Ouvre ton cœur à l’autre : cela vaut le coup !

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Autour de la table de Chabbath, 521 Chemoth

Ouvre ton cœur à l’autre : cela vaut le coup !

Cette semaine nous commençons le deuxième livre de la Tora : Séfer Chemoth. C’est l’histoire impressionnante la sortie d’Egypte avec les 10 plaies, la traversée de la Mer Rouge et enfin le summum : le don de la Tora. Tous ces grands miracles ne peuvent se produire qu’après une étape obligatoire : l’esclavage en Egypte. Pendant 210 ans l’Egypte a asservi d’une manière cruelle un peuple innocent (les descendants des 12 fils de Ya’akov) par un travail exténuant et de grands sévices. Le pire des décrets : Pharaon donnera l’ordre de tuer des centaines de nouveaux-nés par jour, Hachem yichmor. C’est alors que la communauté cria sa souffrance (prière) et se tourna vers Hachem pour qu’Il lui vienne en aide. D’ ne nous oubliera pas et enverra notre libérateur, Moché Rabbénou avec son frère Aharon, afin d’exercer la justice sur terre et faire triompher le bien sur le mal. C’est un schéma innovateur dans l’histoire humaine, puisqu’aucun esclave ne pouvait jusque-là sortir d’Égypte, qui montrait qu’il existe bien le Ribono chel ‘Olam qui gère les évènements.

De ce passage nous apprenons aussi que pour avoir droit à son miracle il faut passer par une phase d’acceptation de la difficulté (sans se rebeller) puis par celui d’une prière sincère afin que Hachem nous offre Son aide. C’est ce même phénomène qui est décrit dans le Talmud (Berakhoth 62a) : « Kabelé deYissouré : chtikouté ; vémibayé Ra’hamim ! » : la guérison des souffrances passe par le silence, l’acceptation, et de tenir bon, puis de prier Hachem.

L’homme qui a été envoyé pour sauver le Clall Israël apparait pour la première fois au cours de notre paracha. C’est écrit (Ch 2; 11) : « Il (Moché) est sorti vers ses frères et a vu leur labeur. ». C’est-à-dire que même si Moché avait été éduqué au palais du roi avec toutes les facilités inimaginable, il ne s’est pas dissocié du sort de ses frères. De plus Rachi commente ce verset : « Il a ouvert son cœur à l’autre pour partager sa souffrance« . C’est-à-dire qu’il a fait fi de tout son apparat (prince d’Egypte) pour partager la souffrance de son prochain. Il montra par là une grande humilité et une noblesse de cœur exactement ce que cherchait Hachem pour être Son délégué exclusif sur terre.

Cependant la Tora n’est pas uniquement un livre qui nous apprend les bons traits de caractères, ce qui est déjà bien, c’est avant tout la Loi de Hachem qui prime afin de faire régner la justice dans les relations humaines. Et le verset continue : « Il vit un égyptien qui frappait un hébreu… Il (Moché) regarda d’ici et de là, vit qu’il n’y avait personne et frappa le bourreau (le tuera), l’enterra dans la terre ».

Rachi donne une autre sens à ce passouk (d’après le Midrach) : « Il regarda, par son esprit saint, que cet égyptien durant la nuit abusait de la femme (Chelomit bath Divri) de l’esclave (en se faisant passer pour son mari) et durant la journée il frappait l’esclave qui devinait qu’il se tramait quelque chose de malsain chez lui. Et lorsque le verset dit : ‘Il a vu qu’il n’y avait personne« , Moché a vu (toujours de son esprit saint) que personne de Tsadik ou Guer (prosélyte) ne sortirait de la descendance de ce tortionnaire dans les générations à venir. Sachant ces données, Moché frappa l’homme qui mourra sur le coup. Un peu plus loin (verset 14), Rachi explique que Moché ne l’avait pas frappé de son glaive mais uniquement en invoquant le Nom Divin (certainement que la sainteté du Nom de Hachem ne peut supporter la présence de tels fauteurs).

