L’Iran exige des États-Unis la reconnaissance de son droit à percevoir des taxes de passage dans le détroit d’Ormuz comme condition au cessez-le-feu

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Cette mesure, dont le coût s’élèverait à environ 2 millions de dollars par pétrolier, met en péril la liberté du commerce mondial et menace d’ouvrir la voie à d’autres pays pour exiger des paiements dans des voies de navigation stratégiques.

L’Iran exige que les États-Unis reconnaissent son droit de percevoir des « frais de passage » d’un dollar par baril de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz — ce qui représente environ 2 millions de dollars par pétrolier — comme condition à un accord de cessez-le-feu, a rapporté ce vendredi le Wall Street Journal.

Selon le rapport, la perception de taxes de passage dans le détroit d’Ormuz serait considérée comme une violation du droit international et une étape supplémentaire susceptible de nuire à la liberté du commerce mondial. Le détroit d’Ormuz est l’une des voies de navigation les plus importantes au monde, par laquelle transitent environ un quart des cargaisons maritimes de pétrole et un cinquième des cargaisons de gaz naturel.

Les économistes estiment qu’une taxe d’un dollar par baril ne devrait pas provoquer de choc sur les prix mondiaux du pétrole, car il s’agit d’un marché global et concurrentiel. Cela signifie que les pays du Golfe, notamment le Koweït et les Émirats arabes unis, auraient du mal à répercuter ce coût sur les clients ; ils devraient donc absorber la majeure partie de l’impact financier pour rester compétitifs face à d’autres producteurs, comme les États-Unis.

On estime que les pays du Golfe supporteraient entre 80 % et 95 % du coût de ces taxes, soit jusqu’à 14 milliards de dollars par an. Malgré cela, il est possible qu’ils préfèrent un tel accord, car il permettrait la reprise du mouvement des navires dans le détroit.

Les experts préviennent que l’imposition de taxes de passage n’est pas seulement une mesure économique, mais un précédent d’une portée considérable : une atteinte au principe de la liberté de navigation, considéré depuis plus d’un siècle comme l’un des piliers du commerce international et de la politique américaine. Selon eux, une telle démarche pourrait inciter d’autres pays à exiger des paiements similaires dans des passages commerciaux stratégiques à travers le monde.

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