L’Iran affirme qu’un cessez-le-feu est imminent au Liban ; Israël clarifie : « Aucun accord pour l’instant »

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La chaîne libanaise « Al-Mayadeen » a rapporté, citant une haute source iranienne, qu’un cessez-le-feu entrerait en vigueur ce soir, mercredi. Jérusalem précise que, pour l’heure, aucun accord n’a été conclu, malgré la pression américaine pour faire avancer une trêve temporaire.

Kol réga’ – Meir Gilboa – Illustration : Flash 90

La confusion grandit autour du front libanais. Cet après-midi, la chaîne libanaise « Al-Mayadeen », affiliée à l’axe pro-iranien, a rapporté selon une « haute source politique et sécuritaire iranienne » que, suite à des pressions exercées par Téhéran, un cessez-le-feu au Liban devrait entrer en vigueur dès ce soir. En revanche, Israël s’est empressé de clarifier qu’aucune décision n’a été prise et qu’il n’y a pas encore d’accord.

Cependant, selon les rapports en Israël, la situation est plus complexe qu’une simple contradiction entre une information et un démenti. D’après le journaliste Yaron Avraham, les États-Unis exercent une pression sur Israël pour instaurer, dans les prochains jours, un cessez-le-feu temporaire au Liban. Ce mouvement serait présenté comme la suite directe des discussions exceptionnelles qui se sont tenues à Washington entre Israël et le Liban. L’objectif américain serait d’établir une période de calme définie afin de tenter de parvenir à des accords plus larges. L’existence même de ces pourparlers directs à Washington a été confirmée par des rapports internationaux, décrivant une rencontre rare entre représentants israéliens et libanais, sous médiation américaine, pour la première fois en plus de trois décennies.

La proposition américaine

Toujours selon Yaron Avraham, l’idée aurait été soumise par l’envoyé américain Steve Witkoff. Cependant, la partie israélienne n’a pas tardé à réagir, précisant qu’elle refusait de mêler le front libanais au front iranien. Les rapports publics confirment cette ligne de conduite : si Washington pousse effectivement à un règlement, Israël refuse pour l’instant de s’engager sur un cessez-le-feu au Liban qui ne soit pas directement lié à ses conditions face au Hezbollah et à ses considérations sécuritaires sur le front nord.

Dans ce contexte, il est fort possible que l’information diffusée par « Al-Mayadeen » s’appuie sur des contacts réels et une pression américaine concrète, tout en anticipant la conclusion effective de l’accord. Cela explique pourquoi Jérusalem n’a pas souhaité publier un démenti catégorique sur l’existence même de pourparlers, se contentant d’un message plus nuancé : pour l’instant, rien n’est signé.

L’analyste Ohad Hemo a également fait remarquer que ce n’est pas la première fois que des informations sur des cessez-le-feu ou des arrangements sécuritaires filtrent d’abord par les médias arabes avant que la réalité des coulisses ne soit confirmée. Dans ce cas précis, il semble que les Iraniens et leurs relais médiatiques tentent d’imposer l’idée que le processus est déjà bouclé, alors qu’il est encore au stade des pressions et des discussions.

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