Une initiative gouvernementale confiée à Carrefour

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L’initiative gouvernementale baptisée « Panier d’Israël » vient de trouver son principal opérateur. L’enseigne française Carrefour, déjà présente sur le marché israélien, a remporté l’appel d’offres lancé par le ministère de l’Économie. Particularité notable : le groupe était le seul candidat, les principales chaînes locales ayant choisi de ne pas participer à la procédure.

Porté par le ministre de l’Économie Nir Barkat, le projet vise à proposer un ensemble de produits de consommation courante à des prix encadrés et identiques dans l’ensemble des points de vente participants. Le principe repose sur un panier standardisé de 100 articles considérés comme essentiels, couvrant aussi bien l’alimentation que les produits d’hygiène et d’entretien.

La composition de ce panier reflète les habitudes de consommation de la majorité des foyers israéliens. On y retrouve notamment des produits laitiers, du pain, du riz, des pâtes, du café, des céréales, de l’huile d’olive, du thon, des condiments, ainsi que des articles pour bébés, des produits d’hygiène personnelle et de nettoyage. Selon les estimations officielles, ce panier représenterait environ 12 % de la consommation annuelle des ménages en produits alimentaires et de base, pour un marché évalué à plus de six milliards de shekels par an.

Les conditions d’éligibilité imposées par l’appel d’offres étaient strictes. Les enseignes candidates devaient disposer d’au moins quarante magasins physiques répartis dans la majorité des régions du pays, garantir la disponibilité continue des produits concernés et appliquer les prix fixés sur l’ensemble de leurs canaux de vente, y compris en ligne. Carrefour a été jugé conforme à ces critères, contrairement à ses concurrents locaux qui ont préféré s’abstenir.

Cette absence a suscité des critiques de la part du ministre, qui estime que l’initiative exercera une pression indirecte sur l’ensemble du secteur. Selon lui, la présence d’un panier à prix encadrés chez Carrefour devrait inciter les autres chaînes à ajuster leurs tarifs afin de rester compétitives. Il a également évoqué des tentatives de dissuasion à l’encontre des détaillants participants, sans toutefois en préciser la nature.

Du côté des chaînes israéliennes, le scepticisme domine. Certaines enseignes ont expliqué que la concurrence devait s’exercer sur l’ensemble du panier d’achat et dans la durée, plutôt que sur une sélection limitée de produits. D’autres dénoncent une intervention jugée artificielle, estimant que la fixation ponctuelle des prix risque de réduire les promotions et de rigidifier le marché.

Le projet n’a pas non plus fait l’unanimité auprès des professionnels de santé. Médecins et nutritionnistes ont pointé la présence importante de snacks et de produits sucrés dans la sélection, ainsi que l’absence notable de fruits et légumes. Selon eux, cette composition irait à l’encontre des objectifs nationaux en matière de sécurité alimentaire et de prévention des maladies liées à la nutrition.

Malgré les controverses, le « Panier d’Israël » sera bel et bien disponible dans les supermarchés Carrefour du pays. Son déploiement constituera un test grandeur nature pour cette approche interventionniste du coût de la vie, observée de près par les consommateurs comme par l’ensemble du secteur de la distribution.

Jérémie de Jforum.fr

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