Et à écrire ces lignes cela me rappelle un épisode croustillant qui s’est déroulé lors de la dernière guerre de Gaza lorsque le président du parlement turc a fait une élocution des plus mensongères en clamant haut et fort que Hachem S’est détourné du peuple juif, Hafour HaPoumé. A peine était-il descendu de sa haute estrade qu’il mourut terrassé par une crise cardiaque (reprise dans les réseaux sociaux). C’est juste que dans cette assemblée il n’y avait pas -à ce que je sache- un Moché Rabbénou mais c’est certain que Hakadoch Baroukh Hou est présent et punit les fautifs et menteurs qui font du ‘Hilloul Hachem en public.

Le Griz (rav Yts’hak Zeev Soloviétchik zatsal) pose une question sur ce passage. Si l’égyptien était redevable sur sa vie, alors pourquoi Moché a eu besoin d’utiliser le Nom Divin pour le frapper, il aurait dû prendre son épée et en finir avec lui – car les peines de mort sont des punitions exercées par les hommes et non par le Ciel. En d’autre termes lorsque le Beth Din punit, il accomplit une Mitsva de la Tora au même titre que nous mettons les Tefilinnes ou que nous pratiquons le Chabbath. La réponse qu’il donne va d’après un enseignement du Rambam (Hil. Melakhim 10;3). Il écrit « un gentil qui frappe un homme de la communauté est redevable sur sa vie seulement la peine n’est pas punissable par le Beth Din ». C’est à dire qu’il y a des fautes qui ne sont pas du domaine de la justice terrestre (Beth Din) mais du Ciel. C’est la raison pour laquelle Moché a utilisé le Nom Divin pour sévir (Justice céleste). De plus cette justice prend en considération toutes sortes de circonstances atténuantes (si cet égyptien mériterait d’avoir une descendance exemplaire ou non) pour amadouer la peine. Mais, lorsqu’il s’agit de la justice du Beth Din (les hommes), elle ne prend pas en compte des mérites particuliers du coupable (Tsadik, soutien les œuvres de Tora, etc.).

Sur ce, le rav Ben Tsion Feldman zatsal pose une intéressante question sur ce développement. Puisque l’égyptien en dehors du fait qu’il frappait ce mari en journée (ce qui est déjà gros…) abusait de sa femme la nuit, Hachem Yichmor. Or par rapport à l’adultère, la punition est claire et sans appel : un Ben-Noa’h qui commet pareille faute est redevable sur sa vie (pareil pour un Ben Israël). La punition est accomplie par le glaive après qu’un seul témoin ne témoigne (Hil. Melakhim 9,14). S’il en est ainsi pourquoi Moché n’a pas accompli lui-même la Mistva de le punir avec son glaive (puisque ce n’est plus une punition du Ciel) ?

La réponse que le rav Ben Tsion donne c’est que même si pour un Ben Noa’h nous n’avons pas besoin de deux témoins il en faut au moins un. Or, semble-t-il qu’il n’y en avait pas. C’est uniquement l’esprit saint de Moché qui savait ce qui se passait à la maison (la femme n’avait pas témoigné). C’est juste qu’il n’y avait aucun doute sur la gravité des faits puisqu’il l’avait vu de son Roua’h Hakodech mais ce n’est pas encore suffisant pour exercer la sentence du Beth Din. Pour la justice des hommes il faut un témoignage en bonne et dûe forme. Le Beth Din ne peut pas se suffire de l’esprit saint pour punir, il faut des preuves suivant un témoignage. Fin du court développement.

La chose demande approfondissement mais il y a encore autre chose qui est mis en exergue par les Sages. C’est que durant toutes ces années d’asservissement il n’y a eu que cet unique cas de « mariage mixte » (qui était un cas de force majeure) dans la communauté durant ces 210 années d’esclavage.

Donc pour nous, c’est un appel aux instances communautaires de tout faire en sorte pour que les jeunes ne se diluent pas dans la société française, en soutenant les Kollelim et Yechivoth au pays de Molière.

