Aucun Juif digne de ce nom ne peut se reconnaître dans les propos tenus par ‘Haïm Korsia. Le Grand rabbin de France n’a pas seulement parlé en son nom : il a osé parler au nom de tous, comme s’il avait mandat de trahir la douleur et la colère de son peuple.
Mercredi, sur BFMTV, il a réagi aux propos de Benjamin Netanyahou accusant la France « d’alimenter le feu de l’antisémitisme » après la reconnaissance par Paris de l’État de Palestine. Et il a déclaré sans trembler : « Personne ne peut être d’accord avec lui », tout en saluant la prétendue détermination d’Emmanuel Macron à lutter contre l’antisémitisme.
Il a osé !
En une phrase, deux fautes monumentales :
- La très grande majorité des Juifs de France partagent, au contraire, les propos de Benjamin Netanyahou et de Charles Kushner.
- 62 % des Français estiment que Macron ne lutte pas contre l’antisémitisme.
Le constat est implacable : ‘Haïm Korsia se met non seulement à rebours de son peuple, mais aussi en opposition avec la majorité des Français.
Son rôle n’était pas de décrier la lettre de Netanyahou, mais de l’écrire !
De rappeler au pouvoir français ses manquements, de défendre l’honneur et la sécurité de ses fidèles, de parler au nom des sans-voix.
Nous sommes très loin de la stature d’un Jacob Kaplan, Grand rabbin de France en 1967, qui osa, en novembre de cette année-là, affronter le général de Gaulle après ses propos infâmes sur « le peuple d’élite, sûr de lui et dominateur ». Kaplan, héros de guerre, n’a pas tremblé. Il a dit au chef de l’État ses quatre vérités, avec le courage de celui qui place la vérité au-dessus de la soumission.
Entre Kaplan et Korsia, il y a tout l’écart entre la dignité et la servilité, entre la voix prophétique et la docilité des valets
Entre Kaplan et Korsia, il y a tout l’écart entre la dignité et la servilité, entre la voix prophétique et la docilité des valets.
L’instrumentalisation de l’antisémitisme par Macron au travers de ses relais — hier Haddad, aujourd’hui Korsia — est une honte. Elle rappelle les pires moments de notre histoire, où certains, sous couvert de représentation, servaient l’État plus que leur peuple.
Il est temps de le dire haut et fort : ces hommes ne nous représentent pas. Pire, ils nous trahissent au moment même où l’antisémitisme atteint un degré jamais connu depuis la Shoah.
« Le plus grand crime, c’est la trahison. Car le traître détruit de l’intérieur ce que l’ennemi n’aurait jamais pu abattre de l’extérieur ». Cicéron |