Les États-Unis retardent le cessez-le-feu en Iran pour une raison majeure

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L’ancien chef du Conseil de sécurité nationale, Dr Eyal Hulata, prévient que Donald Trump ne pourra pas mettre fin à la guerre sans un succès clair empêchant une « victoire symbolique » de l’Iran. Il estime que la pression américaine va se poursuivre et pourrait inclure des actions militaires ciblées.

103FM 

Alors que les rapports font état de contacts possibles pour mettre fin aux hostilités avec l’Iran, l’ancien chef du Conseil de sécurité nationale (CSN), Dr Eyal Hulata, a livré jeudi une analyse complexe des motivations américaines et iraniennes. Lors d’un entretien avec Nissim Mishal et Anat Davidov sur 103FM, il a souligné que si la stratégie de Donald Trump reste parfois difficile à déchiffrer, elle repose sur un calcul stratégique précis.

« Le président Trump comprend qu’il ne peut pas mettre fin à cette guerre sans que l’accomplissement militaire — le sien, et pas seulement le nôtre — se traduise par quelque chose qui empêche, au minimum, les Iraniens de se présenter comme ceux qui ont réussi à faire plier les Américains », a expliqué Hulata.

Un besoin de résultats concrets

Selon lui, l’exigence d’un gain américain tangible est le facteur qui retarde un accord. Cette nécessité pousse au maintien de la pression et laisse la porte ouverte à de nouvelles interventions militaires. Toutefois, Hulata a tempéré les craintes d’une escalade généralisée : il ne s’agit pas de scénarios d’occupation prolongée comme par le passé. L’accent est mis sur des frappes ciblées visant à priver l’Iran d’une victoire de propagande, notamment concernant la liberté de navigation dans la région.

Pas de « Boots on the ground » massives

Concernant la nature de l’action militaire, Hulata précise que le scénario actuel diffère radicalement des opérations en Irak ou en Afghanistan :

  • Pas d’invasion terrestre massive : « Les « boots on the ground » (troupes au sol) ne ressembleront pas à ce que l’on a connu par le passé. »

  • Cibles stratégiques : L’objectif est de frapper des points névralgiques. « Le président Trump parle systématiquement de l’île de Kharg, qui est le principal terminal pétrolier de l’Iran. »

La résilience iranienne : surprise ou anticipation ?

À la question de savoir si les États-Unis ont été surpris par la résistance de Téhéran, Hulata a rejeté les critiques faciles : « Notre tendance à sous-estimer les États-Unis, et Trump en particulier, est exagérée. »

Il note cependant que l’attitude de Téhéran dans les négociations reste ferme : « Ils font jouer leurs muscles, ils tiennent bon, et agissent parfois comme si le pire était derrière eux. » L’Iran conserve des leviers d’influence majeurs, notamment sa capacité à dicter ses conditions en menaçant de fermer le détroit d’Ormuz.

Conclusion de l’expert : La réponse iranienne n’est pas une surprise sur le plan du renseignement. La structure des Gardiens de la révolution est précisément conçue pour ce type de conflit prolongé et pour la survie du régime. Hulata conclut néanmoins sur une nuance : « Il est possible que cela ait surpris les Américains ; si c’est le cas, cela signifie qu’ils n’y avaient pas réfléchi assez profondément. »

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