Le premier revers de Zohran Mamdani s’est joué face à une société immobilière israélienne.
L’affaire concerne 5150 appartements répartis dans 90 immeubles de New York, anciennement détenus par le groupe Pinnacle. Cette société a fait faillite en mai dernier après avoir échoué à rembourser plus d’un demi-milliard de dollars de prêts, tout en accumulant des milliers de violations du code du logement. Les locataires vivent dans des conditions déplorables : fuites d’eau, infestations de nuisibles, plafonds qui s’effondrent, chauffage défaillant.
Fin décembre, Summit Properties USA, filiale américaine d’une société immobilière israélienne cotée à la Bourse de Tel Aviv et contrôlée par Zohar Levy, a déposé une offre de 451 millions de dollars pour racheter l’ensemble du portefeuille.
Pour Mamdani, élu sur un programme socialiste et pro-palestinien, cette bataille revêt une dimension à la fois sociale et politique. Dès sa prise de fonction, il s’est rendu dans un immeuble de Flatbush, s’agenouillant devant les caméras pour examiner le parquet brisé et les robinets rouillés. Il a ensuite lancé une offensive juridique pour bloquer la vente, arguant que Summit accumule déjà 780 violations de sécurité dans ses autres propriétés new-yorkaises, dont 290 jugées immédiatement dangereuses.
La municipalité a demandé au tribunal de suspendre la transaction pendant 30 jours pour trouver un acquéreur alternatif, idéalement une organisation à but non lucratif ou un promoteur social. Les avocats de la ville ont également souligné que Pinnacle devait 12,7 millions de dollars d’amendes impayées à la municipalité.
Vendredi, le juge fédéral David Jones a rejeté la demande de la municipalité, permettant à la vente de se dérouler comme prévu. Cette décision constitue un camouflet pour le nouveau maire, qui avait fait de ce dossier un test pour sa politique du logement et au-delà son engagement anti-israélien.
La maire adjointe chargée du logement, Layla Boozorg, a déclaré que la municipalité « examinait ses options » et continuerait à se battre pour s’assurer que le nouveau propriétaire respecterait les lois et effectuerait les réparations nécessaires.
De son côté, Summit présente une version bien différente. Le président du groupe, Zohar Levy, affirme que cette acquisition est une bonne nouvelle pour les locataires. Selon l’entreprise, la transaction permettra d’effacer plus de 275 millions de dollars de dettes pesant sur les propriétés, libérant ainsi des fonds pour effectuer les rénovations et la maintenance négligées pendant des années. Concernant les violations de sécurité dans leurs autres propriétés, Summit assure qu’elles sont « en cours de traitement ».



























