Au cours de l’année écoulée, des ambassadeurs menacés ont été contraints de quitter leur résidence pour s’installer dans des appartements sécurisés. Depuis le début de l’opération « Rugissement du Lion », les alertes concernant des attaques contre les représentants d’Israël se multiplient, y compris en Europe — même l’achat de nourriture nécessite désormais une autorisation préalable. Des diplomates confient à Ynet : « Il y a une réelle crainte pour nos vies. Comment expliquer à un enfant qu’il ne peut pas sortir jouer ? »
Ynet – Itamar Eichner
Au cours de l’année écoulée, avant même le conflit direct avec l’Iran, des alertes concrètes concernant des projets d’attentats contre des ambassadeurs israéliens à travers le monde ont été recensées. Ces menaces se concentrent particulièrement dans les pays abritant d’importantes populations d’immigrés musulmans. Dans plusieurs cas, des diplomates ont dû abandonner leur domicile pour vivre de longues périodes dans des appartements clandestins, ou ont été exfiltrés d’urgence hors de leur pays de mission.
Des cellules dormantes activées par Téhéran
Les menaces se sont intensifiées depuis le lancement de l’opération « Rugissement du Lion ». L’Iran, n’ayant pas réussi jusqu’à présent à infliger des pertes massives sur le front intérieur israélien, cherche à frapper des symboles de l’État à l’étranger pour obtenir des « victoires de prestige ». Selon diverses sources, Téhéran a commencé à activer des cellules terroristes dormantes à travers le globe dans le but d’assassiner des diplomates et de frapper les communautés juives et israéliennes.
Sortir de chez soi : un défi logistique
Depuis le massacre du 7 octobre, et plus encore depuis la première confrontation directe avec l’Iran en juin dernier, la sécurité des délégations israéliennes a été considérablement renforcée. Pour minimiser les risques, de nombreux ambassadeurs ont reçu l’ordre de travailler exclusivement depuis leur domicile, certains ayant même l’interdiction formelle de franchir le pas de leur porte. De nombreuses ambassades restent fermées, le travail s’effectuant à distance.
Cette situation prévaut dans de nombreux pays européens, autrefois considérés comme des zones à faible risque. La récente vague d’actes antisémites et d’incendies criminels confirme que les craintes pour la vie des diplomates sont fondées. Chaque déplacement, même pour des courses alimentaires de base, doit être validé au préalable par l’officier de sécurité de la mission, et ces sorties restent extrêmement limitées.
Le témoignage des diplomates : « Une boucle qui se resserre »
« Nous n’avons jamais connu de mesures de sécurité aussi drastiques », confie un diplomate chevronné. « Nous sentons que le filet du terrorisme iranien se resserre autour de nous. Il y a une peur réelle pour nos familles. »
Un autre diplomate souligne l’impact psychologique, notamment sur les enfants : « Comment expliquer à un petit enfant qu’il ne peut plus aller au parc ou à ses activités habituelles ? Nous ne voulons pas les terrifier en leur disant toute la vérité, mais la situation devient insupportable. »
Le nouveau mode de fonctionnement des ambassades
Le ministère des Affaires étrangères a diffusé cette semaine un nouveau plan d’organisation pour les représentations à l’étranger, classées en quatre groupes selon le niveau de menace :
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65 missions restent ouvertes avec seulement 50 % du personnel présent, pour une durée de 6 heures par jour.
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12 missions fonctionnent avec 30 % de présence, pour 6 heures par jour.
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10 missions ne sont ouvertes que trois fois par semaine (30 % de présence, 6 heures par jour).
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24 missions (deux groupes de 12) fonctionnent exclusivement en télétravail, sans aucun accès aux locaux de l’ambassade.
Selon ces nouvelles directives, seul l’accueil du public israélien est autorisé, et tout le personnel non essentiel est d’ores et déjà placé en télétravail obligatoire.



























