enlevées ou sauvagement torturées ces dernières semaines. La liste des atrocités s’allonge de jour en jour, et le sadisme dont elles font preuve dépasse l’entendement (même pour ceux d’entre nous qui sommes nés et avons grandi à Gaza et avons été témoins de la brutalité du Hamas pendant des années). Nous pensions avoir atteint le summum de leur dépravation. Mais pour ces gens-là, il n’y a pas de limite. — Hamza Howidy, journaliste né à Gaza, 13 mars 2026.
« Le « crime » commis par ces gens ? Avoir exprimé leurs propres opinions. Ce qui rend la situation encore pire que la souffrance des victimes elles-mêmes, c’est le silence de ceux qui ont bâti leur carrière en criant au scandale palestinien… Les Palestiniens laissés à l’agonie sous le joug du Hamas sont apparemment les mauvais Palestiniens, trop gênants, trop perturbateurs pour le récit officiel, et trop vivants d’une manière qui ne sert pas « la cause ». » — Hamza Howidy, 13 mars 2026.
« Les milices fascistes du Hamas ont torturé mon cher ami Ashraf Naser Shallah, qui a été hospitalisé à plusieurs reprises à Gaza ces derniers jours. Elles lui ont pris son téléphone, volé son portefeuille contenant des documents importants et l’ont menacé de mort s’il continuait à dénoncer leur terrorisme, le régime iranien, le récit fallacieux de la « résistance », le désir de paix avec les Israéliens et son refus de servir de chair à canon dans des idéologies djihadistes qui ont détruit le peuple palestinien à Gaza. » — Ahmed Fouad Alkhatib, militant politique né à Gaza, le 10 mars 2026.
Tant que l’attention du monde restera focalisée ailleurs, le Hamas continuera de consolider son autorité dans la bande de Gaza sans faire l’objet d’un examen international sérieux. Le Hamas semble croire que le temps joue en sa faveur. Plus le silence de la communauté internationale se prolonge, plus il devient facile pour ce groupe terroriste de se réaffirmer comme la seule force légitime.
Alors que certaines parties internationales continuent de rechercher des solutions diplomatiques et des plans de paix pour stabiliser la bande de Gaza, le Hamas a clairement fait savoir qu’il n’a aucune intention de renoncer au terrorisme ni au pouvoir. Tant que cette réalité persistera, aucun plan de paix n’aura de chance réaliste de transformer l’avenir de la bande de Gaza.
Khaled Abu Toameh est un journaliste primé basé à Jérusalem.
JForum.fr avec www.gatestoneinstitute.org
Sur la photo : des membres masqués des « Comités de protection du peuple » contrôlés par le Hamas réquisitionnent un camion d’aide humanitaire dans le sud de la bande de Gaza, le 3 avril 2024. (Photo : Said Khatib/AFP via Getty Images)



























