Professeur Michael Ayache
Cette nuit tendue face à l’Iran ressemble moins à un simple épisode de nervosité régionale qu’à une démonstration de génie stratégique signé Donald Trump. Dans les dernières heures, l’Iran bruisse de rumeurs : mouvements d’avions, déplacements de troupes, agitation fébrile des Gardiens de la Révolution. Tout se passe comme si une frappe américaine était imminente… alors qu’il s’agit très probablement d’une mise en scène calculée pour observer, en temps réel, la manière dont le régime se prépare à la guerre.
Trump ne se contente pas de menacer, il teste. En simulant l’imminence d’une attaque, il force les Gardiens de la Révolution à dévoiler leur dispositif : quelles bases sont activées, quels radars s’allument, quelles unités se déplacent, quelles infrastructures sont jugées vitales. Autrement dit, il obtient gratuitement une radiographie complète du système de défense iranien, sans tirer un seul missile. Le jour où Washington décidera de frapper réellement, tout ce travail de cartographie aura déjà été fait.
Ce n’est pas la première fois qu’il procède ainsi. Lors de la guerre des 12 jours, il avait annoncé qu’il se donnait un délai de deux semaines, créant une tension maximale qui a obligé l’ennemi à se dévoiler bien avant l’action, tout en laissant à ses alliés le temps de se préparer. Cette manière de jouer avec le facteur temps, de placer l’adversaire dans un état d’alerte prolongée, épuise ses nerfs, vide ses ressources et, surtout, expose ses faiblesses.
Dans ce contexte, il est essentiel qu’en Israël on reste en alerte, comme cela a été le cas cette nuit. Non pas par panique, mais par lucidité : ce qui se joue en coulisses, ce sont des réglages fins de stratégie qui concernent directement notre sécurité. Trump observe, jauge, enregistre. Les mollahs, eux, croient se préparer à une attaque ; ils sont peut‑être déjà en train d’offrir à l’Amérique – et au camp occidental – la carte détaillée de leur propre vulnérabilité.



























