Starlink au cœur d’une opération secrète américaine

0
18

Après la répression violente des manifestations en Iran au mois de janvier, une opération discrète aurait été menée par l’administration de Donald Trump. Selon des responsables américains, près de 6 000 terminaux d’accès à Internet par satellite Starlink auraient été introduits clandestinement dans le pays afin de contourner les coupures massives du réseau imposées par Téhéran.

Ces équipements, produits par l’entreprise spatiale d’Elon Musk, permettent une connexion indépendante des infrastructures locales. Leur déploiement constituerait une première : jamais auparavant Washington n’avait directement organisé l’acheminement de terminaux Starlink en Iran. Le Département d’État aurait acquis près de 7 000 kits dans les mois précédents, redéployant une partie des fonds initialement destinés à d’autres programmes de soutien à la liberté numérique.

Les troubles de janvier, marqués par une répression sévère et des milliers de morts parmi les manifestants selon plusieurs estimations, ont conduit les autorités iraniennes à restreindre drastiquement l’accès à Internet. Dans ce contexte, les réseaux privés virtuels (VPN), souvent utilisés pour contourner la censure, se sont révélés inefficaces en cas de coupure totale. D’où l’option satellitaire, considérée par certains responsables américains comme plus résiliente.

Téhéran accuse régulièrement Washington d’encourager les mouvements de contestation dans ce pays de 90 millions d’habitants, sans avoir fourni de preuves directes. Officiellement, les États-Unis ont nié toute implication dans l’organisation du soulèvement. Toutefois, la mise à disposition de terminaux Starlink suggère un soutien plus actif aux militants cherchant à échapper à la surveillance numérique du régime.

La possession d’un terminal Starlink est illégale en Iran et passible de lourdes peines de prison. Les autorités mèneraient des inspections de domiciles et de toits pour identifier ces dispositifs. Malgré les risques, des analystes estiment que des dizaines de milliers d’Iraniens utiliseraient déjà des connexions satellitaires pour accéder à des médias étrangers et diffuser des informations hors du contrôle gouvernemental.

Parallèlement, la Maison-Blanche a confirmé qu’une discussion avait eu lieu entre Trump et Elon Musk concernant l’accès des Iraniens au réseau satellitaire pendant les manifestations. Des débats internes auraient émergé au sein de l’administration sur l’opportunité de rediriger des budgets vers l’acquisition de ces terminaux, au détriment d’autres programmes numériques.

Cette opération intervient alors que Washington et Téhéran poursuivent des négociations délicates sur le programme nucléaire iranien. Les États-Unis cherchent à empêcher l’Iran d’accéder à l’arme atomique, tandis que Téhéran affirme que son enrichissement d’uranium répond à des besoins civils. En cas d’échec diplomatique, l’option militaire demeure officiellement sur la table, illustrée par le déploiement d’un porte-avions et d’unités navales américaines dans la région.

L’introduction clandestine de Starlink s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large mêlant pression, soutien indirect à l’opposition et poursuite de discussions stratégiques. Elle souligne aussi l’importance croissante des technologies satellitaires dans les dynamiques politiques contemporaines, où l’accès à l’information devient un enjeu central de souveraineté et d’influence.

Jérémie de Jforum.fr

Aucun commentaire

Laisser un commentaire