Netanyahou : « Nous voulons enrôler les ‘harédim – l’opposition veut les enrôler dans sa campagne électorale »

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Le Premier ministre a pris la parole à la Knesset sur fond de crise autour de la loi sur la conscription et de menace pesant sur le budget de l’État, peu après son retour d’une visite diplomatique aux États-Unis. Dans son discours, il a évoqué le partenariat avec les États-Unis, la lutte contre l’Iran, le rapatriement du dernier otage, le sergent-chef Ran Guevili, les performances économiques d’Israël et la loi sur la conscription. L’intervention s’est déroulée au milieu des cris de l’opposition, malgré les tentatives du président de la Knesset, Amir Ohana, de rétablir l’ordre.

JDN – Eli Shapira

Un débat dit des “40 signatures” s’est tenu aujourd’hui en séance plénière de la Knesset, en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahou, à la demande de l’opposition. Le débat s’est déroulé sur fond de crise autour de la loi sur la conscription et de la menace des partis ‘harédim de ne pas soutenir le budget de l’État — une évolution susceptible de faire tomber le gouvernement et d’entraîner la dissolution du Parlement.

Netanyahou a ouvert son intervention en revenant sur sa visite diplomatique aux États-Unis et sa rencontre avec le président Donald Trump. Il a indiqué que les discussions avaient notamment porté sur la question des otages et a évoqué la rencontre de Trump avec la famille de Ran Guevili, affirmant : « Nous avons promis de ne pas relâcher nos efforts tant que Ran ne sera pas rentré à la maison. »

Il a ensuite abordé la menace iranienne, déclarant qu’Israël et les États-Unis avaient présenté une position commune contre la relance des programmes de missiles et du nucléaire. Il a ajouté qu’au moment des discussions, une révolte avait éclaté à Téhéran, soulignant qu’Israël s’identifie au combat du peuple iranien.

Évoquant ses échanges avec de hauts responsables américains, Netanyahou a affirmé que, malgré des désaccords naturels, les relations bilatérales restent solides. Il a précisé qu’Israël soutient l’action américaine sur la scène internationale et a décrit l’affrontement avec les États hostiles comme une lutte entre des « États dirigés par le mal » et le camp démocratique.

S’adressant ensuite au chef de l’opposition, il a rappelé des déclarations passées sur un prétendu « plus bas historique » dans les relations avec Washington. Ces propos ont déclenché un chahut dans l’hémicycle, obligeant le président de la Knesset à expulser successivement des députés de l’opposition.

Netanyahou a poursuivi en attaquant l’opposition au sujet de ses critiques des décisions sécuritaires, évoquant les menaces balistiques et nucléaires ainsi que l’« axe du mal » iranien, et affirmant qu’Israël avait agi avec détermination malgré des oppositions internes et externes. Il a accusé l’opposition de s’être opposée à des mesures sécuritaires pendant la guerre et soutenu que, si ses positions avaient été suivies, la situation sécuritaire d’Israël serait aujourd’hui bien plus grave, ajoutant : « Vous portez atteinte à la cohésion et à la résilience nationales. »

Sur le plan économique, le Premier ministre a indiqué que, malgré les défis, l’économie israélienne affiche des indicateurs positifs : appréciation du shekel, baisse du chômage, investissements d’entreprises internationales et recul récent des prix de l’immobilier.

Abordant ensuite la loi sur la conscription, Netanyahou a présenté le plan du gouvernement comme une « véritable révolution » destinée à permettre l’enrôlement de dizaines de milliers de ‘harédim. Il a précisé que près de 400 ‘harédim se sont engagés rien que la veille et souligné que, contrairement aux propositions passées de l’opposition, le cadre actuel comporte des objectifs clairs et prévoit exclusivement un service de sécurité. Il a accusé l’opposition de ne pas vouloir réellement l’enrôlement des ‘harédim mais de chercher à faire tomber le gouvernement, déclarant :
« Nous voulons enrôler les ‘harédim – et vous voulez les enrôler dans votre campagne électorale. »

Concernant la commission d’enquête, Netanyahou a affirmé que l’opposition réclame une commission sans la confiance du public, tandis que le gouvernement propose une commission équilibrée représentant l’ensemble de la société. Il a critiqué les « gardiens des seuils » qui, selon lui, se protègent mutuellement, et a évoqué l’affaire où une vidéo aurait porté atteinte à des soldats de Tsahal.

En conclusion, il a attaqué l’opposition pour ses alliances politiques passées et soutenu qu’elle entend former un gouvernement avec des partis ne représentant pas la majorité sioniste, ajoutant : « On ne peut pas bâtir une politique sur des mensonges — à la fin, la vérité éclate. »

Il a clos son discours par un appel à préserver l’héritage et les valeurs nationales.

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