Un projet historique au cœur du Néguev
Par Professeur Michael Ayache, dirigeant du groupe « Patriotes d’Israël »
Selon une tribune publiée le 12 mai 2026 dans le Wall Street Journal par Michael Doran et Zineb Riboua, deux chercheurs du Hudson Institute, des responsables américains et israéliens discutent activement d’une initiative conjointe baptisée Project Spire. Ce projet prévoit l’implantation, dans l’ouest du Néguev, d’une base technologique sécurisée combinant les standards d’une installation militaire américaine avec la culture d’ingénierie et de recherche d’un grand campus d’IA. Trois sites ont déjà été proposés par Israël, qui mettrait les terrains à disposition via un bail de longue durée pour usage américain.
Le site abriterait recherche et développement, infrastructures massives de serveurs, systèmes énergétiques dédiés, conception de puces, entraînement de modèles d’intelligence artificielle et, potentiellement, production avancée de semi-conducteurs. Project Spire s’inscrit dans le prolongement direct du Memorandum d’entente signé à Jérusalem en janvier 2026 entre le sous-secrétaire d’État américain Jacob Helberg et le général de brigade (rés.) Erez Eskel, chef de la Direction nationale israélienne de l’IA. Ce MoU prévoit déjà un parc technologique géant — Fort Foundry One — sur 16 000 dounams (4 000 acres) dans le Néguev ou à proximité de la frontière de Gaza, sous bail de 99 ans accordé aux États-Unis tout en demeurant sous souveraineté israélienne.
L’accomplissement de la vision de Ben Gourion
Que le cœur de la révolution mondiale de l’IA puisse battre dans le Néguev n’est pas un hasard de géographie :c’est l’accomplissement d’une prophétie sioniste. David Ben Gourion l’avait écrit : “C’est dans le Néguev que la créativité et la vigueur pionnière d’Israël seront mises à l’épreuve.” Le fondateur de l’État rêvait de faire fleurir le désert non seulement par l’agriculture, mais par la science et l’esprit d’entreprise.
Aujourd’hui, Beer-Sheva est devenue un pôle technologique mondial, avec le parc Gav-Yam Negev, l’Université Ben Gourion qui héberge le plus grand centre de recherche en IA d’Israël, et le futur campus technologique de Tsahal de 7 milliards de shekels qui accueillera 5 000 soldats des unités de renseignement et de cybersécurité (Times of Israel, Jerusalem Post). Project Spire viendrait couronner cet édifice. Pour le patriote d’Israël, c’est une victoire civilisationnelle : la terre que nos ennemis voulaient nous arracher devient le laboratoire de l’humanité du XXIe siècle.
Un enjeu existentiel : l’IA comme nouveau bouclier d’Israël
L’enjeu n’est pas seulement économique, il est existentiel. L’Agence américaine de renseignement de défense (DIA) a évalué que l’application d’IA développée par la firme chinoise MizarVision permettrait à l’Iran de cibler les forces américaines et alliées avec une précision de 0,3 mètre carré, quasi en temps réel. L’axe Pékin-Téhéran utilise déjà l’IA contre nous. Face à cette menace, Israël ne peut se contenter d’importer la technologie : il doit la produire, la maîtriser et la protéger sur son propre sol.
Tsahal n’a pas attendu ChatGPT pour développer ses systèmes d’identification de cibles par IA comme Habsora et Lavender, utilisés à Gaza depuis 2023. Project Spire amplifierait massivement cette capacité défensive en plaçant Israël au cœur du réseau allié des “zones protégées” où les technologies sensibles peuvent être développées sans risque de fuite vers Pékin, Téhéran ou Moscou.
Pax Silica et le rôle d’Israël comme “partenaire d’ancrage”
Project Spire s’inscrit dans le cadre plus large de Pax Silica, l’initiative lancée par l’administration Trump pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs et en IA. Israël fut le premier pays à signer un accord bilatéral dans ce cadre, et Jacob Helberg a explicitement qualifié l’État juif de “partenaire d’ancrage” (anchor partner), citant sa capacité à produire des “résultats asymétriques” par rapport à sa taille géographique.
