Après des mois de débats, de campagnes et de pressions, Dérhy et Gafni sont apparus souriants à la Knesset : le projet a été rouvert, et l’accord des ‘harédim à une loi incluant des objectifs de conscription et des sanctions devient un fait accompli.
Les partis ‘harédim envisagent un retour au gouvernement en trois étapes. État des lieux.
Kol réga’ – Photo : Flash 90
L’optimisme régnait cette semaine dans les partis ‘harédim à l’approche du début des discussions sur la loi de conscription. On a vu à la Knesset le président du Shas, Aryeh Dérhy, et le président de Deguel HaTora, le député Moché Gafni, souriants et détendus.
Dérhy — après avoir réussi à neutraliser la campagne lancée contre lui sur la question de la conscription et à entraîner Deguel HaTora pleinement dans le processus, de manière à ne pas apparaître seul comme “celui qui vend le monde de la Tora”.
Gafni — qui se permet déjà d’imaginer son retour à la tête de la commission des Finances, poste par lequel il gouverne pratiquement le pays depuis près de trois décennies.
Dérhy a affiché cette semaine une confiance totale. Quiconque insinuait que le pays était au bord d’élections anticipées recevait une réponse courte et ferme : il n’y aura pas d’élections. Selon lui, la loi sur la conscription est désormais en bonne voie, et la coalition peut aller jusqu’au bout de son mandat. Même des dossiers bloqués, comme le budget des coupons alimentaires, sont revenus sur la table.
Dans les partis ‘harédim, un plan de retour progressif à la coalition prend déjà forme en trois étapes :
Étape 1 : lever le boycott des votes en séance plénière — peut-être dès la semaine prochaine.
Étape 2 : retour aux postes parlementaires, notamment la présidence de commissions — peut-être dans les deux semaines à venir.
Étape 3 : à l’issue du vote de la loi, retour complet dans les ministères et au sein de la coalition.
Comment les ‘harédim ont réussi à adoucir la loi sur la conscription
Le projet de loi publié hier a tranché un débat interne qui durait depuis des mois. La question était : fallait-il accepter pour la première fois une loi fixant des objectifs de conscription et des sanctions ?
D’un côté, ceux qui affirmaient qu’il s’agissait du moindre mal — une démarche destinée à faire passer une loi et à stabiliser le statut du monde des Yechivoth pour les années à venir.
De l’autre, ceux qui mettaient en garde : accepter un seuil donné créerait un précédent dangereux, impossible à annuler par la suite.
Mais la réalité a prouvé le contraire : le plan Bismuth, révélé hier, représente un net recul par rapport au “plan pré-Iran”. Certes, les ‘harédim avaient accepté par le passé un certain niveau d’engagement, mais cela ne les a pas empêchés cette fois-ci de forcer un retour en arrière — et ce, en pleine période de fortes pressions publiques.
La leçon est claire : en politique israélienne, lorsque vous êtes forts et que l’on a besoin de vous, il n’existe pas de “vous avez déjà accepté”. Vous dites simplement : “J’ai accepté, et maintenant je me rétracte. Ça ne vous convient pas ? Faites face aux conséquences.”
Et c’est précisément ce qui s’est passé ici.
Avec la nomination de Boaz Bismuth comme président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, les ‘harédim ont exigé la réouverture du plan “Iran”. Le bureau de Netanyahu a tenté de s’y opposer : explications, tentatives de persuasion, efforts d’apaisement — en vain.
Dans le bras de fer entre le bureau du Premier ministre et le Shas / Deguel HaTora, c’est le bureau qui a perdu. Le plan a été rouvert, adouci et repoussé de plusieurs pas en arrière.
Et pourtant, il faut souligner une nouveauté historique : pour la première fois dans l’histoire du ‘harédisme, les mécanismes d’objectifs de conscription et de sanctions — considérés il y a encore peu comme de la science-fiction — restent inclus dans la loi avec l’accord des ‘harédim.



























