Une source américaine a déclaré cette nuit au Wall Street Journal que les demandes iraniennes pour un accord mettant fin à la guerre sont « ridicules et irréalistes ». Des responsables américains et arabes ont souligné que cette position rigide de la part du régime des Ayatollahs rendra l’obtention d’un accord très difficile.
Kol réga’ – Yanki Farber
Des représentants iraniens ont informé l’administration Trump qu’ils fixaient des conditions très strictes pour la reprise des négociations sur un accord de cessez-le-feu. Les Gardiens de la Révolution, qui ont consolidé leur pouvoir au sein d’un régime iranien pourtant ébranlé, avancent des exigences telles que la fermeture de toutes les bases américaines dans le Golfe et des réparations pour les attaques subies par l’Iran, selon des sources proches du dossier citées par le Wall Street Journal.
Les autres revendications incluent :
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Un nouveau statut pour le détroit d’Ormuz : permettant à l’Iran de percevoir des taxes sur les navires transitant par cette voie d’eau, à l’instar de ce que fait l’Égypte avec le canal de Suez.
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Des garanties de non-récursion : l’assurance que la guerre ne reprendra pas et la fin des frappes israéliennes contre le Hezbollah.
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Levée totale des sanctions : la suppression de toutes les sanctions pesant sur l’Iran.
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Liberté technologique : permettre à l’Iran de poursuivre son programme balistique sans aucune négociation visant à le limiter.
Une source américaine a qualifié ces demandes de « ridicules et irréalistes ». Cette posture rendra l’obtention d’un accord avec Téhéran plus complexe qu’avant le déclenchement de la guerre par Trump, ont affirmé des responsables arabes et américains. Ils précisent que les premiers messages de ce nouveau cycle diplomatique ont été transmis par des médiateurs du Moyen-Orient le week-end dernier, les États-Unis et l’Iran n’étant pas en contact direct.
Ce matin, l’Iran a réitéré sa demande de fermeture des bases américaines dans la région, y compris dans les pays du Golfe que l’Iran a attaqués à plusieurs reprises durant la guerre. Le commandement d’urgence de l’armée a même prétendu que l’Iran était prêt à former une alliance avec ces pays à la place des États-Unis : « La République islamique déclare sa volonté d’établir une alliance de sécurité et militaire régionale sans les États-Unis ni Israël. Nous n’avons pas besoin d’un pays situé à des milliers de kilomètres pour assurer la sécurité de notre région. »
Parallèlement, les pays du Golfe rapportent la poursuite des attaques contre eux. Le ministère de la Défense de l’Arabie Saoudite a annoncé l’interception de plusieurs drones et d’un missile balistique. Le Koweït a déclaré répondre à des « menaces hostiles de missiles et de drones », ajoutant que des explosions ont été entendues lors de l’interception de cibles par la défense aérienne. Bahreïn a appelé ses résidents à se rendre dans « l’abri le plus proche » au son des sirènes.
Dans ce contexte, des médiateurs de Turquie, d’Égypte et du Pakistan poussent pour une rencontre entre hauts responsables américains et iraniens dans les prochaines 48 heures, bien que les deux parties restent très éloignées. Le Pakistan a proposé sa médiation, une offre mentionnée par le président Trump sur les réseaux sociaux.
Des responsables iraniens ont confié aux médiateurs qu’ils étaient très méfiants envers les États-Unis, affirmant avoir été attaqués à deux reprises sous l’administration Trump alors même que des discussions diplomatiques étaient en cours. Les fuites médiatiques concernant les échanges ont également suscité la colère de Téhéran.
Enfin, certains responsables américains doutent de plus en plus du succès de cette initiative diplomatique. Le gouvernement iranien est plongé dans le chaos après les frappes israéliennes visant sa direction (« décapitation »), ce qui rend difficile l’identification d’un négociateur fiable côté iranien. Les États-Unis estiment également que Téhéran pense, à tort ou à raison, disposer encore d’un levier de pression, car la fermeture du détroit d’Ormuz déstabilise les marchés mondiaux de l’énergie et accroît la pression sur Trump.


























