Primaire au LIKOUD : LE PREMIER PARTI D’ISRAËL, ET LE SEUL GRAND PARTI VRAIMENT DÉMOCRATIQUE

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Les urnes se sont refermées ce soir. Participation finale : 53,5 %, soit 76 068 votants sur environ 140 000 adhérents inscrits. Les commentateurs vont passer la nuit à discuter de ce pourcentage. Ils passeront, comme toujours, à côté de l’essentiel.
Car la seule question qui mérite d’être posée ce soir est celle-ci : quels autres partis, en Israël, organisent des primaires ?
La réponse dérange.
Presque aucun.
Sur l’ensemble de ce cycle électoral, deux partis seulement ont accepté de soumettre la composition de leur liste au vote de tous leurs adhérents : le Likoud et Les Démocrates. Deux sur la totalité de l’échiquier politique israélien. Et de ces deux-là, le Likoud est de très loin le plus important, avec 142 050 adhérents détenteurs du droit de vote interne — un corps électoral plus vaste que celui de bien des partis européens de gouvernement.
Partout ailleurs, la liste se fabrique loin des militants :
– Par une instance interne restreinte. Chez le Sionisme religieux, chez Hadash, chez Balad, chez Ra’am, ce sont quelques dizaines ou quelques centaines de personnes réunies en comité qui classent les candidats. L’adhérent de base apprend le résultat par la presse.
– Par un organe désigné, sur le papier. Chez Yesh Atid comme chez Israel Beitenou, il existe formellement une procédure. Dans les faits, le classement reflète la volonté du fondateur du parti. Personne, dans ces formations, n’a jamais vu un dirigeant sortant être renversé par la base.
– Par le chef, tout simplement. C’est le cas des partis les plus récents, y compris ceux qui se présentent aujourd’hui comme l’alternative morale au Likoud. Leurs listes descendent d’un bureau. Aucun vote, aucun débat, aucune sanction possible.
– Par une instance rabbinique ou un conseil de sages, pour les partis religieux, où la logique n’est pas électorale mais d’autorité.
Ce que cela signifie concrètement ?
Aujourd’hui, dans 107 lieux de vote répartis dans tout le pays — d’un club de retraités à une station-service dans y compris dans une localité arabe — des dizaines de milliers d’Israéliens ordinaires ont classé eux-mêmes les candidats de leur parti. Des ministres en exercice, des députés sortants, des figures installées depuis vingt ans ont dû faire campagne devant leurs propres militants, aller à leur rencontre, rendre des comptes, et accepter par avance le risque de perdre leur place. Ce risque n’est pas théorique : à chaque primaire du Likoud, des sortants tombent.
Voilà ce qu’est une primaire. Pas une cérémonie de ratification : un examen de passage.
Demandez-vous ce qui se passe dans les autres partis quand un député déçoit sa base. Rien. Il n’y a pas de base à décevoir — il n’y a qu’un chef à ne pas contrarier.
L’objection, et sa réponse
On nous opposera les places réservées au président du parti dans les premiers rangs de la liste. L’argument mérite une réponse claire, pas une esquive.
Cette disposition n’a pas été imposée par décret. Elle a été débattue puis approuvée par un vote du Comité central du parti, auquel des milliers de membres ont pris part. On peut la juger excessive, on peut la contester, on peut militer pour la modifier au prochain congrès — et à l’intérieur du Likoud, ce débat a eu lieu publiquement, y compris devant les tribunaux internes du parti, qui ont d’ailleurs retoqué certaines demandes de la direction.
*Un parti où la juridiction interne peut donner tort à son propre chef n’est pas un parti autoritaire. C’est un parti vivant.
Que l’on nous cite maintenant un seul autre grand parti israélien où un militant a la possibilité de contester la composition de la liste, de saisir une instance interne, et d’obtenir gain de cause. Il n’y en a pas.
La leçon de démocratie, et ceux qui la donnent
Il y a une ironie que nous ne devons plus laisser passer.
Ceux qui, chaque soir, expliquent sur les plateaux que le Likoud menacerait la démocratie israélienne, désignent leurs propres députés en petit comité. Ils réclament la transparence pour les institutions de l’État, mais pas pour leur propre appareil. Ils exigent des contre-pouvoirs partout, sauf chez eux.
Le Likoud, lui, accepte l’épreuve. Il l’accepte avec ses tensions, ses querelles, ses rivalités publiques, ses résultats imprévisibles — c’est-à-dire avec tout ce qui fait le prix de la démocratie réelle par rapport à la démocratie affichée. Une famille politique qui se dispute devant tout le monde est une famille où l’on a le droit de parler.
Ce que nous devons en retenir
Le Likoud est le premier parti d’Israël par le nombre de ses adhérents, par son ancrage territorial, par sa présence dans toutes les couches de la société israélienne — des villes du Sud aux quartiers populaires de Jérusalem, des localités de développement aux implantations.
Il est aussi le seul grand parti où le pouvoir de décision reste, en dernière instance, entre les mains de ses militants.
Le 27 octobre, les électeurs auront devant eux, d’un côté, une liste construite par des dizaines de milliers de citoyens ; de l’autre, des listes composées dans des bureaux. Ce n’est pas un détail technique. C’est le cœur du sujet.
Une participation à plus de 53 % dans un parti qui n’était obligé à rien, alors que tous les autres se sont dispensés de l’exercice : c’est cela, la vraie information de la soirée.

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