Pourquoi la Tora commence-t-elle par la Genèse ?

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Autour de la table de Chabbath

Paracha n° 511 Lekh Lekha

Le-ilouï Nechama d’un grand Talmid ‘Hakham qui vient de disparaître, rav Touvia ben Moshé (Goldschmidt) tihié nichmato tserora bitsror ha’haïm (Roch Collel d’une section d’Avrékhim français de la Yechiva de Mir soutenue par l’association Mishkan Aharon de notre ami Mickaël Douillet). 

Pourquoi la Tora commence-t-elle par la Genèse ?

Notre Paracha est le début de l’histoire très impressionnante de nos Saints Patriarches : Abraham, Yits’hak et Ya’akov. Seulement avant de commencer notre étude de la Paracha (ce que je réserve pour les semaines à venir), j’ai entendu cette semaine une question intéressante au sujet du début du Séfer Beréchith (la Paracha « Beréchith » que nous avons lue il y a juste deux semaines). Vous vous rappelez, la première section traite de la création du monde et du premier homme : Adam Harichon. Rachi, le commentateur de référence de toute la Tora, commence son explication magistrale par une question : pourquoi la Tora a-t-elle besoin de commencer par la Genèse ? Or la Tora s’adresse au peuple juif donc elle aurait dû commencer par la première Mitsva qui nous a été ordonnée lors de la Sortie d’Egypte : la Mitsva de la sanctification des mois lunaires. Pourquoi la Tora commence-t-elle son récit par la création du monde, bien que cette histoire de l’humanité n’a aucune incidence sur la vie de chacun d’entre nous (ndlr : le Ramban par ailleurs répond que nous avons besoin de ce passage pour nous ancrer la foi en D. Créateur) ? Et Rachi de répondre (son commentaire date de l’époque médiévale en France) que, si au cours des âges les nations du monde venaient à clamer au Clall Israël : « Vous êtes des voleurs, vous avez volé la Terre sainte qui appartenait aux populations autochtones ! » Alors nous répondrons aux nations que le monde et ce qu’il renferme appartient à Hachem puisque c’est Lui qui l’a créé et donné à qui bon Lui semble cette terre (c’est pourquoi la Tora commence par le récit de la Genèse, CQFD).

Ce tout premier commentaire de Rachi est sidérant d’actualité ; il nous apprend que la validité de la présence juive en Erets, nous la devons au fait que Hachem a créé le monde et a donné la terre à qui bon Lui semble (le rav Galinski zatsal rapporte dans son livre « Vehigadta -Beréchith p. 19 que lors d’un des passages de Ben Gourion à l’ONU en 1949 il a brandi un ‘Houmach -livre de Tora- en disant que c’est le sceau de crédibilité du peuple juif sur terre. Or un des délégués arabes à l’ONU, un certain monsieur Chréqui, a répondu : « Il est marqué dans votre Tora de faire le Chabbat ! Or toi qui habite Tel Aviv, tu ne respectes pas le Chabbat ! »). Passage historique intéressant à cogiter pour tous ceux qui ont encore des doutes sur l’importance que les Ba’houré Yechiva et Avrékhim doivent continuer leurs études car c’est le gage de notre présence dans une région très orientale si vous voyez ce que je veux dire…). C’est-à-dire que la présence d’une communauté en Terre sainte n’est acceptable par les nations que si elle vit en adéquation avec la Parole de la Tora (puisque c’est la Tora qui donne une crédibilité à la présence juive en Erets). Si toute la nation acceptait les Mitsvoth (pas seulement Bené-Braq, Elad ou une bonne partie de Jérusalem), alors le débat de notre présence au Moyen Orient deviendrait théologique –Monsieur Tournesol– et sur ce plan les textes sont catégoriques : Hachem a promis à Abraham et à sa descendance la Terre d’Israël, puis à Yitsak, Ya’akov et enfin Moché Rabénou et Yehochoua’. Donc c’est clair comme de l’eau de roche que cette terre nous appartient. Quand est-ce que les députés de la Knesset le comprendront (en dehors de Guimel et de Chass qui le savent déjà) ainsi que les derniers des Mohicans du tribunal du Bagats-gauchiste de Jérusalem ? CQFD).

Seulement comme nous ne sommes pas un pamphlet qui traite uniquement de problèmes épineux géopolitiques sous le prisme des sections hebdomadaires, j’ai entendu une question pertinente du rav Steinhauss chlita, Machguia’h de la Yechiva Guedola à Yavniel « Winkler » (à 10 minutes de Tibériade pour ceux qui suivent à la loupe les petites annonces…). Il demande : la réponse de Rachi est satisfaisante par rapport aux six jours de la création (je vous rappelle que la Tora a écrit la Genèse afin de donner une réponse aux fausses accusations des nations), seulement qu’en est-il de toutes les autres sections du premier Livre de la Tora ? Pourquoi a-t-on besoin d’écrire en long et en large le récit de la vie d’Abraham, Yitshak et de Ya’akov, et ce, jusqu’à la Sortie d’Égypte si, d’après Rachi, le plus important ce sont les Mitsvoth ?

La réponse qu’il donne : pour pouvoir recevoir la Tora de Hachem il faut acquérir au préalable le Dérekh Erets (un bon comportement). C’est-à-dire que l’accès aux Mitsvoth est conditionné au préalable par de bons traits de caractères (Midoth). Or, la Tora n’a pas ordonné : « Sois humble ou généreux ou rempli de mansuétude ». Ces Midoth nous les apprenons au cours de la vie de nos saints Patriarches. Lorsque Avraham part de ‘Haran en direction de la Terre promise -sans connaître la direction de ses pas dans le désert-, il nous apprend qu’un homme doit baser sa foi et sa confiance en Hachem (et non sur les hommes). Lorsqu’il a ouvert sa tente pour accueillir les passants du désert, il nous apprend l’hospitalité et la générosité. Ce premier livre s’appelle aussi le Séfer Hayachar / le livre de la droiture.

