Une alliance secrète révélée en mer Rouge

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Des documents confidentiels divulgués à l’automne 2023 suggèrent que les Émirats arabes unis auraient mobilisé plusieurs de leurs bases militaires dans la région stratégique de la mer Rouge afin d’apporter un soutien direct à Israël, dans le contexte de la guerre déclenchée après les attaques du 7 octobre menées par le ‘Hamas. Ces révélations, issues d’un document officiel interne daté d’octobre 2023, ont provoqué une onde de choc dans plusieurs capitales régionales.

Adressé au commandement des opérations conjointes des forces armées émiraties, le document décrit une stratégie coordonnée visant à utiliser des installations militaires situées au sud de la mer Rouge. Les bases mentionnées se trouvent notamment au Yémen, en Érythrée et en Somalie, des zones clés pour le contrôle des routes maritimes reliant l’océan Indien à la Méditerranée. L’objectif affiché était d’apporter à Israël un appui logistique, militaire et en renseignement, présenté comme nécessaire dans la lutte contre les groupes qualifiés de terroristes.

Le ton du rapport tranche par sa clarté politique. Une note de synthèse évoque explicitement les attaques du 7 octobre comme des actions terroristes dirigées contre « l’État frère d’Israël ». Le texte souligne également le cadre diplomatique dans lequel s’inscrit cette coopération, rappelant l’intensification des relations bilatérales depuis la signature des accords d’Abraham en 2020, qui ont profondément modifié les équilibres stratégiques au Moyen-Orient.

Selon les éléments divulgués, les autorités militaires émiraties auraient ordonné une mobilisation rapide des capacités disponibles afin d’approvisionner leurs bases du sud de la mer Rouge. Des inspections sur site auraient été menées pour évaluer la capacité de ces installations à soutenir des opérations liées à Israël. Les bases d’al-Mokha au Yémen, d’Assab et de Massawa en Érythrée, ainsi que celles de Berbera et Bassa en Somalie, sont citées comme points d’appui essentiels.

Le document révèle également que les Émirats ont conduit, dans les jours suivant le 7 octobre, des enquêtes approfondies sur le rôle régional de certains États. Le soutien financier et logistique apporté par le Qatar au Hamas y est qualifié de « très substantiel », tandis que celui du Koweït est décrit comme suffisamment important pour compliquer les mouvements émiratis dans la zone méridionale de la mer Rouge. Cette situation aurait entraîné une hausse notable des coûts opérationnels et renforcé la probabilité d’une intervention directe.

Plusieurs réunions militaires de haut niveau sont détaillées. Le 19 octobre 2023, des responsables émiratis et yéménites se seraient accordés sur l’ouverture d’un canal de communication entre des forces locales et Israël, ainsi que sur la préparation d’armements légers et moyens en vue d’un transfert. Deux jours plus tard, lors d’une réunion sur la base d’Assab, la décision aurait été prise de consacrer l’ensemble des infrastructures de l’archipel de Dahlak à l’approvisionnement israélien, incluant aéroports, jetées et systèmes de communication.

Les documents mentionnent aussi des projets de transferts de matériels lourds, dont des chars et des munitions spécifiques, ainsi qu’une réorientation des capacités de renseignement émiraties au profit d’Israël. À cette fin, l’assistance d’une société américaine privée, Stratfor, aurait été sollicitée, un de ses représentants ayant assisté à certaines réunions.

L’ensemble de ces éléments dessine le tableau d’une implication régionale bien plus structurée qu’anticipé, illustrant la recomposition silencieuse des alliances autour de la mer Rouge, l’une des artères maritimes les plus sensibles au monde.

Jforum.fr

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