Un baril de poudre sous stéroïdes : qui est contre qui dans le nouveau Moyen-Orient ?

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Le Daily Mail a tenté de cartographier les camps de la région : alors que certains pays se rapprochent de Téhéran, d’autres s’y opposent fermement, et beaucoup tentent de rester neutres. Au cœur de la tempête, entre pétrole, gaz et rivalités ancestrales, le Moyen-Orient se redessine comme une mosaïque explosive où l’attitude envers Israël pourrait déterminer qui survivra aux flammes.

Kol réga’ – Yanki Farber 

Les racines de la fracture : Sunnites vs Chiites

Les divisions qui déchirent le Moyen-Orient aujourd’hui ne sont pas nouvelles ; elles remontent aux débuts de l’Islam, il y a 1 400 ans. Mais aujourd’hui, elles sont exacerbées par le pétrole, le nationalisme et les positions envers Israël.

Au centre du conflit se trouve l’hostilité entre les deux branches de l’Islam :

  • Les Chiites : Majoritaires en Iran, Irak et Azerbaïdjan. Ils voient leurs dirigeants (Ayatollahs) comme infaillibles.

  • Les Sunnites : Majoritaires dans la majeure partie du monde arabe et au Pakistan. Ils n’ont pas de hiérarchie religieuse centrale.

L’enjeu : la survie et l’économie

Le régime iranien actuel lutte pour sa survie. Sa stratégie semble être celle de la destruction économique. Les pays du Golfe (Arabie Saoudite, EAU, Qatar, etc.) dépendent de l’exportation d’énergie et du tourisme. En attaquant les raffineries et en menaçant de fermer le détroit d’Ormuz, Téhéran cherche à briser ces modèles économiques, ce qui provoquerait une explosion des prix du carburant en Europe et au Royaume-Uni.

Cartographie : Qui déteste qui au Moyen-Orient ?

1. Le camp Pro-Iran

  • Turquie : Bien que sunnite, elle a besoin du gaz iranien. Erdogan s’oppose farouchement à Israël et a condamné l’élimination de Khamenei. La Turquie possède la deuxième plus grande armée de l’OTAN.

  • Liban : Dominé par le Hezbollah, l’armée par intérim de l’Iran. Cependant, des voix internes s’élèvent de plus en plus contre l’organisation.

  • Irak : Majorité chiite (60 %) et dépendante de l’électricité iranienne. Le pays reste sous forte influence de Téhéran malgré les pressions américaines.

  • Yémen (Houthis) : Contrôlent le nord et menacent les routes maritimes mondiales. Malgré les accords passés, la menace de leurs drones reste entière.

2. Les Neutres

  • Égypte : Dépendante des revenus du canal de Suez et des subventions du Golfe. Si le Golfe est touché, l’Égypte risque une crise alimentaire et sociale majeure.

  • Oman : Tente de jouer les médiateurs entre l’Iran et les États-Unis. Très vulnérable en raison de sa proximité avec le détroit d’Ormuz.

  • Pakistan : Allié sunnite des Saoudiens, mais abritant une importante minorité chiite, il tente de maintenir des relations diplomatiques avec Téhéran.

3. Le camp Anti-Iran

  • Syrie : Changement radical de 180 degrés depuis la chute de Bachar el-Assad en 2024. Le nouveau régime sunnite est hostile à l’Iran et cherche à se rapprocher de Washington pour lever les sanctions.

  • Arabie Saoudite : Le prince héritier Mohammed ben Salmane a exhorté Trump à frapper l’Iran, considérant le régime comme une menace existentielle.

  • Émirats arabes unis : Leurs centres touristiques (Dubaï, Abou Dabi) sont les cibles des missiles iraniens. Téhéran vise également leurs usines de dessalement d’eau.

  • Jordanie : Pays sunnite en paix avec Israël depuis 1994. Se trouve physiquement sur la trajectoire des missiles iraniens, ce qui paralyse son tourisme.

  • Azerbaïdjan : Allié stratégique d’Israël (achat d’armes, partage de renseignements). L’Iran craint que Bakou ne pousse la minorité azérie d’Iran à la révolte.

  • Koweït : Accueille des bases américaines pour frapper l’Iran. Téhéran ne lui a jamais pardonné son soutien à Saddam Hussein dans les années 80.

  • Bahreïn : Monarchie sunnite réprimant des manifestations pro-iraniennes au sein d’une population majoritairement chiite.

  • Afghanistan (Talibans) : Les Talibans sunnites voient l’Iran comme une menace, notamment à cause des relations entre Téhéran et le Pakistan.

  • Qatar : Situation complexe. Longtemps proche de l’Iran pour partager des champs de gaz, le Qatar est désormais bombardé par Téhéran car il abrite le siège du CENTCOM américain.

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