Donc c’est vrai que Hachem aurait pu commencer par énumérer les Mitsvoth mais Il veut que nous restions un peuple saint, apte à recevoir Sa Parole. C’est pourquoi cela commence avec le récit de nos patriarches car Hachem désire qu’on leur ressemble ! Vaste programme.

Le sippour

Cette semaine, on a parlé de l’épreuve d’Avraham ; on verra au détour de notre histoire véridique que les épreuves ne sont pas uniquement le lot de nos saints pères mais qu’elles existent bien de nos jours. Il s’agit d’un commerçant de la ville d’Anvers en Belgique. Notre homme tient un grand magasin dans le centre commercial de la ville. Ces derniers temps notre homme s’est rapproché de la Tora et a fait le pas de fermer son magasin pour le Chabbat. Pour un commerçant la chose est plus simple à dire qu’à faire. En effet le 7ème jour de la semaine est LE jour de la grande recette de la semaine ! Malgré tout, notre homme fait le pas et ferme au milieu de la journée du vendredi son magasin. Seulement dans son métier il y a une période en or, celle des fêtes de fin d’année. Or cette année comme un fait exprès cela tombait un week-end ! Et c’est le samedi que la population d’Anvers fait ses courses ! Notre homme -nouveau Ba’al Techouva- avait la hantise de ces jours qui approchaient. En plus son magasin était le mieux placé dans le centre commercial et ce week-end devaient y affluer des milliers de clients. De plus, ses concurrents le prenaient pour un fou ! Le fameux vendredi du 24 décembre arrive, la foule se presse dans les allées de son business, et l’heure de la moitié de la journée du vendredi approche. C’est alors que notre homme prend le micro et, d’une voix un peu tremblante, fera l’annonce de sa vie : « Nous prions notre clientèle de régler ses courses aux caisses enregistreuses car nous fermons le magasin…» Lorsqu’il dira ces mots, son cœur était prêt à éclater. Mais notre homme se renforça et ferma la vitrine sur le champ. Un de ses proches concurrents sortit de sa boutique pour voir ce spectacle surprenant, un des jours les plus rentables de l’année on ferme boutique, du jamais vu ! Il lui demande les raisons de son acte. Notre Ba’al Techouva répond : « C’est Chabbath aujourd’hui ! » L’autre gentil lui répondit : « Quand il y a de l’argent, on ne voit plus rien devant soi ! » Notre homme rentre à la maison et tourne le dos à tout cet argent. Il se prépare à l’entrée du Chabbaht, se douche et va à la synagogue. Au retour, il passe devant le centre commercial, qui est bondé de clientèle. Arrivé à la maison sa peine est très grande, il en parle à sa femme et lui dit tout son malheur… Il ajoute : « Je suis prêt à craquer. Je sens que l’épreuve est trop grande pour moi… Je t’en prie, sers-moi quelques verres de vodka afin que je dorme d’un sommeil profond et que je ne me morfonde pas ! » La femme comprit la détresse de son mari, lui servit plusieurs verres et notre homme partit pour le doux monde du sommeil, sans angoisses ni peine… Le lendemain en fin d’après-midi il se lève, regarde par la fenêtre et se dit : « Zut, non seulement je n’ai pas fait la recette de l’année mais je n’ai pas non plus écouté la Tora ni fait les repas de Chabbath avec les chants… en un mot j’ai TOUT raté ! » Avec un cœur lourd il se rendit chez le rav Kreizwirt zatsal, le rav de la ville, pour lui demander conseil afin de réparer ce qu’il n’a pas fait. En entrant chez le rav, il vit le Talmid ‘Hakham qui étudiait sur sa table avec plein de livres : une grande sainteté se dégageait du lieu. Notre homme dira : « Rav, je vous envie pour un tel Chabbath, la sainteté émane de votre maison tandis que moi, j’ai passé mon Chabbath à dormir ! » Il lui exposa alors tout son dilemme et la manière qu’il a choisi d’y échapper. Le rav lui répondit : « Sache que ton Chabbath est beaucoup plus grand que le mien. L’épreuve terrible que tu as passée vaut beaucoup plus que mon Chabbath avec mes chants et la sainteté qui en émane ! Sache que ton Chabbath resplendit dans les cieux et dans tous les mondes car il est marqué : « D’après la peine (pour faire la Mitsva) tu auras la récompense ». Sache que je suis prêt à faire un deal avec toi : je te donne mon Chabbath (le mérite) et tu me donnes ton Chabbath à la place ! Es-tu d’accord ? » On ne connaît pas la réponse de notre homme, mais une chose est sûre, c’est qu’il en ressortit tout renforcé.

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut !

David Gold

Tél. : 00972 55 677 87 47

email : dbgo36@gmail.com

Une grande bénédiction à mon ancien Roch Collel, le rav Acher Benédict-Brakha (Raanana) et à son épouse à l’occasion du mariage de leur fille, Mazal Tov !

Une refoua chlema au jeune Yo’haï ben Daniella (blessé gravement suite à la guerre de Gaza) parmi tous les malades du Clall Israël !

Un zéra’ chel kaïma pour le rav David Méir ben Esther.

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