Professeur Michael Ayache
Mises en place d’une combinaison d’actions politiques, technologiques, médiatiques et financières, surtout depuis l’extérieur du pays.
Sur le plan technologique, il est possible de renforcer directement la capacité d’organisation des manifestants.
Des organisations spécialisées comme le Center for Human Rights in Iran, United for Iran, Miaan Group ou Iran Human Rights recommandent de soutenir la diffusion d’outils sûrs de contournement de la censure (VPN sérieux, Tor, Signal avec proxys, Outline, Intra), de financer l’hébergement de serveurs de secours et de promouvoir des guides de « survie numérique » en persan pour éviter les faux VPN et malwares déployés par le régime.
Les personnes basées en Europe ou en Amérique du Nord peuvent aider en donnant à ces ONG, en offrant leur expertise technique (montage de proxys, audits de sécurité, traduction de guides) et en poussant les grandes entreprises tech à maintenir l’accès à leurs services en Iran et à utiliser des techniques comme le « domain fronting » là où c’est possible légalement.
Sur le plan politique, l’un des leviers les plus efficaces est de faire pression sur les gouvernements pour qu’ils passent d’une posture de simple indignation à une politique de « maximum support » envers le peuple iranien et de pression ciblée sur le régime.
Des analyses de think tanks et d’ONG plaident pour des sanctions personnelles systématiques contre les responsables de la répression (chefs de l’IRGC, juges, procureurs, commandants locaux), pour la suspension de visas et le gel de leurs avoirs, ainsi que pour la mise en place de voies d’asile et de protection pour les officiers et agents qui refusent de tirer sur la population. Concrètement, cela signifie d’écrire à ses députés, sénateurs, eurodéputés et gouvernements, les interpeller publiquement, participer à des campagnes de pétitions et soutenir les résolutions qui appellent à enquêtes internationales, mécanismes de responsabilité et isolement diplomatique des ayatollahs.
Sur le plan médiatique, amplifier la voix des Iraniens est crucial pour empêcher le régime de tuer dans le silence.
Des ONG comme CHRI, Iran Human Rights, Amnesty, HRW et le Boroumand Center collectent témoignages, vidéos, noms de victimes et analyses, mais ont besoin que ces contenus soient repris dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans l’espace public occidental. Chacun peut contribuer en relayant des sources fiables, en écrivant tribunes et lettres ouvertes, en organisant des conférences, projections, débats publics, et en invitant des militants et experts iraniens à témoigner dans les médias, les universités, les syndicats ou les associations.
Sur le plan financier et logistique, aider les manifestants suppose de renforcer les organisations qui, sur le terrain ou depuis la diaspora, soutiennent les familles de victimes, les prisonniers politiques, les grévistes et les réseaux d’auto‑organisation. Il est possible de donner de manière régulière ou ponctuelle à des structures éprouvées : CHRI, Iran Human Rights, United for Iran, Boroumand Center, campagnes spécifiques d’Amnesty ou HRW.
Pour ceux qui le peuvent, de contribuer à des fonds d’urgence dédiés au paiement d’avocats, de soins médicaux, de frais de communication et de refuges internes.
Enfin, il est stratégique de renforcer la capacité de l’opposition iranienne à proposer une alternative crédible pour l’après‑régime.
Des centres comme CHRI ou Iran Human Rights soulignent que la chute du système sera d’autant plus réaliste que des réseaux politiques, civils et intellectuels auront été consolidés en amont, dans la diaspora et à l’intérieur du pays. Cela passe par le soutien à des forums de réflexion, des rencontres entre opposants, des projets communs entre monarchistes, républicains et forces de la société civile, et par la création de liens structurés entre ces acteurs iraniens et les décideurs occidentaux afin que, le moment venu, l’Occident sache vers qui se tourner pour accompagner une transition au service du peuple iranien.
En combinant aide technologique, pression politique, amplification médiatique, soutien financier et renforcement de l’opposition, il est possible de contribuer, depuis l’extérieur, à affaiblir la capacité de nuisance du régime et à augmenter les chances de succès d’un soulèvement visant à renverser les ayatollahs.
NDLR : Nous aurions ajouté : « Avec l’aide de D' », tout en invitant le public à prier pour que ce régime horrible s’effondre !



























