Derrière l’opération américaine visant à capturer Nicolás Maduro se cache une unité d’élite peu connue du grand public, mais redoutée dans les cercles militaires : le 160th Special Operations Aviation Regiment, surnommé les « Traqueurs de la nuit ». Spécialisée dans les missions aériennes les plus complexes, cette formation joue un rôle central dans les opérations clandestines américaines menées en territoire hostile.
Créée en 1981, cette unité est née d’un traumatisme stratégique pour les États-Unis : l’échec de l’opération « Griffe d’aigle », tentative avortée de libération des otages américains en Iran en 1980. Cet épisode a mis en lumière l’absence d’une capacité aérienne dédiée aux forces spéciales. Le Pentagone décide alors de créer un régiment capable d’opérer de nuit, avec une précision extrême, dans des environnements dégradés et sous forte menace ennemie.
Depuis sa base de Fort Campbell, le 160e régiment s’est imposé comme un maillon indispensable des opérations spéciales américaines. Sa mission principale est claire : transporter, infiltrer, appuyer et exfiltrer les unités d’élite engagées sur le terrain, qu’il s’agisse des Rangers, des forces Delta ou des Navy SEALs. Ces interventions se déroulent généralement loin des lignes amies, dans des conditions météorologiques difficiles et sous le couvert de l’obscurité.
Le surnom de « Traqueurs de la nuit » n’est pas un simple slogan. Il reflète une doctrine opérationnelle fondée sur la maîtrise absolue du vol nocturne. Les pilotes du régiment suivent un entraînement intensif qui leur permet de voler à très basse altitude, sans éclairage, en utilisant des lunettes de vision nocturne de dernière génération. Cette capacité offre un avantage tactique décisif lors des raids ciblés et des opérations de capture de haute valeur.
L’équipement du 160e régiment est spécifiquement adapté à ces missions. L’unité exploite des versions hautement modifiées du MH-60 Black Hawk, du MH-47 Chinook et du MH-6 Little Bird. Ces appareils sont équipés de systèmes de navigation avancés, de dispositifs de réduction de signature et de configurations modulables permettant le transport rapide de commandos lourdement armés.
Au fil des décennies, le régiment a été engagé dans la plupart des opérations militaires majeures des États-Unis. Il a participé à l’invasion de Grenade en 1983 lors de l’opération « Fureur urgente », aux campagnes d’Irak et d’Afghanistan dans le cadre des opérations « Liberté irakienne » et « Liberté durable », ainsi qu’à l’opération « Preuve crédible » en Somalie, épisode resté dans l’histoire sous le nom de bataille de Mogadiscio en 1993.
L’une de ses missions les plus emblématiques demeure toutefois l’opération « Lance de Neptune » en 2011, qui a conduit à l’élimination d’Oussama ben Laden au Pakistan. Les hélicoptères du 160e régiment ont permis l’infiltration discrète des forces spéciales au cœur d’un territoire hautement surveillé, démontrant une nouvelle fois leur rôle stratégique.
La devise du régiment — « Les traqueurs nocturnes n’abandonnent jamais » — résume l’esprit de cette unité. Dans le cadre de l’opération contre Maduro, son implication confirme que Washington a mobilisé un outil militaire de tout premier plan, réservé aux missions les plus sensibles et politiquement les plus risquées.
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