Le sippour

Le livre de Chemoth traite de l’exil égyptien et de la grande délivrance qui en est sortie. Notre histoire moderne et connue montre elle aussi qu’au travers les affres de l’exil il y a une grande Main divine qui protège, malgré la grande obscurité ambiante. Il s’agit, durant la dernière guerre mondiale, de Juifs allemands qui sont partis avant le déclenchement des hostilités et ont trouvé refuge en Angleterre (en effet, depuis les années 33 en Allemagne, il ne faisait pas bon être juif…). Seulement après la déclaration de la guerre, tous ces réfugiés ont été mis en quarantaine car étant ressortissants allemands, les Anglais craignaient qu’il y ait parmi eux des espions à la solde de l’ennemi. Finalement le Royaume Uni décida de les transférer vers la lointaine Australie. Et ce sont 400 Juifs qui furent parqués dans un bateau de marchandises vers le lointain pays du Kangourou. Le voyage en bateau fut très éprouvant, pas tellement à cause des maux de mer, mais plutôt par toutes les vexations et le grand mépris que le capitaine du navire et l’équipage avaient vis à vis de leurs passagers. Jusqu’à un moment donné où le capitaine décida de confisquer toutes les affaires personnelles des nombreuses familles, et au passage prendre une belle commission…, puis de jeter par-dessus bord TOUTES leurs affaires ! Tous les passagers étaient navrés de voir engouffré dans l’océan, leurs archives et leurs vêtements représentant des années de vie, et de savoir qu’en Australie il leur faudrait repartir de zéro. Finalement, arrivés au bout du monde, ils furent installés dans un camp militaire, puis avec le temps ils furent libérés… Fin du premier épisode. Quelques dizaines d’années après, un des survivants de toute l’épopée se procure le carnet de bord d’un commandant d’un des sous-marins de la Wechmacht. Il arriva facilement à déchiffrer ce carnet et fut sidéré de lire une des actions de ce sous-marin durant la guerre. C’est que le commandant du sous-marin écrit que lors d’une intervention il a suivi un cargo de marchandises provenant d’Angleterre. Et, à un moment donné, le sous-marin s’apprêtait à torpiller le navire anglais mais, le commandant vit que du navire on jettait des valises de la passerelle vers la mer. Le chef allemand dépêchera alors une patrouille pour récupérer les valises, et, arrivées dans le sous-marin, les marins découvrent que ces valises contiennent plein de livres en langue allemande. Il ne faisait pas de doute pour le commandant il s’agissait d’un cargo anglais qui contenait des prisonniers allemands de la célèbre race aryenne. Mieux que cela, le commandant envoya un télégramme au yima’h chemo vezikhro le Fuhrer lui-même pour lui demander quoi faire ? Sa réponse fut d’ESCORTER le navire anglais jusqu’à bon port ! (Car à l’époque chaque bateau de l’ennemi était sujet à être torpillé). Donc notre cargo transportant 400 Juifs, fut escorté tout le long du long trajet jusqu’en Australie par un sous-marin nazi. Le plus fort, c’est que le cargo avec tout son équipage, à peine reparti d’Australie fut torpillé par les Allemands. Incroyable de voir les chemins de la Providence qui sont insondables, car les valises qui ont entrainé beaucoup de tristesses par leurs pertes sont elles qui seront la cause du sauvetage de toutes ces familles. Comme dit bien rabbénou Jonas de Gironde, ‘l’obscurité sera la CAUSE de ma GRANDE LUMIERE!’. Amen, Ken yehé Ratson !

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.   

David Gold

E-mail : dbgo36@gmail.com

Tél : 00972 55 677 87 47

Une refoua cheléma à Ayala bath Berouria Ruth parmi les malades du Clall Israël.

Une bénédiction à Mendel Melloul et son épouse (Raanana) à l’occasion de la naissance de leur fille, qu’ils aient le mérite de la voir grandir dans la Tora et les Mitsvoth et une berakha aux grands parents Alain Elyahou Melloul et son épouse ainsi que le reste de la famille.

Pour tous ceux qui veulent nous soutenir, il y a une possibilité de recevoir un Cerfa pour les dons : tél : 00 972 55 677 87 47 ou 06 60 13 90 95

Pour les anciens de la Yechivath Kéter Chelomo sous la direction du Roch Yechiva rav Samuel chlita mon ami le rav Mordekhaï Bismuth chelita fait un très beau travail de diffusion d’un feuillet de Divré Tora de toutes les anciennes promotions de la Yechiva, s’intitulant « Kécher Chlomo » avec de belles photos. Bravo ! (tél: 0548418836).                                                

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