Meir Ben-Shabbat, ancien chef du Conseil de Sécurité Nationale et l’un des architectes des Accords d’Abraham, explique pourquoi l’élimination de Larijani n’est pas qu’un acte symbolique — et quel message cela envoie aux manifestants en Iran.
JDN
L’élimination d’Ali Larijani poursuit le processus de démantèlement de la chaîne de commandement iranienne et place le régime à un point de rupture sans précédent. C’est ce qu’écrit aujourd’hui Meir Ben-Shabbat, actuel président de l’Institut Misgav et ancien conseiller à la sécurité nationale (2017-2021).
Larijani, souligne Ben-Shabbat, n’occupait pas une fonction purement technique. Son titre officiel de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale ne reflétait pas son poids réel : depuis le début de la campagne, il était perçu comme le chef du conseil de direction intérimaire, dictant les réponses de l’Iran tant sur le plan militaire que diplomatique. Contrairement à d’autres dirigeants qui ont adopté un profil bas face aux menaces, Larijani avait choisi d’apparaître fréquemment dans les rues de Téhéran — une stratégie délibérée visant à projeter une image de stabilité et de contrôle auprès du public iranien.
Un ancrage familial et idéologique profond
Ben-Shabbat note que les racines de Larijani étaient profondément ancrées dans l’histoire de la révolution islamique : il était le gendre de l’ayatollah Mortaza Motahhari, figure clé de la révolution, et servait de conseiller proche et de confident au Guide suprême Ali Khamenei.
Message aux manifestants : « Une opportunité réelle »
Selon cette analyse, les conséquences de cette élimination dépasseront le cadre immédiat : la disparition de Larijani va paralyser les processus de prise de décision stratégique, contraindre les hauts responsables du régime à une clandestinité encore plus stricte et affaiblir leur cohésion interne.
Son élimination, couplée aux frappes sévères contre les commandants du Basij, envoie selon Ben-Shabbat un message clair aux opposants au régime et aux manifestants : « L’opportunité de provoquer un changement est réelle, elle est peut-être même à portée de main. »
Meir Ben-Shabbat, né en 1966, est l’ex-conseiller à la Sécurité nationale d’Israël. Originaire de Dimona (ville située dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël) et douzième d’une fratrie de 14 enfants de parents immigrés de Safi au Maroc, il a servi dans la Brigade Givati de l’IDF et a été distingué par la Médaille présidentielle d’excellence. Diplômé en science politique de l’Université Bar-Ilan, il est considéré comme l’un des architectes des fameux «Accords d’Abraham».



























