Le journaliste turc Yılmaz Özdil affirme que la supériorité d’Israël depuis le 7 octobre découle du renseignement, de la technologie et d’un système éducatif de pointe. Selon lui, le monde musulman échoue à cause d’une pensée religieuse déconnectée de l’intérêt national.
Maariv Online
Dans une analyse froide et calculée de la situation au Moyen-Orient sur la chaîne turque SÖZCÜ Televizyonu (proche de l’opposition laïque), Yılmaz Özdil, l’un des journalistes les plus influents de Turquie, commence par reconnaître la supériorité stratégique d’Israël depuis le 7 octobre : « Aujourd’hui, il est clair que depuis l’attaque du Hamas jusqu’à présent, toutes les opérations militaires montrent qu’ils ont agi avec une planification militaire extrêmement solide ! »
Il explique à ses téléspectateurs que cette supériorité ne vient pas seulement des avions, mais d’un renseignement précis et d’une infiltration profonde des rangs ennemis en Iran et au Liban : « Les États-Unis et Israël ont évidemment un avantage technologique immense en Iran. Mais pour accomplir cela, il faut du renseignement humain. Israël et les États-Unis font cela depuis des années : ils implantent des agents dans le pays cible et obtiennent d’eux les informations. »
L’impuissance du monde musulman
Özdil décrit le sort des chefs terroristes : « Ils dénoncent votre chef religieux, découvrent sa position et le tuent, puis prennent sa photo et l’envoient à Netanyahu. »
L’un des points centraux de son intervention est de comprendre l’impuissance du monde musulman. Özdil cite une interrogation courante : « Dans nos médias, on dit : « Il y a 2 milliards de musulmans dans le monde, comment se fait-il qu’ils ne parviennent pas à faire face au peuple d’Israël qui ne compte que 9 millions d’habitants ? » »
Sa réponse est tranchante : « Ils se posent la question parce que l’atmosphère des sectes et l’ignorance totale produisent ce genre de raisonnement. Chez ceux qui posent cette question, il n’y a pas la moindre once de conscience nationale, et nous devrions en tirer une leçon. »
Il critique la vision superficielle de l’unité religieuse : « Ils supposent que tous les pays arabes ou tous les musulmans du monde partagent la même opinion. Ils pensent que de l’Égypte à l’Arabie saoudite, du Qatar à Bahreïn, tout est identique, que tout le monde est « arabe ». » Pour prouver que le monde agit selon des intérêts et non par religion, il donne un exemple : « La Grèce, par exemple, est-elle juive ? Pourquoi soutient-elle Israël ? Au lieu de regarder la vie par la fenêtre d’Ankara (l’intérêt national), ils regardent la vie par la fenêtre des confréries religieuses (Tarikat). C’est ce qui rend la Turquie et les médias turcs si misérables. »
La puissance technologique comme arme
S’adressant aux détracteurs d’Israël, il assène une vérité technologique : « Ils éliminent tout le monde par des frappes ciblées. Comment les États-Unis et Israël font-ils ce travail ? Avec la technologie. À ceux qui insultent Israël… écoutez bien : le secteur le plus développé en Israël est celui de la technologie. En Israël, exactement comme en Californie, il y a même une « Silicon Valley » qui porte le même nom. »
Özdil dresse une liste impressionnante de la puissance économique israélienne : « Rien qu’avec des capitaux israéliens, il existe 82 entreprises technologiques valant chacune plus d’un milliard de dollars. Israël est le pays qui compte le plus d’entreprises technologiques au monde après les États-Unis. Dans le logiciel mondial et la cybersécurité, Israël est l’un des trois pays les plus importants au monde. »
Il poursuit en détaillant la présence internationale : « Motorola, IBM, Microsoft, Philips, Siemens, Google, Amazon… tous ont des centres de R&D en Israël. Des géants technologiques de Chine, d’Inde, des Pays-Bas, du Canada ou de Singapour y sont installés. »
La science contre les talismans
Enfin, vient la comparaison douloureuse : « Et vous regardez les nôtres (les Turcs), ils sont encore en train de verser du Coca-Cola dans les rues [en signe de protestation]. Comment Israël a-t-il fait cela ? Par la science, l’éducation, les universités. »
Il attaque violemment le système éducatif turc actuel : « Le ministre de l’Éducation de ce pays dit que nous allons coopérer avec les confréries religieuses. Avec cet état d’esprit, tout ce que vous pourrez faire, c’est renverser du café Starbucks dans les rues. Si vous mettez une réplique de tombe au milieu d’une classe d’école primaire, si une guerre éclate, D’ nous en préserve, tout ce qu’il vous restera à faire, c’est d’écrire des talismans. »




























