Soudan: le dictateur Omar el-Béchir évoque une normalisation des relations avec Israël

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Le président soudanais Omar el-Béchir a déclaré jeudi qu’il lui avait été recommandé de normaliser les relations de son pays avec Israël, afin de contrer les troubles intérieurs qui menacent son régime ces dernières semaines.

Omar el-Béchir s’exprimait lors d’une réunion avec les dirigeants soufis à Khartoum, au cours de laquelle il a évoqué les violentes manifestations qui sévissent dans le pays depuis deux semaines dans son pays et qui ont entraîné la mort d’au moins dix-neuf manifestants, selon l’agence turque Andalou.

Le dirigeant soudanais, qui est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénal internationale pour le génocide perpétré au Darfour, n’a pas révélé qui lui avait conseillé la normalisation des relations avec Israël pour réprimer l’opposition.

Les relations entre Israël et le Soudan ont fait l’objet de nombreuses supputations ces derniers mois, alors que les médias israéliens ont soutenu que Benyamin Netanyahou cherchait à normaliser ses liens avec le Soudan dans le cadre de ses efforts pour renforcer les relations d’Israël avec les pays arabes.

En novembre, une réunion secrète a eu lieu entre des responsables israéliens et soudanais, avec pour objectif présumé de développer des relations entre les deux pays.

Les vues israéliennes et les spéculations sur ce projet ont été tempérées le mois dernier lorsque le ministre soudanais des Affaires étrangères, Eldirdiri Mohamed Ahmed, a déclaré au Parlement que son pays n’avait pas l’intention de normaliser ses relations avec l’Etat hébreu, un jour après que Netanyahou se soit félicité du rapprochement opéré entre son administration et les pays arabes.

Le Soudan a par ailleurs accusé récemment les services de renseignements israéliens d’avoir organisé les sanglantes manifestations meurtrières contre la hausse du prix du pain.

Déclenchées par la hausse du prix du pain, passé mi-décembre d’une livre soudanaise (1 centime d’euro) à trois, les protestations se sont transformées en manifestations contre le gouvernement.

Durant les premiers jours de la contestation, des bâtiments et des bureaux du parti du Congrès national, au pouvoir, ont été incendiés par les manifestants.

Au moins 19 personnes, dont deux membres des forces de sécurité, ont été tuées, selon un bilan officiel. L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a fait état de 37 morts.

Poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour génocide dans la province du Darfour (ouest), M. Béchir, 75 ans, a pris le pouvoir lors d’un coup d’Etat soutenu par les islamistes en 1989, poussant à l’exil le Premier ministre démocratiquement élu, Sadek al-Mahdi.

Depuis, il dirige le pays d’une main de fer grâce au puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS).

Outre son rôle prépondérant, avec la police, dans la répression des manifestations, le NISS arrête régulièrement des leaders de l’opposition ainsi que des militants et des journalistes critiques du régime.

Source www.i24news.tv

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