Cela signifie qu’à côté du Japon, de la Corée du Sud, des Émirats, du Royaume-Uni ou de l’Australie, c’est Israël — petite nation d’à peine 22 000 km² — qui est désigné comme la pierre angulaire de l’ordre technologique occidental face à la Chine. Pour la diaspora française d’Israël, et pour tous les patriotes sionistes, cette reconnaissance est une réponse cinglante à des décennies de délégitimation : l’État juif n’est plus seulement un allié des États-Unis, il en est devenu un pilier indispensable
Une stratégie nationale offensive
Le 17 mai 2026, le gouvernement Netanyahou a approuvé à l’unanimité le plan préliminaire de la Direction nationale de l’IA : 5 000 GPU parmi les plus avancés au monde, mis à disposition chaque année pendant six ans (2027-2032), un retour massif des cerveaux expatriés, et des centres d’accélération pour les applications concrètes « Israël va devenir un leader mondial dans ce domaine, et cela arrivera à une vitesse considérable”, a déclaré le Premier ministre.
Cet appel au retour des talents juifs doit résonner particulièrement chez les Français d’Israël et chez ceux qui hésitent encore à faire leur aliyah : la patrie a besoin de ses ingénieurs, de ses chercheurs, de ses entrepreneurs. Le Néguev n’attend plus que ses bâtisseurs.
Les défis : énergie, souveraineté et garde-fous éthiques
Trois enjeux critiques méritent vigilance.
L’énergie d’abord. Les besoins colossaux en électricité des centres de données ouvrent la possibilité d’une centrale nucléaire civile sur le site, qui opérerait sous régulation américaine. Israël, non signataire du TNP, accéderait ainsi à une infrastructure énergétique stratégique sans précédent — une avancée historique pour notre indépendance énergétique.
La souveraineté ensuite. Un bail de 99 ans accordé à une puissance étrangère, même alliée, sur 16 000 dounams de Terre d’Israël n’est pas anodin. Il faudra veiller à ce que cette coopération demeure équilibrée et que les intérêts juifs et israéliens soient pleinement préservés, conformément à l’objectif annoncé par Netanyahou de mettre fin à l’aide militaire américaine d’ici une décennie pour passer à un partenariat d’égal à égal.
L’éthique enfin. Le MoU américano-israélien stipule explicitement que les modèles d’IA développés ne devront porter “aucun biais idéologique ni agenda d’ingénierie sociale” et que les grands modèles de langage devront être “fidèles aux requêtes des utilisateurs et non manipulateurs idéologiquement”. C’est une rupture salutaire avec la dérive “woke” des IA développées dans la Silicon Valley, et un alignement avec les valeurs judéo-chrétiennes que partagent l’Amérique de Trump et l’Israël de Netanyahou.
Conclusion : “Am Israël Haï”
Project Spire dépasse le cadre d’un simple projet d’infrastructure. Il consacre Israël comme nation indispensable à l’ordre technologique du monde libre, achève symboliquement la vision de Ben Gourion sur le Néguev, et offre à la nation juive les moyens technologiques de sa pérennité face aux menaces iraniennes et chinoises.
Pour nous, patriotes d’Israël, Juifs de France et de la diaspora attachés à la grandeur de notre patrie, ce projet est un appel. Un appel à soutenir politiquement cette coopération, à mobiliser nos compétences, à faire revenir nos talents, à investir notre énergie dans le Néguev qui fleurit. Car ce qui se joue dans ces sables n’est pas seulement la prochaine révolution industrielle : c’est la place d’Israël parmi les nations pour le siècle qui vient.
עם ישראל חי — Le peuple d’Israël vit, et il bâtira au Néguev les cathédrales numériques de demain.
*Professeur Michael Ayache*
Tête de liste
*Avec les Patriotes d’Israel*



























