Silence total : l’ordre terrifiant reçu par les grands responsables des médias en Iran

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Iran International révèle que les dirigeants des médias en Iran – propriétaires de journaux et de sites d’information – ont reçu une instruction explicite de la part du régime iranien : ne pas publier le nombre de morts lors des manifestations et ne pas mener d’entretiens avec les protestataires ni avec leurs proches.

Ma’ariv

Selon un rapport diffusé cette nuit (entre jeudi et vendredi) par Iran International, le Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique d’Iran a ordonné aux directeurs des journaux et des médias en ligne de s’abstenir de publier toute information indépendante sur le nombre de victimes des manifestations de masse dans le pays, et de ne se référer qu’aux statistiques publiées par les institutions gouvernementales.

D’après le rapport, cette directive a été transmise aux responsables des médias locaux lors d’une réunion officielle. Il a également été souligné qu’aucune interview ni discussion ne devait avoir lieu avec les familles des victimes des protestations. Selon des sources bien informées, cette décision a été prise afin d’empêcher la révélation de l’ampleur réelle du massacre des manifestants en Iran, qui aurait eu lieu, selon ces sources, sur ordre direct d’Ali Khamenei.

Il est également rapporté que, lors de cette même réunion, plusieurs hauts responsables des médias ont exprimé des doutes quant aux chiffres publiés par le régime iranien, affirmant qu’il existe un écart immense entre les données statistiques officielles du gouvernement et les informations disponibles à l’intérieur du pays.

Toujours selon Iran International, le Conseil de sécurité nationale iranien a publié pour la première fois mercredi des statistiques concernant le nombre de décès survenus les 8 et 9 janvier. Dans ce communiqué, il a été affirmé que le nombre de manifestants tués s’élèverait à seulement 690. Le régime a alors soutenu que le nombre total de morts sur ces deux jours atteignait 3 117, mais que 2 427 d’entre eux auraient été des membres des forces de sécurité iraniennes tués par des manifestants. La « Fondation des martyrs de la République islamique » a relayé des chiffres similaires et a repris l’affirmation selon laquelle la majorité des morts seraient des membres des forces de sécurité tués par des protestataires.

Les chiffres publiés par le régime diffèrent radicalement de ceux diffusés par Iran International et par les médias internationaux. Hier encore, Mai Sato, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Iran, a indiqué que le nombre de civils tués est estimé à 5 000 ou plus. Elle a ajouté que des informations provenant de médecins à l’intérieur du pays suggèrent que le chiffre réel pourrait atteindre au moins 20 000.

La rédaction d’Iran International a précédemment déclaré que le nombre de manifestants tués par les forces du régime s’élève à au moins 12 000. Des médias tels que le Sunday Times l’estiment entre 16 000 et 18 000, tandis que CBS l’évalue jusqu’à 20 000.

Iran International précise que ces données reposent sur des informations obtenues auprès d’une source proche du Conseil suprême de sécurité nationale, de deux sources au sein du bureau présidentiel, de sources dans les Gardiens de la Révolution dans différentes villes, de témoignages des familles des victimes, de rapports de terrain et de données issues de centres médicaux, vérifiées en plusieurs étapes.

Il est enfin souligné que le massacre des 8 et 9 janvier est sans précédent dans l’histoire contemporaine de l’Iran par son ampleur géographique, l’intensité de la violence et le nombre de victimes.

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